Déclaration de Mme Noëlle Lenoir, ministre déléguée aux affaires européennes, en réponse à une question sur le régime linguistique de l'Union européenne, notamment sur la place du Français, à l'Assemblée nationale le 11 juin 2003.

Texte intégral

La question linguistique, que vous évoquez dans le rapport que vous venez de faire adopter à l'unanimité par la délégation à l'Union européenne, est effectivement au cur de l'Europe élargie.
Et c'est pourquoi, comme vous l'avez dit tout à l'heure, nous sommes très satisfaits de savoir que le principe de la diversité linguistique est rangé maintenant au nombre des principes constitutionnels de l'Union, comme l'avait demandé d'ailleurs Dominique de Villepin.
Mais, cela étant, il y a encore des demandes concrètes que nous entendons voir aboutir. Et je m'attache, avec Pierre-André Wiltzer, à défendre la place du français en Europe et donc dans le monde.
Parmi ces demandes concrètes, il y en a une qui concernait le statut de la fonction publique européenne. C'est un premier succès pour nous puisque, à la faveur de la réforme de ce statut, nous venons d'obtenir que, pour leur première promotion, les fonctionnaires européens soient obligés de parler au moins deux langues étrangères. Ce qui donne évidemment au français une chance, que nous comptons bien saisir, en s'appuyant aussi sur le cadre de l'Organisation internationale de la Francophonie.
La question de la place reconnue au français dans les institutions communautaires elles-mêmes se pose aussi.
Je vous rassure tout de suite sur la Commission et la Cour de justice de Luxembourg : le français y gardera sa place tout à fait éminente. Pour ce qui est du Conseil, le débat est ouvert et nous entendons en tout état de cause obtenir la systématisation de l'interprétation en français.
J'ajoute que la place de Strasbourg comme capitale européenne est pour nous un autre enjeu important pour la défense du français.
Autant dire, Monsieur le Député, que les propositions de votre rapport vont venir alimenter nos propres propositions et que nous sommes heureux de pouvoir compter sur vous pour défendre la place du français en Europe, c'est-à-dire en fait dans le monde.

(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 juin 2003)