Texte intégral
Q - Quelle est pour vous l'enjeu des européennes ?
R - C'est l'Europe. Cela paraît un lieu commun de le dire. Mais l'UDF est le seul parti à avoir décidé de parler de l'Europe pendant ces élections européennes. Pour nous, c'est crucial. Le monde va être dominé dans les années qui viennent par au moins deux géants : les États-Unis et la Chine, et l'on a vu en Irak ce qu'il peut se produire lorsqu'un géant est laissé à lui-même. Il est donc capital, si nous voulons défendre nos emplois, notre système social et notre culture, de parler d'égal à égal avec ces puissances. Seule l'Europe peut le faire. C'est pourquoi il faut choisir de la construire et de lui donner la force qui lui manque.
Q - En quoi l'UDF se distingue-t-elle de l'UMP et de Jacques Chirac sur la politique européenne ?
R - Sur l'Europe, tout le monde emploi les mêmes mots, mais les actes sont bien loin des mots. Par exemple, nous pensons que l'Europe est affaire de citoyens et nous voulons un référendum sur la Constitution européenne. Le gouvernement et le président de la République, au contraire, ont réservé leur réponse sur ce sujet. Nous disons : l'Europe doit s'occuper de Défense, de recherche, d'agriculture, d'aménagement du territoire. Or, le gouvernement refuse d'accorder à l'Europe les ressources qui permettraient d'assumer ces politiques.
Sur la Turquie, j'ai été en désaccord avec le président de la République. Qu'il ait pu prendre, avec Lionel Jospin, une décision aussi importante que l'adhésion de la Turquie, sans le dire aux Français, sans le moindre débat, sans même en aviser le Parlement, cela explique tout le trouble qui est né dans l'opinion publique autour de ce sujet. En réalité, Jacques Chirac considère l'Europe comme l'affaire des seuls gouvernements. Moi je prends l'Europe pour l'affaire des citoyens. Je veux qu'elle devienne une démocratie où, pour chaque décision, ils seront informés à l'avance et auront leur mot à dire.
Q - Que pensez-vous de la réforme de la sécurité sociale ?
R - Est-ce vraiment la réforme de fond que l'on attendait ? Certaines mesures me paraissent pertinentes, comme la création du dossier médical personnalisé. Sur la méthode, je m'étonne de l'étalement des annonces qui sont faites jour après jour sans qu'il y ait eu de véritable concertation avec les partenaires sociaux. Mais mon principal reproche est plus profond : l'essentiel de la réforme consiste en vérité à reporter sur les générations à venir le déficit de nos dépenses sociales, en transformant les déficits en dettes qui devront être acquittées par les générations futures. Cela est inacceptable. Savez-vous que, en 2025, nos enfants et nos petits-enfants continueront à payer nos dépenses de 2002 ou de 2003 ? Il y a là quelque chose de révoltant du point de vue de la responsabilité de notre génération.
Q - Imaginez-vous que l'UDF puisse participer dans un proche avenir à un gouvernement avec l'UMP ?
R - Pour l'instant, ce n'est pas un sujet. Nous avons refusé d'entrer au gouvernement, au mois de mars, parce que les conditions ne nous paraissaient pas réunies pour une réussite de l'action gouvernementale. Nous avons décidé de garder sur tous les sujets la même ligne de conduite : quand les décisions sont bonnes, on vote pour, quand elles sont mauvaises, on vote contre. On vient de voir, sur le financement des collectivités locales, non seulement l'UDF mais 30 députés de l'UMP refuser de voter le texte malgré les ordres donnés par le gouvernement. Vous pensez bien que cela traduit un malaise. La différence c'est que l'UDF a la liberté de parole et d'expression pour manifester ce malaise quand il existe. C'est une richesse pour les citoyens, y compris de la majorité.
Propos recueillis par Dominique Valès
(Source http://www.udf-europe.net, le 28 mai 2004)
R - C'est l'Europe. Cela paraît un lieu commun de le dire. Mais l'UDF est le seul parti à avoir décidé de parler de l'Europe pendant ces élections européennes. Pour nous, c'est crucial. Le monde va être dominé dans les années qui viennent par au moins deux géants : les États-Unis et la Chine, et l'on a vu en Irak ce qu'il peut se produire lorsqu'un géant est laissé à lui-même. Il est donc capital, si nous voulons défendre nos emplois, notre système social et notre culture, de parler d'égal à égal avec ces puissances. Seule l'Europe peut le faire. C'est pourquoi il faut choisir de la construire et de lui donner la force qui lui manque.
Q - En quoi l'UDF se distingue-t-elle de l'UMP et de Jacques Chirac sur la politique européenne ?
R - Sur l'Europe, tout le monde emploi les mêmes mots, mais les actes sont bien loin des mots. Par exemple, nous pensons que l'Europe est affaire de citoyens et nous voulons un référendum sur la Constitution européenne. Le gouvernement et le président de la République, au contraire, ont réservé leur réponse sur ce sujet. Nous disons : l'Europe doit s'occuper de Défense, de recherche, d'agriculture, d'aménagement du territoire. Or, le gouvernement refuse d'accorder à l'Europe les ressources qui permettraient d'assumer ces politiques.
Sur la Turquie, j'ai été en désaccord avec le président de la République. Qu'il ait pu prendre, avec Lionel Jospin, une décision aussi importante que l'adhésion de la Turquie, sans le dire aux Français, sans le moindre débat, sans même en aviser le Parlement, cela explique tout le trouble qui est né dans l'opinion publique autour de ce sujet. En réalité, Jacques Chirac considère l'Europe comme l'affaire des seuls gouvernements. Moi je prends l'Europe pour l'affaire des citoyens. Je veux qu'elle devienne une démocratie où, pour chaque décision, ils seront informés à l'avance et auront leur mot à dire.
Q - Que pensez-vous de la réforme de la sécurité sociale ?
R - Est-ce vraiment la réforme de fond que l'on attendait ? Certaines mesures me paraissent pertinentes, comme la création du dossier médical personnalisé. Sur la méthode, je m'étonne de l'étalement des annonces qui sont faites jour après jour sans qu'il y ait eu de véritable concertation avec les partenaires sociaux. Mais mon principal reproche est plus profond : l'essentiel de la réforme consiste en vérité à reporter sur les générations à venir le déficit de nos dépenses sociales, en transformant les déficits en dettes qui devront être acquittées par les générations futures. Cela est inacceptable. Savez-vous que, en 2025, nos enfants et nos petits-enfants continueront à payer nos dépenses de 2002 ou de 2003 ? Il y a là quelque chose de révoltant du point de vue de la responsabilité de notre génération.
Q - Imaginez-vous que l'UDF puisse participer dans un proche avenir à un gouvernement avec l'UMP ?
R - Pour l'instant, ce n'est pas un sujet. Nous avons refusé d'entrer au gouvernement, au mois de mars, parce que les conditions ne nous paraissaient pas réunies pour une réussite de l'action gouvernementale. Nous avons décidé de garder sur tous les sujets la même ligne de conduite : quand les décisions sont bonnes, on vote pour, quand elles sont mauvaises, on vote contre. On vient de voir, sur le financement des collectivités locales, non seulement l'UDF mais 30 députés de l'UMP refuser de voter le texte malgré les ordres donnés par le gouvernement. Vous pensez bien que cela traduit un malaise. La différence c'est que l'UDF a la liberté de parole et d'expression pour manifester ce malaise quand il existe. C'est une richesse pour les citoyens, y compris de la majorité.
Propos recueillis par Dominique Valès
(Source http://www.udf-europe.net, le 28 mai 2004)