Déclaration de M. Jean-Jacques Aillagon, ministre de la culture et de la communication, sur le patrimoine immobilier du ministère de la culture à Paris et les projets de mise en oeuvre des différents bâtiments engagés pour 2002 2003, Paris le 29 octobre 2002.

Intervenant(s) :

Circonstance : Présentation de la stratégie immobilière du ministère à Paris le 29 octobre 2002

Prononcé le

Texte intégral

Le 4 juillet dernier, je vous confiais mon souhait de livrer l'ensemble de la stratégie immobilière et institutionnelle du ministère de la Culture et de la Communication à Paris à un examen approfondi.
Je souhaite tout d'abord vous préciser que c'est la première fois que l'on tente, ici dans ce ministère, d'avoir une vision globale des projets immobiliers à un instant T. Compte tenu du nombre considérable de chantiers conduits par l'Etat durant ces trente dernières années, du nombre de projets que j'ai trouvé dans les cartons, et du nombre de bâtiments qui appellent à court ou moyen terme d'importants travaux, j'ai voulu cette remise à plat.
Après 4 mois de travail et de consultation, je suis en mesure de vous indiquer les choix ou les positions de principe que j'ai arrêtés. J'ai maintenu toutes les continuités souhaitables, j'ai procédé à toutes les réorientations nécessaires.
1 - Ces choix concernent tout d'abord les projets engagés dont je confirme la mise en uvre, après en avoir infléchi, rectifié et amélioré les modalités.
A - Immeuble des Bons Enfants :
J'ai demandé à l'architecte Francis Soler de réduire "la voilure" de la résille qui doit venir envelopper la façade, en remontant son niveau de façon à préserver la lisibilité des éléments décoratifs du bâtiment de l'architecte Vaudoyer sur la rue Saint-Honoré. Les travaux sont engagés et se poursuivent à un rythme soutenu afin qu'au second semestre 2004, l'essentiel des services de l'administration centrale du ministère, aujourd'hui éclatés sur 17 sites, puissent être regroupés.
B - 51 rue de Bercy :
Ce projet sera désormais désigné sous le nom de Cinémathèque Française.
J'ai souhaité que ce projet qui prévoyait la création d'un groupement d'intérêt public associant la cinémathèque, la bibliothèque du film et le service des archives du film, ne gomme pas l'identité historique de la Cinémathèque Française.
J'ai cependant demandé au Président de la Cinémathèque et à son conseil d'administration que ce choix soit l'occasion d'une clarification des relations entre l'Etat et la Cinémathèque. Un projet de convention en ce sens est en cours d'élaboration.
J'ai demandé par ailleurs à Serge Toubiana de conduire une mission d'expertise sur la politique patrimoniale française en matière cinématographique. Ses conclusions me seront rendues à la fin de cette année.
Sur la base des conclusions de cette mission et des propositions qui me seront faites par David Kessler, Directeur général du Centre national de la Cinématographie, je serai attentif à ce que le Service des Archives du Film et la Bibliothèque du Film trouvent une place équitable dans l'ensemble du dispositif.
Compte tenu des ces infléchissements, sous réserve de la contractualisation avec la Cinémathèque, je donne mon accord à l'engagement des travaux au 51 rue de Bercy. Ils débuteront au début de l'année 2003, intégrant les adaptations éventuelles orientations proposées à l'issue de la mission de Serge Toubiana. La nouvelle Cinémathèque Française ouvrira ainsi ses portes à la fin de l'année 2004.
C - Le projet de l'Institut national de l'histoire de l'art :
Comme vous le savez, le Ministère de la Culture et de la Communication pilote ce projet en partenariat avec le Ministère chargé de la recherche. Les nouvelles propositions que je vais vous présenter ont bien entendu reçu l'accord du cabinet de Madame Claudie Haigneré.
Le projet tel que j'en ai pris connaissance ne ménageait pas une prise en compte suffisante des besoins de la BNF et ne traitait pas de la situation indigne des départements spécialisés de cette institution (arts du spectacle, cartes et plans, estampes et photographies, manuscrits occidentaux et manuscrits orientaux, monnaies et médailles).
L'institut et la BNF étaient enlisés dans une problématique douloureuse de partage du quadrilatère Richelieu. La question de l'installation des écoles, école des chartes, école nationale du patrimoine, n'avait pas non plus donné lieu à des arbitrages satisfaisants aux yeux des différents utilisateurs.
Les choix que j'ai arrêtés concernent :
- la réhabilitation de l'ensemble du bâtiment et des équipements du site Richelieu afin de mieux assurer la sécurité des personnes et des biens, particulièrement des collections patrimoniales.
- la recherche de solutions pragmatiques et raisonnables pour résorber le déficit de surface et les dépassements financiers.
- le libre accès de la bibliothèque de recherche de l'INHA, qui sera calibré à 265.000 volumes. La bibliothèque s'implantera soit dans la salle Labrouste soit dans la salle Ovale.
- l'ouverture par la BNF d'une salle de lecture commune à tous les départements spécialisés présents sur le site, dans la salle non affectée à l'INHA. Accessible à un large public, cette bibliothèque offrira une documentation imprimée générale ainsi que l'accès à des collections numérisées ou des reproductions provenant des départements.
Sur Richelieu, il convient à présent de cesser d'opposer les projets BNF et INHA. C'est bien le bon déploiement des deux établissements et la complémentarité de leurs offres qui permettra la constitution d'un pôle original d'art et d'histoire de l'art. Je serai bien entendu attentif à ce que les bibliothèques créées prennent en compte les dernières technologies, et notamment la possibilité de numériser les collections. L'ensemble de cette opération sera réalisé à l'horizon 2006-2007.
D - La Cité de l'Architecture et du Patrimoine :
J'ai pris en compte la nécessité :
- de rendre au musée des monuments français une installation digne et d'en inscrire l'activité dans un contexte stimulant;
- de donner à l'institution nationale de la culture architecturale qu'est l'institut français d'architecture les moyens immobiliers et techniques de son fonctionnement, étant entendu que son installation rue de Tournon est arrivée au terme du possible; - d'inscrire l'activité de l'école de Chaillot, qui forme des architectes spécialisés dans le domaine du patrimoine, dans un cadre culturel et institutionnel adapté.
Ayant examiné attentivement le projet de la Cité de l'architecture et du patrimoine, j'ai décidé d'en engager la mise en uvre en choisissant :
- de confier la totalité de l'aile Paris du Palais de Chaillot au projet ; la cinémathèque française étant appelé à concentrer l'ensemble de son activité à Bercy;
- de demander à Wanda Diebolt, Directrice de l'Architecture et du Patrimoine, d'élaborer un cadre institutionnel qui assure l'activité culturelle de l'ensemble tout en garantissant à chacune de ces composantes, sa vocation patrimoniale, d'enseignement et culturelle selon le cas.
Je souligne combien j'ai apprécié la qualité du projet architectural élaboré par Jean-François Bodin.
J'ai donné mon feu vert à l'engagement des travaux qui débuteront au premier trimestre 2003, pour une ouverture de la cité au début de l'année 2005.
J'ajoute que, dans les prochains mois, l'IFA quittera ses locaux vétustes de la rue de Tournon pour aller provisoirement s'installer sur le site du MAAO, avec les services du musée des monuments français et de l'école de Chaillot, regroupant dès à présent l'ensemble des entités qui formeront la Cité de l'Architecture et du Patrimoine.
E - Le Grand Palais :
Alors que les travaux de soutènement et de restauration du bâtiment vont bon train, j'ai demandé à Serge Louveau de promouvoir avec les parties concernées un projet de redistribution des activités culturelles dans le bâtiment de façon à ce que le Palais d'Antin devienne le pivot des activités du Grand Palais. Le Palais de la Découverte sera positionné au sud de la rotonde et les galeries nationales se déploieront au Nord. La rotonde d'Antin deviendra l'espace d'accueil général de l'équipement, marquant ainsi l'attachement conjoint du ministère de la culture et de la communication à la culture artistique et à la culture scientifique.
Pour les autres espaces, et en particulier la nef, je souhaite que les grandes manifestations artistiques ou commerciales qui se tenaient là depuis la construction du bâtiment et jusqu'à sa fermeture en 1993, puissent retrouver leur place dans cet espace unique et prestigieux du cur de Paris.
J'ai décidé de confier à un ou plusieurs opérateurs professionnels la charge de concevoir, d'aménager, de financer et de gérer ces espaces. Un appel public à candidatures pour la prise en charge des travaux d'équipement du Grand Palais et ultérieurement de son exploitation sera publié dans les jours qui viennent, en vue de la sélection du ou des opérateur(s) dans le courant de l'année 2003 à l'issue d'un appel d'offres européen.
Le renouveau du Grand Palais sera ainsi réalisé d'ici 2007.
2 - Ies choix que je vous présente maintenant concernent des projets envisagés dont le financement n'avait pas été stabilisé.
J'ai tout d'abord veillé à ce que le budget 2003 prévoit les crédits nécessaires à la mise en uvre du relogement de deux écoles d'architectures parisiennes :
- celle de Paris-Belleville qui s'installera pour la rentrée 2005 dans les locaux de l'ancien lycée Diderot dans le 19ème arrondissement, à l'issue des travaux de restauration conduits par l'architecte Jean-Paul Philippon,
- celle de Paris-Val de Seine qui déménagera pour la rentrée 2005 sur le site de l'ancienne usine d'air comprimé de la SUDAC dans le 13ème arrondissement. Les travaux seront réalisés par l'architecte Frédéric Borel.
De façon générale, je me fixe l'ambition de remettre à niveau l'ensemble des écoles supérieures qui relèvent de mon ministère.
Mon premier objectif est de traiter la situation du centre national supérieur d'art dramatique, dans une situation de vétusté et de pénurie d'espaces dramatique. Je demande à Sylvie Hubac, Directrice de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles, de mettre les réflexions et études préalables en chantier.
3 - Mes choix concernent également les mesures d'urgence que j'ai prises pour mettre à l'abri d'une possible crue centennale de la Seine les réserves d'un certain nombre de musées particulièrement vulnérables.
Le souvenir d'une crue de la Seine, d'une ampleur comparable à celle de 1910 qui avait inondé le centre de Paris s'est progressivement effacé de nos mémoires collectives mais nous ne pouvons plus ignorer la réalité de ce risque pour cet hiver, ou les hivers prochains.
J'ai donc pris toutes les mesures nécessaires en conséquence et débloqué une somme de 3,1 Millions d'euros, pour que les réserves du musée du Louvre, du musée d'Orsay, de l'Union centrale des arts décoratifs et de l'école nationale supérieure des beaux-arts puissent être transférées dès cet hiver. Ce déménagement de grande ampleur vers un site non inondable, qui sera déterminé à l'issue de l'appel d'offres qui vient d'être lancé, s'engagera au début du mois de décembre.
Je sais que l'établissement public du Musée du Quai Branly a déjà pris dans son projet toutes les mesures nécessaires pour que le futur musée soit protégé d'une possible crue de la Seine.
J'ai de même demandé à l'EMOC d'examiner les dispositions éventuelles devant être prises pour protéger les nouveaux projets, notamment le 51, rue de Bercy ou le Grand Palais, situés à proximité de la Seine.
4 - Mes choix concernent enfin trois dossiers qui appellent une plus ample concertation de façon à ce que les décisions les plus pertinentes soit définitivement arrêtées.
A - La création d'une salle symphonique à Paris.
La volonté de doter la Capitale d'un nouvel auditorium est ancienne. L'Etat ne possède aucune grande salle de concert symphonique à Paris, alors qu'il dispose de très bons orchestres : l'orchestre de Paris, l'orchestre national de France, l'orchestre national d'Ile de France, l'orchestre philharmonique de Radio France, l'orchestre de l'opéra de Paris, que complètent des orchestres associatifs qui font un excellent travail de diffusion.
Paris dispose pourtant de lieux qui ont pu ou qui auraient pu trouver une vocation symphonique. Je pense en particulier à la salle Pleyel qui est à l'évidence une salle prestigieuse et emblématique, mais l'Etat, pour des raisons incompréhensibles, après en avoir annoncé l'achat, a finalement renoncé à l'acquérir en 1998.
Cette situation a conduit, du fait des travaux que les nouveaux propriétaires entendent engager, à chercher un lieu d'accueil et de diffusion pour l'orchestre de Paris, et le théâtre Mogador a été transformé en ce sens, à grands frais. L'orchestre de Paris bénéficie donc aujourd'hui d'une résidence satsifaisante jusqu'en 2005, en attendant une solution définitive qui puisse convenir à ce grand orchestre.
Il reste que le besoin d'une nouvelle salle de concert à Paris, ayant la vocation de renouveler l'accès des publics à la musique comme d'accueillir, dans de bonnes conditions acoustiques et professionnelles, les concerts de grandes formations, demeure.
A cet égard la construction d'une grande salle à la Villette, au sein de la Cité de la musique, pourrait être le complément logique d'une démarche entamée il y a plus de dix ans, afin de regrouper dans un même lieu plusieurs fonctions musicales.
Il est clair, cependant, que cette grande salle ne sortira de terre que si la Ville de Paris et la Région Ile de France participent, avec l'Etat, à son financement et à son fonctionnement. J'ai écrit au Maire et au Président de la Région, sur ce point, le 11 juillet dernier. Le Président de la Région ne m'a pas pour l'instant répondu. Le Maire de Paris m'a indiqué que la municipalité ne participerait que de façon symbolique au financement des études.
Je compte rencontrer Jean-Paul Huchon et Marie-Pierre de la Gontrie, Président et Vice-Présidente du Conseil Régional, pour faire le point sur l'état du dossier entre l'Etat et la Région. Je verrai le Maire au retour de sa convalescence.
A l'issue de ces entretiens, j'examinerai toutes les solutions possibles et je choisirai la meilleure.
B - La Cité des Archives.
Les estimations financières du projet de Cité des archives, que j'ai trouvées à mon arrivée, sont, hors coût du foncier, de l'ordre de 175 M, soit près de 1,15 milliard de francs.
J'ai eu la surprise de constater que cette enveloppe ne prévoyait pas cependant la restauration du Centre Historique des Archives, installé dans le Marais.
Il me semble qu'une équation plus raisonnable, demandant la moitié de cet investissement, peut et doit être trouvée. Elle consiste à :
- dégager les moyens pour réhabiliter le centre historique,
- renforcer le site de Fontainebleau, dont les installations existantes sont fonctionnelles et de qualité, sauf à trouver un site nouveau en région parisienne qui présenterait les mêmes avantages.
Je demande à Martine de Boisdeffre, Directrice des archives de France, de reprendre le projet dans le respect de ces principes.
C - L'écheveau où se mêlent les questions relatives aux politiques nationales pour l'art contemporain, pour la photographie et les arts décoratifs.
Cet écheveau, il convient de le démêler. Voici les données du problème :
- pour l'art contemporain, nous n'avons pas cessé de créer de nouveaux fronts pour pallier l'insuffisance du dispositif. La galerie nationale du Jeu de Paume était censée pallier l'insuffisance du musée national d'art moderne dans ce domaine. Le site d'art contemporain du Palais de Tokyo, celle de la Galerie nationale du Jeu de Paume. J'observe en passant que la création de ce site ne règle en rien la question de la destination de la partie du Palais de Tokyo appartenant à l'Etat, dans un état de délabrement affligeant. La galerie nationale du Jeu de Paume a par ailleurs fini par remplir à l'égard de "l'art moderne récent" une mission non négligeable au profit de présentations d'artistes appartenant plutôt aux "générations intermédiaires".
- pour la photographie, c'est la dispersion, l'éclatement, le manque de visibilité et de cohérence. Le Centre national de la photographie est locataire d'un bâtiment rue Berryer, dont la localisation est insuffisamment attractive. Le patrimoine photographique est présenté dans quelques salles en sous-sol de l'hôtel de Sully. Même si de très belles expositions sont régulièrement organisées par la BNF, le Musée d'Orsay ou le Centre Georges Pompidou, l'Etat n'a pas, à travers un lieu dédié, de politique affirmée dans le domaine de l'image photographique et vidéographique.
- pour les arts décoratifs, nous sommes confrontés à plusieurs éléments d'insatisfaction. Le musée des arts décoratifs est à l'étroit dans le Palais du Louvre. Depuis 20 ans, on n'a cessé d'y faire des travaux pour tenter de répondre à des programmes fluctuants. Un nouveau projet global a été élaboré et sa mise en uvre progressive est en cours. Par ailleurs, on le sait, se pose la question du meilleur développement de l'action publique dans le domaine du design, action aujourd'hui assurée par la délégation aux arts plastiques, le Centre Georges Pompidou (MNAM-CCI) et le musée des arts décoratifs.
Pour clarifier ces situations, j'ai demandé :
- à Béatrice Salmon, directrice des musées de l'Union centrale des arts décoratifs, l'étude d'une installation d'un département des arts décoratifs du XXème siècle sur le site du MAAO.
- à la direction des musées de France et à la délégation aux arts plastiques de m'indiquer de quelle façon plus satisfaisante, dans le cadre institutionnel et immobilier du ministère, traiter la question des arts décoratifs et du design.
- à la délégation aux arts plastiques de mettre en uvre la rationalisation de l'action du ministère dans le domaine de l'image. Je souhaite que la galerie nationale du Jeu de Paume devienne le pivot de cette rationalisation et acquière ainsi une identité fortement marquée.
J'ai confié à Michel Ricard, Directeur de projet pour la photographie, et à Jacques Charpillon, inspecteur général des affaires culturelles, une mission sur les modalités de cette reconversion, en envisageant les évolutions que devront de ce fait connaître les associations du Jeu de Paume, du Centre National de la Photographie et du patrimoine photographique. J'ai indiqué que le ministère de la Culture veillera à ce que les situations de chacun des agents soient prises en compte au mieux. Aucun plan social n'aura lieu. Je rappelle que Daniel Abadie est chargé de la direction de la galerie nationale du Jeu de Paume jusqu'au 31 décembre 2003. La programmation arrêtée pour l'année prochaine sera de ce fait intégralement réalisée.
Par ailleurs, je tiens à souligner l'attachement que je porte aux donations et au respect des engagements de l'Etat dans ce domaine. Ainsi les fonds de la donation Jacques-Henri Lartigue sont en caisse depuis la fermeture du Grand Palais depuis 1993. J'ai décidé de leur affecter l'Orangerie de l'hôtel de Sully pour lieu d'exposition permanent. Les travaux débuteront l'année prochaine.
- à la direction des musées de France, à la réunion des musées nationaux et au centre Georges Pompidou que soit amélioré le dispositif national de diffusion tant à Paris qu'en régions, de l'art moderne et contemporain. Cette étude devra notamment prendre en compte les conséquences de l'évolution des missions du Jeu de Paume sur la présentation des artistes des "générations intermédiaires" de l'art moderne. J'annoncerai par ailleurs début décembre avec Bruno Racine, Président du Centre Georges Pompidou et Alfred Pacquement, Directeur du Centre national d'art moderne, les dispositions arrêtées pour donner corps au projet de création d'une antenne permanente du Centre en région.
Pour ce qui est de l'art contemporain, je crois nécessaire d'attendre le bilan du mandat de Messieurs Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud au Palais de Tokyo et d'aviser pour l'avenir en prenant en compte les projets de la Ville de Paris, notamment pour le 104 rue d'Aubervilliers, auquel l'Etat participe au titre du contrat de plan Etat-Région.
* * *
Je conclurai en disant que ces clarifications étaient nécessaires pour assurer, à l'action du ministère de la culture et de la communication, efficacité et cohérence.
L'ensemble de ces choix exprime d'abord ma volonté déterminée de mettre un frein à la prolifération de projets sur Paris intra-muros. Cette volonté procède de ma décision de mettre fin à l'abandon dont souffrent les bâtiments partagés entre plusieurs affectataires. C'est le cas notamment du Palais de Tokyo pour lequel je souhaite une clarification du partage des espaces et de leur entretien avec la Ville de Paris.
Je citerai aussi le Palais de Chaillot, occupé par le théâtre national de Chaillot, le musée de la marine, le musée de l'Homme et demain la cité de l'architecture et du patrimoine, pour lequel il faut désormais un seul gestionnaire pour l'ensemble du bâtiment : c'est au ministère de la culture et de la communication, affectataire du bâtiment d'assurer cette gestion de façon plus dynamique. D'ores et déjà, j'ai demandé que les procédures préalables à l'engagement des travaux du parvis des droits de l'homme soient accélérées, en vue d'un début de chantier de réfection au printemps 2003.
Cette volonté procède également et surtout de la nécessité de rééquilibrer l'action du ministère en direction du reste du territoire. J'aurai, dans les prochains mois, l'occasion de vous informer de mes choix à cet égard, ce sera notamment l'occasion d'aborder le projet du musée des civilisations de l'Europe et de la méditerranée à Marseille, déterminant pour l'avenir des collections du musée des arts et traditions populaires, ainsi que, je l'espère, bien d'autres initiatives..
Présentation des différents projets
(Source http://www.culture.gouv.fr, le 30 octobre 2002)