Texte intégral
Monsieur le directeur,
Mesdames et Messieurs,
C'est effectivement la quatrième fois que je vous accueille à l'Hôtel de Brienne pour la remise du Prix d'Histoire Militaire, et c'est toujours pour moi un grand plaisir.
Je me réjouis de ces rendez-vous désormais réguliers, qui me donne l'occasion de renouer avec le monde universitaire.
Ce moment est aussi une occasion de rappeler l'intérêt et l'importance du travail que mène, depuis plus de dix ans, le Centre d'Etudes d'Histoire de la Défense.
L'histoire de la défense offre aux décideurs civils et militaires l'occasion de mettre leurs actions dans une perspective historique.
Elle apporte une lecture scientifique et objective des événements. Elle complète ainsi le travail de mémoire de notre pays.
Elle contribue de ce fait à renforcer les liens entre la Nation et son armée, fonction d'une importance accrue depuis la suspension du service national.
Ce sont autant de raisons pour le ministère de la Défense d'agir avec dynamisme et ambition pour l'histoire, comme il le fait vis-à-vis de son patrimoine.
Depuis janvier 2005, le Service historique de la Défense est désormais l'organisme unique chargé de la collecte, de la conservation et de la gestion des archives de la défense.
Installé à Vincennes, aux côtés du Centre d'Etudes d'Histoire de la Défense, il constitue un véritable pôle culturel à vocation historique.
Parce qu'il est essentiel que notre histoire s'enrichisse continuellement de nouvelles analyses, le ministère encourage également, par l'intermédiaire du CEHD, la recherche en histoire de la défense.
La cérémonie qui nous réunit vient ainsi chaque année concrétiser cette volonté, cette politique, en récompensant les hommes et les femmes qui se penchent sur notre histoire militaire avec une grande rigueur et le plus grand talent.
Aujourd'hui, ce sont en l'occurrence un homme et une femme dont nous saluons l'excellence : Erwan PORTE et Martina SCHIAVON.
Leurs travaux ont ceci de particulier qu'ils prouvent que l'histoire militaire est loin de se limiter à l'étude des batailles et des guerres.
Martina SCHIAVON n'est malheureusement pas des nôtres aujourd'hui, mais son absence est due au plus heureux des événements.
Je dois dire que j'admire le fait qu'elle ait accouché d'une petite fille après avoir déjà accouché d'une thèse !
La thèse de Mme SCHIAVON est une approche très originale, entre histoire et science, des techniques et instruments de la précision.
Vous l'avez dit, Monsieur le directeur, récompenser les travaux d'une italienne ayant rédigé sa thèse en français est une preuve supplémentaire et un signal fort de notre ouverture sur l'Europe.
Les mots que Mme SCHIAVON emploie pour parler de la France ne peuvent que nous conforter dans cette démarche d'ouverture.
Elle décrit ainsi notre pays : « ma deuxième patrie, école où j'ai appris mon métier, terre où je me suis ouverte au monde ».
Dans votre cas, Erwan PORTE, vous vous êtes penché sur la représentation de la guerre, et plus particulièrement sur ce qu'elle pouvait être à une époque sans photographie ni caméras.
Il en ressort un mémoire de grande qualité sur les aquarelles de Bagetti, représentant la campagne d'Italie de Napoléon.
Alors que nous venons de célébrer une des grandes victoires napoléoniennes, c'est une contribution importante.
Je tiens à féliciter personnellement nos deux lauréats.
Le prix que j'ai le plaisir de leur remettre aujourd'hui est une juste récompense de leurs travaux, auxquels ils ont consacré beaucoup de temps et d'énergie.
Cette thèse et ce mémoire contribuent à une meilleure connaissance de la dimension historique des questions de défense.
Au-delà, ils sont une pierre à l'édifice que constitue l'histoire de notre pays.
Je vous remercieSource http://www.défense.gouv.fr, le 6 février 2006