Déclaration de Mme Marylise Lebranchu, secrétaire d'Etat aux PME au commerce et à l'artisanat, sur le passage à l'an 2000 des systèmes électroniques, Paris le 26 novembre 1998.

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Circonstance : Réunion gouvernementale sur le thème "Maîtrisons ensemble le passage à l'an 2000 des systèmes électroniques", Matignon, à Paris, le 26 novembre 1998

Texte intégral

Je ne reviendrai pas sur l'ensemble du diagnostic dressé par Gérard Théry, mais je voudrais simplement préciser en quoi, par mes fonctions, je suis particulièrement concernée.
Responsable des PME, du Commerce et de l'Artisanat, je sais les difficultés multiples auxquelles sont confrontés les chefs d'entreprise. Ils doivent faire face aux nécessités de la bonne marche de leur entreprise, trouver des clients, mettre au point des produits, maîtriser des processus de production, gérer du personnel, mais aussi traiter des questions aussi exceptionnelles et complexes que le passage à l'an 2000. Tous les responsables de PME ne sont pas conscients des problèmes informatiques, mais aussi et surtout, dans le cas des petites entreprises, des problèmes liés aux automatismes, c'est-à-dire à la bonne marche de l'outil de production. Tous n'ont pas pris les mesures nécessaires pour passer ce cap difficile. Tous ne le franchiront sans doute pas sans encombres ; sur 2,3 millions d'entreprises, il y aura nécessairement des " ratés ". Ma responsabilité est de faire en sorte que ces ratés soient les plus faibles possibles, et qu'ils n'aient pas de conséquences économiques majeures.
Notre devoir est d'abord d'informer largement toutes les entreprises. La mission Théry a réalisé un travail de diagnostic de grande qualité, mais celui-ci n'atteindra pas la plus grande partie des responsables de petites et moyennes entreprises. C'est pourquoi nous allons envoyer cette brochure à plus de 2,2 millions de PME. Chaque chef d'entreprise de moins de 200 salariés recevra donc une information précise et détaillée sur les questions qu'il doit se poser et sur la marche à suivre pour engager des travaux d'adaptation.
Avec Christian Pierret, nous allons mobiliser les acteurs de proximité, notamment les chambres de commerce et d'industrie et les chambres de métiers, pour qu'elles soient en mesure d'accompagner les chefs d'entreprise dans leur démarche.
Car ce dont les PME ont besoin, c'est d'un support technique.
J'ai demandé à la direction des entreprises du commerce, de l'artisanat et des services d'organiser avec les professions et les fabricants d'équipements une mobilisation ciblée des acteurs : Je souhaite tenir une vingtaine de réunions associant utilisateurs et fournisseurs de systèmes électroniques. Le message y gagnera en précision, en préconisation, il sera mieux entendu. Ainsi, par exemple, nous réunirons les boulangers et les fabricants de fours, les chauffeurs de taxis et les fabricants de compteurs et nous pourrons dire aux artisans boulangers et aux chauffeurs de taxis quels appareils sont concernés, et leur indiquer le nom de correspondants chez les fabricants.
Ainsi, nous faciliterons l'échange d'informations pour sensibiliser les chefs d'entreprise et les conduire à assurer le passage à l'an 2000 de leur outil de travail.
Je suis également Ministre de la consommation et le passage à l'an 2000 concerne aussi les consommateurs. Leur protection à l'égard de la publicité mensongère fait partie entre autres de mes responsabilités. J'ai demandé à la DGCCRF de porter une attention toute particulière au cours de l'année 1999 aux produits qui seront vendus comme compatibles avec l'an 2000. Elle inscrira cette préoccupation dans son programme d'enquête. Plus largement, je lui ai demandé d'intégrer dans sa préoccupation de sécurité des produits la question de l'an 2000. Ce travail débute, il entraînera un dialogue avec les fabricants d'appareils électroménagers, de chauffage, les constructeurs automobile pour déterminer l'ampleur des difficultés prévisibles et les moyens d'y répondre.
Pour être absolument prévisible, l'an 2000 n'est pas une échéance facile. Il est de ma responsabilité d'alerter les responsables de PME de cette difficulté, de mobiliser les acteurs qui ont un contact régulier avec ces entreprises. Il est de ma responsabilité d'organiser la mobilisation des acteurs sur ce thème pour que tous ensemble nous puissions franchir ce cap dans de bonnes conditions.

(source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 7 septembre 2001)