Déclaration de M. Charles Josselin, ministre délégué à la coopération et à la francophonie, à Maputo le 23 et interview à RFI Afrique le 24 mai 2000, sur l'aide d'urgence au Mozambique et sur la réunion de la commission mixte franco-malgache.

Intervenant(s) :

Circonstance : Voyage au Mozambique de M. Josselin le 23 mai 2000-Rencontre avec la communauté française au centre franco-mozambicain-Réunion de la commission mixte franco-malgache le 22 mai à Madagascar

Prononcé le

Temps de lecture 6 minutes

Texte intégral

Je me réjouis de vous retrouver, ou de vous accueillir.
Le centre franco-mozambicain est le lieu de rencontre des communautés présentes à Maputo. Il est le symbole du partenariat culturel que nous voulons développer de plus en plus avec nos amis mozambicains.
L'exposition offerte aujourd'hui, du peintre Zandamela en témoigne.
J'étais venu, il y a deux ans, avec le président de la République ; beaucoup de ceux que j'avais rencontrés alors sont partis. Je suis heureux d'accueillir nos compatriotes, nouveaux résidents ou en visite, tous mobilisés par une même solidarité en faveur de ce pays éprouvé par des inondations sans précédent.
C'est la raison de ma présence. Demain, je me rendrai à Chokwe sur une des zones les plus sinistrées.
Et lors de l'audience que m'accordera le président de la République, je pourrai lui confirmer les engagements de la France pour la reconstruction.
Comme vous le savez, la France a pu répondre rapidement, avec l'Afrique du Sud, aux appels des autorités mozambicains, pour porter secours aux victimes.
Les moyens logistiques dont nous disposons dans la région ont permis des interventions de première urgence. Les Transall et les hélicoptères de la " Jeanne " ont montré, comme ailleurs, que nos moyens militaires peuvent servir l'action humanitaire.
Je sais que beaucoup d'entre vous ont participé au mouvement de solidarité envers les populations sinistrées et déplacées.
Je les en remercie.
Je salue en particulier les ONG que leur familiarité avec le terrain rend si efficaces dans ces moments dramatiques. Dans l'urgence, nous mesurons combien il est précieux que tous les acteurs français, publics, privés, associatifs sachent travailler ensemble, et donner à la coopération française un peu plus de sens, par une fraternité forte.
Vous le savez, nous entendons participer pleinement au programme de reconstruction que le gouvernement mozambicain a proposé à la Conférence de Rome.
Je me réjouis de la réponse massive des bailleurs.
La France, pour sa part, privilégie dans sa coopération, à la fois des actions de post-urgence proches des populations et des mesures macro-économiques.
Nous allons, avec des ONG, aider à la réinstallation des populations de Chokwe par des appuis très concrets.
L'Agence française de développement, dont un directeur m'accompagne, a immédiatement su modifier ses projets pour les adapter à l'urgence, en matière d'eau potable en particulier. Nous allons participer à l'effort de déminage que les inondations rendent plus urgent. Nous contribuons fortement à l'annulation de la dette.
Nous sommes attentifs au chemin difficile de la démocratie dans des pays que l'histoire n'y a pas préparés.
Nous savons que la pauvreté de masse, les inégalités, sont les défis premiers du développement.
Le Mozambique peut dans un cadre régional développer de forts atouts économiques. Pour se reconstruire et progresser, ce pays a besoin de paix civile.
Notre coopération est ancienne ici ; elle n'est pas en importante, dans toutes premières.
Il nous faut donc lui donner d'autant plus de sens. Je souhaite pour cela que tous les acteurs français sachent reconnaître la spécificité de chacun mais aussi les convergences d'objectifs.
Je suis venu avec Claude Antony du Conseil général de Seine-Saint-Denis, avec Michel Joly, délégué général de l'AFVP.
Et je me réjouis de retrouver Michel Roussin et toute la délégation du Medef. Près d'une trentaine de chefs d'entreprise sont parmi nous. Je sais que leur visite à Maputo est très fructueuse et je vais d'ailleurs m'en entretenir avec eux dans un moment.
De plus en plus il faut que notre coopération soit perçue par nos partenaires à travers l'ensemble de ses acteurs. De même que nous avons conduit une réforme des instruments publics de l'action extérieure, de même il nous faut savoir rassembler les efforts, de tous, que ce soit l'action des ONG, des entreprises, des collectivités locales ou des agences publiques d'aide.
Je sais que notre ambassadrice ici s'y attache.
C'est cet esprit d'amitié entre compatriotes qui donnera un visage à notre action.
Dans une région où la lusophonie rencontre la puissance des anglophones nous faisons le pari que la francophonie - et je rends hommage à tous nos enseignants de français - soit porteuse d'un message fort puisqu'elle met l'éducation, la culture et la démocratie au cur de la coopération.
Je ne serais pas plus long car je souhaite avoir le temps de vous rencontrer amicalement.
J'adresse un message tout particulier à nos coopérants dont la contribution au développement du Mozambique est décisive. Je pense à ceux et à celles qui, loin de Maputo, travaillent dans des conditions difficiles, auprès des populations les plus pauvres.
Je salue enfin M. Jean-Pierre Lecuyer, l'un de vos deux délégués au Conseil supérieur des Français à l'étranger, en résidence Nairobi, qui saura vous écouter et rapporter vos préoccupations.
Merci à toutes et à tous./.
(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 mai 2000)
Q - Réunion, avant-hier et hier, à Antananarivo, de la commission mixte franco-malgache, commission présidée par le ministre français délégué à la Coopération, Charles Josselin. Un accord cadre de partenariat a été signé entre les deux pays, accord cadre qui fixe les priorités de la coopération pour les prochaines années. Trois axes retenus : 1) le développement humain, 2) le développement économique, 3) le renforcement de l'Etat de droit. Charles Josselin a quitté, hier soir, Madagascar. Pour lui, c'était certes l'occasion de dessiner les perspectives pour demain, mais aussi l'occasion de faire le point. Charles Josselin parle de contrat de confiance.
R - Cela fait 11 ans qu'il n'y a pas eu de commission mixte. Heureusement, la coopération a continué pendant cette période, mais une commission mixte, c'est d'abord l'occasion de réfléchir, ensemble, à l'avenir mais aussi faire le bilan. Et, s'agissant de la commission mixte qui nous réunit en ce moment, elle a une particularité : elle associe la société civile. C'est la première fois que nous sommes convenus, avec nos partenaires malgaches, d'associer à la préparation de cette commission mixte, donc à l'élaboration des nouveaux contrats de confiance, en quelque sorte, entre nos deux pays, nous sommes convenus d'associer les entreprises privées françaises et malgaches, les ONG, les associations. Ceci est tout à fait nouveau et nous le faisons, parce que nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de développement sans implication de la société civile. Et je suis heureux que nos amis malgaches nous aient suivis dans cette proposition./.

(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 mai 2000)