Texte intégral
Le 21 avril 2002, lors des présidentielles, un séisme a ébranlé notre démocratie. Nous avions dit alors que ce n'était pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Un an après, que reste-t-il de cet événement ?
Quand d'autres ont bien vite tourné la page, nous avons décidé de ne pas jouer la fuite en avant. Nous avons réfléchi, nous nous sommes tournés vers notre peuple pour comprendre et aller de l'avant. Dans le même temps, nous avons amorcé la riposte face à cette droite autoritaire, antidémocratique et antisociale, qui avait raflé la mise au milieu d'un champ de ruines. Il ne fallait pas rester l'arme au pied, il ne fallait pas attendre.
Un an après, nous continuons à être marqués par la profondeur du désarroi qui s'est exprimé ce jour-là. Abstention massive, haut niveau de l'extrême-droite. Qui aurait imaginé cela après cinq ans de gouvernement de gauche ?
La gauche a perdu parce qu'elle avait en réalité abandonné toute volonté de transformation sociale tangible. Elle a perdu parce qu'elle n'a pas répondu aux attentes populaires en même temps qu'elle brisait les rêves au nom d'un prétendu réalisme économique. Elle a perdu parce qu'elle s'est trop retranchée dans un monde clos et protégé, trop loin des citoyennes et des citoyens. La gauche a produit des avancées, d'ailleurs souvent contradictoires, mais elle n'a pas changé le quotidien. Et dans ce contexte, le Parti communiste a, lui aussi, déçu. Nous en sommes conscients. Il n'a pas ouvert suffisamment d'autres horizons, il n'a pas su porter assez fort son idéal communiste.
Personne ne pourra faire l'économie d'un travail en profondeur : le replâtrage ne suffira pas. C'est le sens de ce que nous avons entamé depuis ce jour et que nous entendons poursuivre sur la lancée de notre congrès. Des centaines de forums-citoyens se sont tenus à l'initiative du Parti communiste sur le thème : " Comment résister et construire un vrai changement ". Ce mouvement va se poursuivre.
Nous entendons porter haut les idéaux qui nous ont conduit en politique : ceux d'un monde de justice et de paix, ceux d'une contestation de ce système capitaliste. Nous entendons au quotidien arracher tout ce que nous pouvons arracher, gagner tout ce que nous pouvons gagner : le progrès n'est pas à prendre ou à laisser en bloc. Nous entendons faire de la politique à ciel ouvert, mettre tous les choix sur la place publique : il n'y a pas de domaines réservés.
En un mot, c'est le courage qui ne doit pas, qui ne doit plus, nous faire défaut. Le courage de nos idées, le courage de mener les batailles concrètes qui s'imposent, le courage d'une vraie pratique démocratique qui permet à chacun de s'approprier le monde. Le courage de changer la société.
Nous croyons que c'est ainsi, que nous pourrons faire face au désespoir, au renoncement qui se sont révélés ce triste jour d'avril.
(source http://www.pcf.fr, le 22 avril 2003)
Quand d'autres ont bien vite tourné la page, nous avons décidé de ne pas jouer la fuite en avant. Nous avons réfléchi, nous nous sommes tournés vers notre peuple pour comprendre et aller de l'avant. Dans le même temps, nous avons amorcé la riposte face à cette droite autoritaire, antidémocratique et antisociale, qui avait raflé la mise au milieu d'un champ de ruines. Il ne fallait pas rester l'arme au pied, il ne fallait pas attendre.
Un an après, nous continuons à être marqués par la profondeur du désarroi qui s'est exprimé ce jour-là. Abstention massive, haut niveau de l'extrême-droite. Qui aurait imaginé cela après cinq ans de gouvernement de gauche ?
La gauche a perdu parce qu'elle avait en réalité abandonné toute volonté de transformation sociale tangible. Elle a perdu parce qu'elle n'a pas répondu aux attentes populaires en même temps qu'elle brisait les rêves au nom d'un prétendu réalisme économique. Elle a perdu parce qu'elle s'est trop retranchée dans un monde clos et protégé, trop loin des citoyennes et des citoyens. La gauche a produit des avancées, d'ailleurs souvent contradictoires, mais elle n'a pas changé le quotidien. Et dans ce contexte, le Parti communiste a, lui aussi, déçu. Nous en sommes conscients. Il n'a pas ouvert suffisamment d'autres horizons, il n'a pas su porter assez fort son idéal communiste.
Personne ne pourra faire l'économie d'un travail en profondeur : le replâtrage ne suffira pas. C'est le sens de ce que nous avons entamé depuis ce jour et que nous entendons poursuivre sur la lancée de notre congrès. Des centaines de forums-citoyens se sont tenus à l'initiative du Parti communiste sur le thème : " Comment résister et construire un vrai changement ". Ce mouvement va se poursuivre.
Nous entendons porter haut les idéaux qui nous ont conduit en politique : ceux d'un monde de justice et de paix, ceux d'une contestation de ce système capitaliste. Nous entendons au quotidien arracher tout ce que nous pouvons arracher, gagner tout ce que nous pouvons gagner : le progrès n'est pas à prendre ou à laisser en bloc. Nous entendons faire de la politique à ciel ouvert, mettre tous les choix sur la place publique : il n'y a pas de domaines réservés.
En un mot, c'est le courage qui ne doit pas, qui ne doit plus, nous faire défaut. Le courage de nos idées, le courage de mener les batailles concrètes qui s'imposent, le courage d'une vraie pratique démocratique qui permet à chacun de s'approprier le monde. Le courage de changer la société.
Nous croyons que c'est ainsi, que nous pourrons faire face au désespoir, au renoncement qui se sont révélés ce triste jour d'avril.
(source http://www.pcf.fr, le 22 avril 2003)