Texte intégral
Messieurs les préfets,
Madame le recteur,
Monsieur le président (du conseil régional)
Messieurs les présidents et directeurs,
Madame le proviseur,
Mesdames et Messieurs,
Je suis très heureux d'être aujourd'hui parmi vous. J'en suis heureux à la fois comme amiénois et comme ministre de l'Éducation nationale !
Car la convention signée aujourd'hui entre des établissements d'enseignement supérieur et des lycées représente un pas important sur le chemin de l'égalité des chances en Picardie.
" Égalité des chances ", cette formule si souvent répétée veut dire une chose simple, qu'il est bon de rappeler : que chacun, quels que soient son lieu et son milieu de naissance, ait les mêmes chances de s'élever, par son propre mérite, dans l'échelle sociale.
C'est là tout le sens et toute la noblesse de l'École de la République !
Dans une République digne de ce nom, la naissance, la fortune, la religion, la couleur de peau, ne doivent en aucun cas être des critères déterminants dans la réussite ; seuls comptent le mérite et la motivation. Tel est notre idéal, tel est notre but.
Cette idée vaut que l'on se batte pour elle - et que l'on trouve des instruments nouveaux pour la rendre chaque jour un peu plus réelle.
Elle est le principe moteur de mon action.
Et j'entends mener cette bataille à tous les niveaux du système éducatif !
A l'école, en remettant la lecture, l'écriture et le calcul au centre des apprentissages fondamentaux.
Au collège, en vérifiant l'acquisition du " socle commun ", et en aidant les meilleurs élèves des quartiers défavorisés par l'attribution de bourses au mérite.
Au lycée, aussi, par un travail de fond sur l'orientation, qui nous permettra de construire le Schéma national d'orientation et d'insertion professionnelle, demandé par le Premier Ministre.
Je crois également, qu'il faut reprendre le dossier des Zones d'éducation prioritaires ; après 25 ans d'existence, elles montrent clairement des signes d'essoufflement. Il faut sans doute affiner le système. C'est également l'un des chantiers que j'ai devant moi.
En attendant d'avancer sur ce dossier nous devons aider les élèves qui n'accèdent pas encore suffisamment aux études supérieures.
Je rappellerai quelques chiffres : seuls 30 % des enfants d'ouvriers accèdent à l'enseignement supérieur, contre près de 80 % pour les enfants de cadres. Et dans les classes préparatoires aux grandes écoles, les étudiants issus de milieux modestes représentent à peine 15 % des effectifs. Ce sont des chiffres inquiétants.
Il est donc important que les établissements d'enseignement supérieur, écoles et universités prennent ce problème à bras le corps. Elles commencent à le faire et je suis heureux de voir que la Picardie, qui nous le savons tous, est particulièrement concernée par cette question, montre l'exemple !
L'académie d'Amiens a en effet mis sur pied, avec le soutien efficace des collectivités locales, et notamment de la Région, une véritable politique de réussite scolaire et de promotion sociale. Son " contrat d'objectifs ", sous tous ses aspects, est un instrument important au service de nos valeurs! Je tiens à saluer ici tous ceux qui participent à cette politique et la mèneront à bien.
La convention que vous signez aujourd'hui, et qui facilitera l'accès à l'enseignement supérieur des lycéens, est tout à fait conforme à cet idéal républicain !
Il ne s'agit pas de faire des concessions sur l'excellence, ni des exceptions aux règles communes (ce qui est d'une certaine manière l'esprit des politiques de " quotas "), mais de porter le plus de jeunes possible au niveau de l'excellence, quitte à mettre en place pour cela des moyens particuliers !
Loin de toute " discrimination positive ", il s'agit donc d'une politique d'équité, dans le respect des règles communes.
Cette action s'inscrit pleinement dans la politique du gouvernement.
Avec Jean-Louis BORLOO, j'ai invité les universités et les grandes écoles à imaginer de nouvelles voies pour améliorer l'accès des lycéens à l'enseignement supérieur.
François Goulard, ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche, et Azouz Begag, ministre délégué à l'égalité des chances, ont lancé un appel à projet doté de 3 millions d'euros pour accompagner les projets les plus ambitieux et les plus innovants.
A présent, les premières actions concrètes se mettent en place, comme le montrent l'Université Technologique de Compiègne, l'École Supérieure de Commerce d'Amiens et l'E.S.I.E.E. (école d'ingénieurs), qui s'engagent aujourd'hui, avec douze lycées de l'académie.
Aux termes de cette convention, les lycéens les plus motivés à rejoindre l'enseignement supérieur pourront bénéficier d'un tutorat, qui sera assuré par des enseignants ou des étudiants volontaires.
Ce nouveau " passeport " lycéens/étudiants nouera un lien très fort entre les élèves, les professeurs des lycées et le monde parfois un peu impressionnant de l'enseignement supérieur.
Il est capital de renforcer ce lien entre le secondaire et le supérieur ; cela passe par une information plus systématique sur les filières existantes et sur leurs débouchés, par une orientation plus claire, enfin par une attention plus soutenue aux élèves issus de familles modestes.
Je mesure l'effort supplémentaire que ce type d'expériences exige des enseignants. Je les en remercie par avance.
Il y a là une véritable exigence morale, -celle d'aider les meilleurs de nos élèves, d'où qu'ils viennent, à fournir les rangs de nos universités et de nos écoles.
Je souhaite vivement que cette expérience réussisse, et qu'elle fasse des émules, car elle nous montre un chemin : celui de la solidarité nationale et de l'excellence républicaine.
Aujourd'hui, vous posez la première pierre pour bâtir un système plus juste et plus généreux.
Je vous remercie.
(Source http://www.education.gouv.fr, le 25 octobre 2005)
Madame le recteur,
Monsieur le président (du conseil régional)
Messieurs les présidents et directeurs,
Madame le proviseur,
Mesdames et Messieurs,
Je suis très heureux d'être aujourd'hui parmi vous. J'en suis heureux à la fois comme amiénois et comme ministre de l'Éducation nationale !
Car la convention signée aujourd'hui entre des établissements d'enseignement supérieur et des lycées représente un pas important sur le chemin de l'égalité des chances en Picardie.
" Égalité des chances ", cette formule si souvent répétée veut dire une chose simple, qu'il est bon de rappeler : que chacun, quels que soient son lieu et son milieu de naissance, ait les mêmes chances de s'élever, par son propre mérite, dans l'échelle sociale.
C'est là tout le sens et toute la noblesse de l'École de la République !
Dans une République digne de ce nom, la naissance, la fortune, la religion, la couleur de peau, ne doivent en aucun cas être des critères déterminants dans la réussite ; seuls comptent le mérite et la motivation. Tel est notre idéal, tel est notre but.
Cette idée vaut que l'on se batte pour elle - et que l'on trouve des instruments nouveaux pour la rendre chaque jour un peu plus réelle.
Elle est le principe moteur de mon action.
Et j'entends mener cette bataille à tous les niveaux du système éducatif !
A l'école, en remettant la lecture, l'écriture et le calcul au centre des apprentissages fondamentaux.
Au collège, en vérifiant l'acquisition du " socle commun ", et en aidant les meilleurs élèves des quartiers défavorisés par l'attribution de bourses au mérite.
Au lycée, aussi, par un travail de fond sur l'orientation, qui nous permettra de construire le Schéma national d'orientation et d'insertion professionnelle, demandé par le Premier Ministre.
Je crois également, qu'il faut reprendre le dossier des Zones d'éducation prioritaires ; après 25 ans d'existence, elles montrent clairement des signes d'essoufflement. Il faut sans doute affiner le système. C'est également l'un des chantiers que j'ai devant moi.
En attendant d'avancer sur ce dossier nous devons aider les élèves qui n'accèdent pas encore suffisamment aux études supérieures.
Je rappellerai quelques chiffres : seuls 30 % des enfants d'ouvriers accèdent à l'enseignement supérieur, contre près de 80 % pour les enfants de cadres. Et dans les classes préparatoires aux grandes écoles, les étudiants issus de milieux modestes représentent à peine 15 % des effectifs. Ce sont des chiffres inquiétants.
Il est donc important que les établissements d'enseignement supérieur, écoles et universités prennent ce problème à bras le corps. Elles commencent à le faire et je suis heureux de voir que la Picardie, qui nous le savons tous, est particulièrement concernée par cette question, montre l'exemple !
L'académie d'Amiens a en effet mis sur pied, avec le soutien efficace des collectivités locales, et notamment de la Région, une véritable politique de réussite scolaire et de promotion sociale. Son " contrat d'objectifs ", sous tous ses aspects, est un instrument important au service de nos valeurs! Je tiens à saluer ici tous ceux qui participent à cette politique et la mèneront à bien.
La convention que vous signez aujourd'hui, et qui facilitera l'accès à l'enseignement supérieur des lycéens, est tout à fait conforme à cet idéal républicain !
Il ne s'agit pas de faire des concessions sur l'excellence, ni des exceptions aux règles communes (ce qui est d'une certaine manière l'esprit des politiques de " quotas "), mais de porter le plus de jeunes possible au niveau de l'excellence, quitte à mettre en place pour cela des moyens particuliers !
Loin de toute " discrimination positive ", il s'agit donc d'une politique d'équité, dans le respect des règles communes.
Cette action s'inscrit pleinement dans la politique du gouvernement.
Avec Jean-Louis BORLOO, j'ai invité les universités et les grandes écoles à imaginer de nouvelles voies pour améliorer l'accès des lycéens à l'enseignement supérieur.
François Goulard, ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche, et Azouz Begag, ministre délégué à l'égalité des chances, ont lancé un appel à projet doté de 3 millions d'euros pour accompagner les projets les plus ambitieux et les plus innovants.
A présent, les premières actions concrètes se mettent en place, comme le montrent l'Université Technologique de Compiègne, l'École Supérieure de Commerce d'Amiens et l'E.S.I.E.E. (école d'ingénieurs), qui s'engagent aujourd'hui, avec douze lycées de l'académie.
Aux termes de cette convention, les lycéens les plus motivés à rejoindre l'enseignement supérieur pourront bénéficier d'un tutorat, qui sera assuré par des enseignants ou des étudiants volontaires.
Ce nouveau " passeport " lycéens/étudiants nouera un lien très fort entre les élèves, les professeurs des lycées et le monde parfois un peu impressionnant de l'enseignement supérieur.
Il est capital de renforcer ce lien entre le secondaire et le supérieur ; cela passe par une information plus systématique sur les filières existantes et sur leurs débouchés, par une orientation plus claire, enfin par une attention plus soutenue aux élèves issus de familles modestes.
Je mesure l'effort supplémentaire que ce type d'expériences exige des enseignants. Je les en remercie par avance.
Il y a là une véritable exigence morale, -celle d'aider les meilleurs de nos élèves, d'où qu'ils viennent, à fournir les rangs de nos universités et de nos écoles.
Je souhaite vivement que cette expérience réussisse, et qu'elle fasse des émules, car elle nous montre un chemin : celui de la solidarité nationale et de l'excellence républicaine.
Aujourd'hui, vous posez la première pierre pour bâtir un système plus juste et plus généreux.
Je vous remercie.
(Source http://www.education.gouv.fr, le 25 octobre 2005)