Déclaration de M. Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux anciens combattants, sur le rôle des résistants dans la libération de la France pendant la Seconde Guerre mondiale et le nécessaire devoir de mémoire, à Metz le 17 septembre 2005.

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Circonstance : 50ème Congrès national de la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance (CNCVR), à Metz (Moselle) le 17 septembre 32005

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Premier ministre,
Monsieur le Préfet,
Mon Général,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les membres de la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance,
Mesdames et Messieurs les présidents,
Mesdames et Messieurs,
C'est pour moi un honneur particulier d'être parmi vous, ce matin, à Metz.
Je m'en réjouis d'autant plus que j'ai vivement regretté de n'avoir pu être des vôtres à Reims en 2004.
Permettez-moi, tout d'abord, de saluer chaleureusement votre président, M. Jean ROUSSEAU, et de lui rendre hommage pour son action à la tête de votre Confédération. Je n'oublie pas, bien sûr, M. Jacques VICO et M. René JOFFRES, dont le rôle est connu de vous tous.
En cet instant, mes pensées vont vers vos camarades disparus dans la nuit de l'occupation. Elles vont aussi vers ceux qui nous ont quittés au cours de cette année.
A vous tous, présents ce matin, dans la fidélité à leur souvenir, je souhaite exprimer mon profond respect.
Respect pour votre action dans la Résistance, pour votre refus d'abandonner notre pays occupé par l'ennemi.
Respect pour toutes les humiliations et toutes les souffrances que vous avez endurées.
Respect pour votre implication actuelle pour que notre mémoire collective reste en éveil.
Hier, vous n'avez pas plié face à la montée du nazisme. A la peur, vous avez préféré l'engagement, bravant tous les risques. Vous n'avez jamais failli.
A la suite du général de GAULLE, vous êtes restés indéfectiblement fidèles aux idéaux de la République, aux valeurs de la France.
Aujourd'hui encore, vous vous mobilisez pour transmettre aux jeunes générations les principes de la Résistance : l'amour de la Liberté, de l'Egalité, de la Fraternité.
Mesdames et Messieurs, les commémorations organisées en 2004 et en 2005 ont constitué des rendez-vous exceptionnels par leur ampleur, leur intensité et leur retentissement. Elles ont marqué les esprits, même au-delà de nos frontières.
Tous ensemble, nous avons communié dans la pensée pour ces femmes et ces hommes qui ont donné leur vie pour la patrie, dans les heures les plus sombres de notre Histoire.
Lors des cérémonies commémorant, en Normandie, l'opération " overlord ", Jacques VICO a apporté son témoignage si émouvant. Nous l'avons tous en mémoire.
Quelques semaines après, dans le Vercors, le Premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN a rendu hommage à tous les Résistants.
Avec force, il a rappelé le rôle majeur des réseaux et des maquis. Il a réaffirmé ce que notre pays doit à la Résistance.
A Fréjus, votre Confédération a participé à la commémoration de l'opération " Dragon ", point de départ de l'offensive alliée en Provence et de sa prodigieuse remontée le long du couloir Rhodanien.
L'Histoire retient le rôle essentiel des Résistants dans cette progression fulgurante.
Partout et en tout lieu, nous avons ressenti l'importance des actions de la Résistance.
Au-delà des origines politiques, philosophiques et spirituelles, les Français Libres et les Résistants ont agi, ensemble, au péril de leur vie.
C'est pourquoi, sur tout le territoire, les hommages aux héros, aux victimes, aux fusillés, aux déportés, ont été si nombreux et nos concitoyens si présents.
Cette année, après la commémoration du 8 mai, la célébration de l'Appel du 18 juin au Palais de l'Elysée, à l'invitation du Président Jacques CHIRAC, a été pour votre délégation, l'occasion de constater l'attention que vous porte le Chef de l'Etat.
Ne doutez pas que les plus hautes autorités de la République ont pour vous respect et admiration et sont à votre écoute.
Toutes ces manifestations officielles traduisent l'importance que le gouvernement attache aux anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, et singulièrement aux Résistants.
Au côté de l'Etat, les associations et les collectivités locales ont participé activement au témoignage de reconnaissance de la Nation lors de manifestations souvent poignantes.
Dans ce contexte, je sais que votre association n'a pas ménagé ses efforts. Comme depuis plus d'un demi-siècle, vous vous mobilisez pour faire vivre et perpétuer la mémoire de votre action glorieuse.
Les unions et les associations départementales et régionales ont, elles aussi, beaucoup donné en temps et en énergie. Je les en remercie.
D'autant qu'à votre mission de gardien d'une page importante de notre Histoire, s'ajoute celle d'entraide morale et matérielle. Cela mérite aussi d'être salué.
S'agissant de la transmission de la mémoire, le Concours national de la Résistance et de la Déportation, que vous avez créé à la fin des années 50, est un rendez-vous majeur.
Il remporte un succès sans cesse croissant. Cette année, près de cinquante mille élèves y participent.
Ce sont autant de nouveaux "passeurs de mémoire" qui, à leur tour, pourront transmettre le souvenir et la signification de votre action.
Pour conforter cette volonté d'orienter nos efforts vers les jeunes, sera inauguré, en novembre prochain, le Centre européen du résistant déporté. Le Président de la République présidera la cérémonie.
La création de ce Centre sur le site même de l'ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof témoigne de la volonté du Gouvernement de rendre hommage aux victimes de la barbarie nazie. Ce nouveau musée contribuera à transmettre aux générations futures des valeurs de paix et d'humanisme, d'esprit de vigilance.
Ce sera un lieu essentiel pour la transmission de la mémoire de la Déportation. Nous le devons à vos camarades de la Résistance, femmes et hommes, qui ont été déportés dans l'enfer des camps de concentration et dont le souvenir ne devra jamais s'effacer.
Mesdames et Messieurs, au lendemain de cette grande épreuve, après avoir survécu à d'effroyables souffrances, vous avez poursuivi le noble but qui a toujours été le vôtre :
- sortir la France du gouffre
- retrouver la grandeur de la Patrie.
Après la guerre, vous avez inlassablement prôné les valeurs de l'humanisme, la démocratie et les droits de l'homme. Vous avez oeuvré à la reconstruction du pays. Nous ne l'oublions pas.
Votre combat traverse les époques, les modes. Il est et il sera toujours actuel. Jamais il ne sera achevé.
Monsieur le Président, vous avez judicieusement choisi le lieu de ce congrès. En effet, la Moselle a subi son lot de tragédies lors des dernières guerres.
La Lorraine, tout comme l'Alsace, ont vu, à plusieurs reprises, leur destin basculer.
Le cours de l'Histoire, pour ces deux régions, n'a pas été celui d'un long fleuve tranquille. Elles ont dramatiquement souffert et beaucoup donné à la France.
Je veux saluer le Premier ministre Pierre MESSMER. Il pourrait témoigner, mieux que moi, du sort singulier de ces terres martyrisées.
Son engagement, exemplaire, admirable, illustre l'indéfectible fidélité des Alsaciens et des Mosellans à la Patrie.
Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, vous avez abordé avec courage et responsabilité la question de l'avenir de votre Confédération.
Vous avez décidé de continuer à transmettre, avec détermination et efficacité, les valeurs de la Résistance et à délivrer aux générations nouvelles un message éveillant leur civisme et développant leurs connaissances.
En ce moment important, je vous assure que vous pourrez toujours compter sur mon soutien et sur ma disponibilité.
A vous tous, patriotes de la première heure, acteurs incontestés de la reconquête de notre liberté, je témoigne de mon profond respect.
Je vous remercie.
(Source http://www.defense.gouv.fr, le 15 novembre 2005)