Texte intégral
Question : Quel est l'objectif du l'accord que vous venez de signer aujourd'hui avec votre homologue égyptien de la Défense ?
Michèle Alliot-Marie : Ce protocole d'accords a trois finalités. La première, c'est de rendre globale la coopération que nous pouvons avoir en matière de Défense. Il s'agit donc d'une coopération dans tous les domaines intéressant la sécurité et la Défense, aussi bien les échanges de réflexion stratégique - ce qui se passe dans les différents pays - que les éléments de formation et d'échange de stagiaires pour les officiers français et égyptiens. C'est une façon de partager les savoir-faire mais surtout de faire en sorte que les gens se connaissent mieux. La seconde concerne les exercices et les entraînements en commun que nous souhaitons développer, qui conditionnent un peu notre capacité à travailler ensemble, notamment dans les opérations de maintien de la paix ; ce sont enfin des échanges au niveau de l'armement.
Au-delà de la globalisation, ce que nous souhaitons aussi, c'est renforcer, en les multipliant, les opérations, et par exemple la régularité de nos échanges au niveau stratégique. Désormais, une fois par an, nous nous rencontrerons au plus haut niveau, tantôt en France, tantôt en Egypte. De la même façon, nous avons l'intention de multiplier le nombre d'élèves officiers égyptiens susceptibles d'être formés en France. Nous avons également l'intention d'augmenter le nombre d'exercices que nous faisons en commun.
Et puis ce que nous voulons, c'est également approfondir ces relations, notamment en veillant à ce qu'il y ait une meilleure connaissance, une meilleure compréhension des uns et des autres. C'est vrai pour tout ce que nous allons faire en matière d'échanges d'élèves officiers et de stagiaires, mais c'est vrai également dans le domaine de l'armement, où nous n'envisageons pas que la fourniture d'armements se résume à une relation commerciale, mais qu'elle puisse également apporter à l'Egypte, d'une part la possibilité de créer un certain nombre d'emplois, notamment dans le montage des armements, voire un certain nombre de transferts technologiques.
Votre visite est importante, alors que l'Egypte justement est au cur aussi bien de l'Afrique que du Proche et du Moyen-Orient, avec des intérêts qui la rapprochent de notre pays - on pense à la lutte contre le terrorisme, on pense aussi aux crises africaines qui se multiplient.
Absolument, l'Egypte, comme vous l'avez dit, est au cur d'une zone extrêmement sensible, et elle joue, d'ailleurs, un grand rôle dans cette zone pour essayer d'apaiser les tensions, voire de réconcilier ou de trouver des solutions. Et j'ai tenu à souligner le rôle que le président Moubarak a effectivement joué pour essayer de trouver des solutions à un certain nombre de conflits. Il est donc particulièrement intéressant pour nous de savoir écouter ce qui nous est dit par les responsables de ce pays ; parce que d'une part, ils sont sur place, ils connaissent donc le contexte, ils connaissent les hommes, ils sont à même de nous donner des analyses extrêmement pertinentes, et d'autre part, le Président Moubarak a également un grand recul compte-tenu de sa longévité dans ce poste, qui là-aussi permet de mieux juger des évolutions. C'est donc tout à fait naturellement que nous nous tournons vers lui dans un certain nombre de cas.
J'ajouterais à cela que nous avons effectivement des intérêts communs, parce qu'il est vrai qu'aujourd'hui, nos préoccupations en matière stratégique sont des préoccupations ayant trait au développement du terrorisme, dont on sait très bien qu'il peut toucher n'importe quel pays, à n'importe quel moment, mais également la multiplication des crises dans cette zone et dans toute l'Afrique ; or les crises elles-mêmes sont souvent à l'origine d'effets induits, elles créent des zones grises dans lesquelles se développent les trafics, notamment les trafics d'armes, dans lesquelles le terrorisme peut trouver des lieux d'implantation ou d'entraînement ; ces crises peuvent également être, et sont parfois, à l'origine de drames humanitaires ou de très grandes migrations totalement incontrôlées qui viennent déstabiliser les pays avoisinants.
Le Liban, l'Irak, et le dossier palestinien ont figuré au cur des entretiens avec le Président Moubarak. Est-ce que vous partagez la même analyse quant à la sortie de ces crises de la région ?
La France et l'Egypte partagent en effet une même vision de la plupart des grandes crises, une vision qui est axée sur leur conviction profonde de la nécessité de respecter les peuples, de respecter leur souveraineté, de respecter leur identité, et par la même préoccupation qui est celle d'assurer la sécurité et la paix dans notre monde qui en a bien besoin.
L'Egypte est amenée à jouer un rôle très important dans le retrait de la bande de Gaza
C'est un sujet qui a effectivement été évoqué, et le Président Moubarak en a exposé à la fois les avancées, mais également les difficultés qui résident encore aujourd'hui.
Vous diriez que votre visite a donné un coup d'accélérateur au niveau de la coopération en Défense entre les deux pays ?
Elle a bien ce but. Les premières réactions que j'ai vues me font penser qu'elle aura cet effet effectivement, puisque dès la fin de la signature du protocole, les groupes de travail se sont tout de suite mis en place.
(Source http://www.défense.gouv.fr, le 7 juillet 2005)
Michèle Alliot-Marie : Ce protocole d'accords a trois finalités. La première, c'est de rendre globale la coopération que nous pouvons avoir en matière de Défense. Il s'agit donc d'une coopération dans tous les domaines intéressant la sécurité et la Défense, aussi bien les échanges de réflexion stratégique - ce qui se passe dans les différents pays - que les éléments de formation et d'échange de stagiaires pour les officiers français et égyptiens. C'est une façon de partager les savoir-faire mais surtout de faire en sorte que les gens se connaissent mieux. La seconde concerne les exercices et les entraînements en commun que nous souhaitons développer, qui conditionnent un peu notre capacité à travailler ensemble, notamment dans les opérations de maintien de la paix ; ce sont enfin des échanges au niveau de l'armement.
Au-delà de la globalisation, ce que nous souhaitons aussi, c'est renforcer, en les multipliant, les opérations, et par exemple la régularité de nos échanges au niveau stratégique. Désormais, une fois par an, nous nous rencontrerons au plus haut niveau, tantôt en France, tantôt en Egypte. De la même façon, nous avons l'intention de multiplier le nombre d'élèves officiers égyptiens susceptibles d'être formés en France. Nous avons également l'intention d'augmenter le nombre d'exercices que nous faisons en commun.
Et puis ce que nous voulons, c'est également approfondir ces relations, notamment en veillant à ce qu'il y ait une meilleure connaissance, une meilleure compréhension des uns et des autres. C'est vrai pour tout ce que nous allons faire en matière d'échanges d'élèves officiers et de stagiaires, mais c'est vrai également dans le domaine de l'armement, où nous n'envisageons pas que la fourniture d'armements se résume à une relation commerciale, mais qu'elle puisse également apporter à l'Egypte, d'une part la possibilité de créer un certain nombre d'emplois, notamment dans le montage des armements, voire un certain nombre de transferts technologiques.
Votre visite est importante, alors que l'Egypte justement est au cur aussi bien de l'Afrique que du Proche et du Moyen-Orient, avec des intérêts qui la rapprochent de notre pays - on pense à la lutte contre le terrorisme, on pense aussi aux crises africaines qui se multiplient.
Absolument, l'Egypte, comme vous l'avez dit, est au cur d'une zone extrêmement sensible, et elle joue, d'ailleurs, un grand rôle dans cette zone pour essayer d'apaiser les tensions, voire de réconcilier ou de trouver des solutions. Et j'ai tenu à souligner le rôle que le président Moubarak a effectivement joué pour essayer de trouver des solutions à un certain nombre de conflits. Il est donc particulièrement intéressant pour nous de savoir écouter ce qui nous est dit par les responsables de ce pays ; parce que d'une part, ils sont sur place, ils connaissent donc le contexte, ils connaissent les hommes, ils sont à même de nous donner des analyses extrêmement pertinentes, et d'autre part, le Président Moubarak a également un grand recul compte-tenu de sa longévité dans ce poste, qui là-aussi permet de mieux juger des évolutions. C'est donc tout à fait naturellement que nous nous tournons vers lui dans un certain nombre de cas.
J'ajouterais à cela que nous avons effectivement des intérêts communs, parce qu'il est vrai qu'aujourd'hui, nos préoccupations en matière stratégique sont des préoccupations ayant trait au développement du terrorisme, dont on sait très bien qu'il peut toucher n'importe quel pays, à n'importe quel moment, mais également la multiplication des crises dans cette zone et dans toute l'Afrique ; or les crises elles-mêmes sont souvent à l'origine d'effets induits, elles créent des zones grises dans lesquelles se développent les trafics, notamment les trafics d'armes, dans lesquelles le terrorisme peut trouver des lieux d'implantation ou d'entraînement ; ces crises peuvent également être, et sont parfois, à l'origine de drames humanitaires ou de très grandes migrations totalement incontrôlées qui viennent déstabiliser les pays avoisinants.
Le Liban, l'Irak, et le dossier palestinien ont figuré au cur des entretiens avec le Président Moubarak. Est-ce que vous partagez la même analyse quant à la sortie de ces crises de la région ?
La France et l'Egypte partagent en effet une même vision de la plupart des grandes crises, une vision qui est axée sur leur conviction profonde de la nécessité de respecter les peuples, de respecter leur souveraineté, de respecter leur identité, et par la même préoccupation qui est celle d'assurer la sécurité et la paix dans notre monde qui en a bien besoin.
L'Egypte est amenée à jouer un rôle très important dans le retrait de la bande de Gaza
C'est un sujet qui a effectivement été évoqué, et le Président Moubarak en a exposé à la fois les avancées, mais également les difficultés qui résident encore aujourd'hui.
Vous diriez que votre visite a donné un coup d'accélérateur au niveau de la coopération en Défense entre les deux pays ?
Elle a bien ce but. Les premières réactions que j'ai vues me font penser qu'elle aura cet effet effectivement, puisque dès la fin de la signature du protocole, les groupes de travail se sont tout de suite mis en place.
(Source http://www.défense.gouv.fr, le 7 juillet 2005)