Texte intégral
Q- J.-M. Aphatie : J. de Belot, directeur de la rédaction du Figaro, indique ce matin - et je le cite - que les autorités françaises avaient hier soir la quasi-certitude que Christian Chesnot et Georges Malbrunot sont en vie. Vous confirmez cela ?
R-P. Devedjian : Je ne confirme rien du tout. La situation est extrêmement difficile et le Gouvernement fait les efforts maximum pour obtenir la libération de nos compatriotes et du chauffeur syrien. Et tous les commentaires qui peuvent être faits à l'heure actuelle ne peuvent être que nuisibles. Donc vous comprendrez la réserve.
Q- C'est officiel : N. Sarkozy est candidat à la présidence de l'UMP. C'est la fin du suspens. N. Sarkozy l'a annoncé hier soir à J. Chirac, qui s'est empressé de nous le faire savoir, et qui a ajouté par la même occasion qu'il le soutenait dans sa démarche. Alors, c'est fini, les deux hommes sont réconciliés ? Ils repartent ensemble au combat ?
R-D'abord, ils n'ont jamais été fâchés...
Q- Vous n'avez pas entendu le 14 juillet dernier ?!
R-Le président de la République ne s'est pas fâché. Il a exprimé ce qui est assez nouveau dans le fonctionnement des institutions, une règle de non-cumul, mais qui est aussi la conséquence du quinquennat et du renforcement du pouvoir présidentiel. Parce qu'il me semble aussi que tout ceci découle, par exemple, du fait que l'élection législative est concomitante à l'élection présidentielle. Et cela donne au président de la République le devoir d'arbitrer les différentes sources de la légitimité démocratique. C'est une règle qui est une règle de bon fonctionnement.
Q- Mais il semblait quand même qu'il y avait comme un petit problème, que J. Chirac ne souhaitait pas, ne voulait pas... Maintenant, il le soutient ?
R-On espérait beaucoup, chez les jeteurs de sorts, que l'on aurait l'occasion de beaucoup de polémiques, de divisions de la majorité. Eh bien, vous voyez : cela témoigne de manière éclatante combien, à la fois l'UMP et le Gouvernement, et la présidence de la République peuvent marcher de concert.
Q- Le 14 juillet, J. Chirac disait : "Je décide et il exécute". Vous voyez bien qu'entre les deux hommes, ce n'était quand même pas la franche concorde et la franche camaraderie !
R-C'est institutionnellement exact. Je veux dire que les ministres exécutent la politique qui est décidée par le Premier ministre, en cohérence avec le président de la République, qui donne les grandes directions. C'est quand même vrai !
Q- Mais quand on le dit publiquement, c'est que cela ne va pas de soi !
R-Parce que je pense que vos confrères aussi avaient un petit peu poussé l'interrogatoire du président de la République assez loin, et qu'il a été obligé de répliquer fermement sur le fonctionnement des principes.
Q- Tout le monde a été surpris que J. Chirac, hier, fasse savoir le contenu de la discussion. Cela vous a surpris vous aussi ?
R-Cela ne m'a pas surpris, parce que le président de la République est bien conscient des exigences du fonctionnement de la majorité gouvernementale, si on veut pouvoir conduire notre politique avec efficacité. Vous savez, cela ne sert à rien de redresser la France comme nous le faisons - je rappelle quand même que nous avons maintenant 2,5 % de croissance, la France est le premier pays de la zone euro pour la croissance ! Un vrai succès ! - si en 2007, on doit perdre les élections et si tout ce qu'on construit sera détruit par le fait d'une autre politique. Et donc il faut construire les éléments, les piliers de cette majorité gouvernementale. On peut aussi reconnaître que l'UMP a déçu dans son fonctionnement jusqu'à maintenant, et le dynamisme de N. Sarkozy sera un plus pour l'action gouvernementale.
Q- Quand J. Chirac avait énoncé la règle de non-cumul - on ne peut pas être président du premier parti de la majorité et ministre -, vous faisiez partie de ceux qui critiquaient cette prise de position, en rappelant que J. Chirac lui-même avait pu cumuler des fonctions ministérielles avec la direction d'un parti. Ce matin, vous vous rangez aux arguments du président de la République ? Il sera bien que N. Sarkozy quitte le Gouvernement ?
R-Je me suis toujours rangé aux arguments du président de la République. D'abord, c'est le devoir d'un ministre. Et si je me suis d'autant plus rangé aux arguments du président de la République, c'est que si dans le passé, on a accumulé les fonctions de chef de parti avec des fonctions ministérielles, nous n'étions pas dans la situation où nous sommes aujourd'hui. C'est-à-dire que l'UMP, parti majoritaire, exerce à elle seule - peut-être de manière hégémonique, on dit certains mais à elle seule - l'ensemble de la majorité gouvernementale. Et là, cela pose un problème dans la relation avec le Premier ministre, c'est vrai. Le président de la République l'a souligné. Cela n'en posait pas dans le système précédent puisqu'il y avait diversité et il n'y avait pas hégémonie. Cela en pose un aujourd'hui.
Q- C'est formidable la dialectique !
R-- N'est-ce pas ! Vous en savez quelque chose, vous la pratiquez quotidiennement !
Q- Que va faire N. Sarkozy, à la tête de l'UMP, à partir du mois de novembre ? Préparer sa propre candidature en 2007 à l'Elysée ?
R-Je pense que le moment n'est pas venu de répondre à ce type de question.
Q- Vous pensez que J. Chirac puisse être candidat ? Parce que c'est la succession de J. Chirac aussi, qui est en filigranes de toute cette histoire, quand même... Cela ne vous intéresse pas ?
R-Cela m'intéresse ! Mais je pense que c'est très largement prématuré. Nous verrons dans quelle situation est la majorité gouvernementale à ce moment-là. Et aujourd'hui, il faut la reconstruire, parce que les échecs que nous avons reçus en tous les cas aux élections régionales et cantonales, ont considérablement fragilisé l'action gouvernementale.
Q- Présidence toujours, mais de l'EDF cette fois : quand est-ce que le Gouvernement va nommer un président à EDF ? C'est votre responsabilité, vous êtes ministre délégué à l'Industrie... Même si c'est le Premier ministre qui nomme...
R-C'est une nomination qui a lieu en conseil des ministres. Je pense que cela ne va plus tarder très longtemps. EDF a besoin d'avoir, pour prendre un certain nombre de décisions, un président qui ait été renouvelé...
Q- Et F. Roussely est à votre avis le meilleur candidat ?
R-Ce n'est pas moi qui le choisis. Je dirais simplement de F. Roussely que dans l'importante action de réformes que nous avons entreprise sur EDF, qui n'était pas facile, et pour laquelle tout le monde disait que nous pourrions arriver à des catastrophes, il a été à la fois loyal, compétent, et intelligent.
Q- Vous avez vu que les syndicats ne sont pas contents de la privatisation ou du moins de la vente des 9 % d'actions de France Télécom. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
R-Je leur réponds que le Gouvernement a toujours dit qu'il le ferait. Ils ne devraient pas être étonnés que ce soit arrivé !
Q- Pas toujours. En 1996, on avait promis...
R-Non, mais je parle du gouvernement actuel...
Q- Ils sont surpris de la rapidité et du manque d'informations.
R-Certains nous ont reproché au contraire que cela vienne tardivement. Quant au manque d'informations, ces choses se font évidemment assez rapidement, pour des raisons boursières et de spéculations que tout le monde comprend !
Q- Lundi, Tom Cruise était à Bercy, pour voir N. Sarkozy. Il en a profité pour vous faire un petit bonjour dans votre bureau ?
R-Non, je ne l'ai pas vu, mais je le regrette d'ailleurs, parce que c'est un grand acteur...
Q- Vous avez vu que J.-P. Brard, par exemple, regrette qu'un éminent représentant de la Scientologie qu'il est, ait vu le ministre des Finances dans son bureau ?
Ecoutez, d'abord je crois que N. Sarkozy a reçu un grand acteur de cinéma. Il ne s'est pas préoccupé de ses croyances ou de sa vie privée.
Q- Il devrait peut-être ?
R-Avec tous les gens qu'on rencontre, vous croyez qu'il faut leur demander ce qu'ils pensent et s'interroger sur leurs convictions ?
Q- Mais Tom Cruise est familier des démarches de la scientologie. Ils en ont parlé tous les deux ?
R-Je n'étais pas là, donc je ne sais pas ce dont ils ont parlé. Mais je veux dire que tous les Français qui vont voir ses films ne sont pas dissuadés par les mises en garde de Monsieur Brard...
P. Devedjian, un ministre trop méconnu des acteurs américains, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée !
(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 3 septembre 2004)
R-P. Devedjian : Je ne confirme rien du tout. La situation est extrêmement difficile et le Gouvernement fait les efforts maximum pour obtenir la libération de nos compatriotes et du chauffeur syrien. Et tous les commentaires qui peuvent être faits à l'heure actuelle ne peuvent être que nuisibles. Donc vous comprendrez la réserve.
Q- C'est officiel : N. Sarkozy est candidat à la présidence de l'UMP. C'est la fin du suspens. N. Sarkozy l'a annoncé hier soir à J. Chirac, qui s'est empressé de nous le faire savoir, et qui a ajouté par la même occasion qu'il le soutenait dans sa démarche. Alors, c'est fini, les deux hommes sont réconciliés ? Ils repartent ensemble au combat ?
R-D'abord, ils n'ont jamais été fâchés...
Q- Vous n'avez pas entendu le 14 juillet dernier ?!
R-Le président de la République ne s'est pas fâché. Il a exprimé ce qui est assez nouveau dans le fonctionnement des institutions, une règle de non-cumul, mais qui est aussi la conséquence du quinquennat et du renforcement du pouvoir présidentiel. Parce qu'il me semble aussi que tout ceci découle, par exemple, du fait que l'élection législative est concomitante à l'élection présidentielle. Et cela donne au président de la République le devoir d'arbitrer les différentes sources de la légitimité démocratique. C'est une règle qui est une règle de bon fonctionnement.
Q- Mais il semblait quand même qu'il y avait comme un petit problème, que J. Chirac ne souhaitait pas, ne voulait pas... Maintenant, il le soutient ?
R-On espérait beaucoup, chez les jeteurs de sorts, que l'on aurait l'occasion de beaucoup de polémiques, de divisions de la majorité. Eh bien, vous voyez : cela témoigne de manière éclatante combien, à la fois l'UMP et le Gouvernement, et la présidence de la République peuvent marcher de concert.
Q- Le 14 juillet, J. Chirac disait : "Je décide et il exécute". Vous voyez bien qu'entre les deux hommes, ce n'était quand même pas la franche concorde et la franche camaraderie !
R-C'est institutionnellement exact. Je veux dire que les ministres exécutent la politique qui est décidée par le Premier ministre, en cohérence avec le président de la République, qui donne les grandes directions. C'est quand même vrai !
Q- Mais quand on le dit publiquement, c'est que cela ne va pas de soi !
R-Parce que je pense que vos confrères aussi avaient un petit peu poussé l'interrogatoire du président de la République assez loin, et qu'il a été obligé de répliquer fermement sur le fonctionnement des principes.
Q- Tout le monde a été surpris que J. Chirac, hier, fasse savoir le contenu de la discussion. Cela vous a surpris vous aussi ?
R-Cela ne m'a pas surpris, parce que le président de la République est bien conscient des exigences du fonctionnement de la majorité gouvernementale, si on veut pouvoir conduire notre politique avec efficacité. Vous savez, cela ne sert à rien de redresser la France comme nous le faisons - je rappelle quand même que nous avons maintenant 2,5 % de croissance, la France est le premier pays de la zone euro pour la croissance ! Un vrai succès ! - si en 2007, on doit perdre les élections et si tout ce qu'on construit sera détruit par le fait d'une autre politique. Et donc il faut construire les éléments, les piliers de cette majorité gouvernementale. On peut aussi reconnaître que l'UMP a déçu dans son fonctionnement jusqu'à maintenant, et le dynamisme de N. Sarkozy sera un plus pour l'action gouvernementale.
Q- Quand J. Chirac avait énoncé la règle de non-cumul - on ne peut pas être président du premier parti de la majorité et ministre -, vous faisiez partie de ceux qui critiquaient cette prise de position, en rappelant que J. Chirac lui-même avait pu cumuler des fonctions ministérielles avec la direction d'un parti. Ce matin, vous vous rangez aux arguments du président de la République ? Il sera bien que N. Sarkozy quitte le Gouvernement ?
R-Je me suis toujours rangé aux arguments du président de la République. D'abord, c'est le devoir d'un ministre. Et si je me suis d'autant plus rangé aux arguments du président de la République, c'est que si dans le passé, on a accumulé les fonctions de chef de parti avec des fonctions ministérielles, nous n'étions pas dans la situation où nous sommes aujourd'hui. C'est-à-dire que l'UMP, parti majoritaire, exerce à elle seule - peut-être de manière hégémonique, on dit certains mais à elle seule - l'ensemble de la majorité gouvernementale. Et là, cela pose un problème dans la relation avec le Premier ministre, c'est vrai. Le président de la République l'a souligné. Cela n'en posait pas dans le système précédent puisqu'il y avait diversité et il n'y avait pas hégémonie. Cela en pose un aujourd'hui.
Q- C'est formidable la dialectique !
R-- N'est-ce pas ! Vous en savez quelque chose, vous la pratiquez quotidiennement !
Q- Que va faire N. Sarkozy, à la tête de l'UMP, à partir du mois de novembre ? Préparer sa propre candidature en 2007 à l'Elysée ?
R-Je pense que le moment n'est pas venu de répondre à ce type de question.
Q- Vous pensez que J. Chirac puisse être candidat ? Parce que c'est la succession de J. Chirac aussi, qui est en filigranes de toute cette histoire, quand même... Cela ne vous intéresse pas ?
R-Cela m'intéresse ! Mais je pense que c'est très largement prématuré. Nous verrons dans quelle situation est la majorité gouvernementale à ce moment-là. Et aujourd'hui, il faut la reconstruire, parce que les échecs que nous avons reçus en tous les cas aux élections régionales et cantonales, ont considérablement fragilisé l'action gouvernementale.
Q- Présidence toujours, mais de l'EDF cette fois : quand est-ce que le Gouvernement va nommer un président à EDF ? C'est votre responsabilité, vous êtes ministre délégué à l'Industrie... Même si c'est le Premier ministre qui nomme...
R-C'est une nomination qui a lieu en conseil des ministres. Je pense que cela ne va plus tarder très longtemps. EDF a besoin d'avoir, pour prendre un certain nombre de décisions, un président qui ait été renouvelé...
Q- Et F. Roussely est à votre avis le meilleur candidat ?
R-Ce n'est pas moi qui le choisis. Je dirais simplement de F. Roussely que dans l'importante action de réformes que nous avons entreprise sur EDF, qui n'était pas facile, et pour laquelle tout le monde disait que nous pourrions arriver à des catastrophes, il a été à la fois loyal, compétent, et intelligent.
Q- Vous avez vu que les syndicats ne sont pas contents de la privatisation ou du moins de la vente des 9 % d'actions de France Télécom. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
R-Je leur réponds que le Gouvernement a toujours dit qu'il le ferait. Ils ne devraient pas être étonnés que ce soit arrivé !
Q- Pas toujours. En 1996, on avait promis...
R-Non, mais je parle du gouvernement actuel...
Q- Ils sont surpris de la rapidité et du manque d'informations.
R-Certains nous ont reproché au contraire que cela vienne tardivement. Quant au manque d'informations, ces choses se font évidemment assez rapidement, pour des raisons boursières et de spéculations que tout le monde comprend !
Q- Lundi, Tom Cruise était à Bercy, pour voir N. Sarkozy. Il en a profité pour vous faire un petit bonjour dans votre bureau ?
R-Non, je ne l'ai pas vu, mais je le regrette d'ailleurs, parce que c'est un grand acteur...
Q- Vous avez vu que J.-P. Brard, par exemple, regrette qu'un éminent représentant de la Scientologie qu'il est, ait vu le ministre des Finances dans son bureau ?
Ecoutez, d'abord je crois que N. Sarkozy a reçu un grand acteur de cinéma. Il ne s'est pas préoccupé de ses croyances ou de sa vie privée.
Q- Il devrait peut-être ?
R-Avec tous les gens qu'on rencontre, vous croyez qu'il faut leur demander ce qu'ils pensent et s'interroger sur leurs convictions ?
Q- Mais Tom Cruise est familier des démarches de la scientologie. Ils en ont parlé tous les deux ?
R-Je n'étais pas là, donc je ne sais pas ce dont ils ont parlé. Mais je veux dire que tous les Français qui vont voir ses films ne sont pas dissuadés par les mises en garde de Monsieur Brard...
P. Devedjian, un ministre trop méconnu des acteurs américains, était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée !
(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 3 septembre 2004)