Texte intégral
ARTICLE DU SECRETAIRE D'ETAT AU COMMERCE EXTERIEUR,
M. FRANCOIS HUWART,
DANS "LES ECHOS"
(Paris, 19 février 2001)
L'année 2000 a été un excellent millésime pour notre commerce extérieur. C'est même une année record car, pour la première fois, les exportations ont dépassé le seuil des 2.000 milliards de francs.
En pourcentage, elles ont progressé de 13,8 %, contre 3 % en 1999. C'est un record par grands secteurs. Nos ventes ont connu une accélération à la fois dans les domaines où la France détient des avantages comparatifs reconnus, comme l'agroalimentaire, les parfums, l'automobile, la construction navale, l'aéronautique, - les ventes d'Airbus dépassent en valeur de 14 % leur performance de 1999 -, et dans les secteurs porteurs d'avenir, les NTIC : les exportations de téléphonie mobile et de radiocommunication qui enregistrent une progression spectaculaire d'environ 60 %. C'est aussi un record sur le plan géographique. Nos exportations sont très dynamiques vers toutes les zones, sans exception : elles progressent de plus de 11 % vers la zone euro, de 30 % vers les Etats-Unis, de 25 % vers l'Asie émergente, avec des pointes à 60 % pour certains pays, par exemple la Corée, et de 31 % vers l'Amérique latine.
Un bon résultat du commerce extérieur, c'est aussi un résultat dans lequel les entreprises se positionnent bien par rapport à leurs principaux concurrents. C'est le cas en 2000 : notre part de marché relative en volume par rapport aux pays industrialisés s'accroît, alors que celles du Royaume-Uni et celle de l'Italie baissent, et que celle de l'Allemagne aurait même légèrement diminué au cours de l'année 2000. Cela veut dire que la France profite pleinement du dynamisme du commerce mondial, qu'elle n'a rien à envier à nos principaux partenaires et qu'elle est compétitive par ses coûts, par ses prix, compétitive aussi par la qualité et la variété de ses produits.
Nos importations, indépendamment du pétrole, ont elles aussi progressé vivement, de 16,8 %, après 5,0 % en 1999. La vigueur de la demande intérieure, plus importante que chez nos partenaires de la zone euro, l'Allemagne et l'Italie, a soutenu les importations. C'est la preuve de la bonne santé de notre économie ; c'est aussi l'assurance de notre santé future. Les entreprises ont en effet poursuivi leurs efforts d'investissement pour accroître leurs capacités d'offre et accélérer le renouvellement et la modernisation de leurs équipements.
La consommation des ménages s'est raffermie au dernier trimestre de l'année et progresse finalement à un rythme soutenu en 2000 comme en 1999. Il faut se féliciter de la forte croissance des importations de biens liés aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Elle est un très bon signe, signe du renforcement de notre stock de nouvelles technologies. Il y a maintenant en France presque 8,5 millions d'internautes, 47 % de plus que l'an dernier.
L'excédent commercial est effectivement en forte réduction par rapport à l'année précédente : il s'établit à 13 MdF, contre 109 MdF l'année précédente. Mais c'est l'arbre qui ne doit pas cacher la forêt des échanges, c'est-à-dire les 4.200 milliards d'exportations et d'importations. La réduction de l'excédent est avant tout la conséquence de l'alourdissement de la facture énergétique. Le prix du pétrole est passé de 17,8 dollars à 28,4 dollars le baril en moyenne sur l'année, et est revenu à des niveaux qu'il n'avait pas atteints depuis quinze ans. Notre facture pétrolière a, dans ces conditions, pratiquement doublé, augmentant de plus de 75 milliards de francs. Il y a quinze ans, elle se serait alourdie du double, mais nous avons depuis lors fortement réduit notre dépendance énergétique. La réduction de l'excédent commercial provient aussi, pour une faible part, d'autres facteurs, la hausse des prix des métaux importés (cuivre, nickel, aluminium) pour 10 milliards de francs, et, je l'ai signalé, une vive progression des importations de nouvelles technologies.
Ceux qui ne regardent que l'arbre du solde commercial doivent aussi considérer la forêt des services. La France renforce encore ses performances, notamment dans le tourisme et les activités de conseil aux entreprises. L'excédent du poste voyages se renforce continuellement depuis 1996, pour atteindre plus de 84 milliards de francs sur les onze premiers mois de l'année 2000.
Au total, la balance courante, qui recouvre principalement l'excédent des biens et des services, reste largement excédentaire et devrait atteindre 1,9 % du point du PIB en 2000. Faut-il rappeler qu'elle sera déficitaire pour l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne ?
Pour 2001, les perspectives sont encourageantes. L'économie américaine connaît, certes, depuis quelques mois, un ralentissement : la "Fed" a montré sa capacité de réaction avec une baisse de 1 point de ses taux en un mois, et le gouvernement américain dispose de marges de manuvre fiscales importantes, qu'il va utiliser. Il faut être aussi très confiant pour l'économie européenne et en particulier l'économie française. D'importantes réformes structurelles sur le marché du travail et le marché des biens ont été engagées et mises en uvre, la demande interne est là pour compléter la demande externe. La pression pétrolière s'est stabilisée. Le gouvernement français a plaidé, à l'automne dernier, lors du Forum international de l'énergie à Riyad, pour un dialogue constructif entre producteurs et consommateurs, afin d'assurer la stabilité du prix du pétrole entre 22 et 28 dollars le baril. Mon récent voyage en Arabie saoudite m'a montré que ce pays souhaite, à long terme, jouer un rôle stabilisateur. Notre facture énergétique devrait donc s'alléger d'environ 20 milliards en 2001 par rapport à 2000, sous l'hypothèse d'un prix du baril à 25,0 dollars. Enfin, le commerce mondial de marchandises devrait rester dynamique en 2001, probablement moins qu'en 2000, compte tenu du ralentissement américain, mais sa progression entre 7-8 % devrait néanmoins rester plus forte que sa progression moyenne de la dernière décennie. L'année 2000 a été pour la France, et c'est l'objectif principal du gouvernement, une année record avec 600.000 créations d'emplois. Elle a été aussi une année exceptionnelle pour nos exportations de biens et de services. Il faut rapprocher ces chiffres : ils montrent en effet que l'internationalisation de notre économie est la dimension durable de notre croissance.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 février 2001)
M. FRANCOIS HUWART,
DANS "LES ECHOS"
(Paris, 19 février 2001)
L'année 2000 a été un excellent millésime pour notre commerce extérieur. C'est même une année record car, pour la première fois, les exportations ont dépassé le seuil des 2.000 milliards de francs.
En pourcentage, elles ont progressé de 13,8 %, contre 3 % en 1999. C'est un record par grands secteurs. Nos ventes ont connu une accélération à la fois dans les domaines où la France détient des avantages comparatifs reconnus, comme l'agroalimentaire, les parfums, l'automobile, la construction navale, l'aéronautique, - les ventes d'Airbus dépassent en valeur de 14 % leur performance de 1999 -, et dans les secteurs porteurs d'avenir, les NTIC : les exportations de téléphonie mobile et de radiocommunication qui enregistrent une progression spectaculaire d'environ 60 %. C'est aussi un record sur le plan géographique. Nos exportations sont très dynamiques vers toutes les zones, sans exception : elles progressent de plus de 11 % vers la zone euro, de 30 % vers les Etats-Unis, de 25 % vers l'Asie émergente, avec des pointes à 60 % pour certains pays, par exemple la Corée, et de 31 % vers l'Amérique latine.
Un bon résultat du commerce extérieur, c'est aussi un résultat dans lequel les entreprises se positionnent bien par rapport à leurs principaux concurrents. C'est le cas en 2000 : notre part de marché relative en volume par rapport aux pays industrialisés s'accroît, alors que celles du Royaume-Uni et celle de l'Italie baissent, et que celle de l'Allemagne aurait même légèrement diminué au cours de l'année 2000. Cela veut dire que la France profite pleinement du dynamisme du commerce mondial, qu'elle n'a rien à envier à nos principaux partenaires et qu'elle est compétitive par ses coûts, par ses prix, compétitive aussi par la qualité et la variété de ses produits.
Nos importations, indépendamment du pétrole, ont elles aussi progressé vivement, de 16,8 %, après 5,0 % en 1999. La vigueur de la demande intérieure, plus importante que chez nos partenaires de la zone euro, l'Allemagne et l'Italie, a soutenu les importations. C'est la preuve de la bonne santé de notre économie ; c'est aussi l'assurance de notre santé future. Les entreprises ont en effet poursuivi leurs efforts d'investissement pour accroître leurs capacités d'offre et accélérer le renouvellement et la modernisation de leurs équipements.
La consommation des ménages s'est raffermie au dernier trimestre de l'année et progresse finalement à un rythme soutenu en 2000 comme en 1999. Il faut se féliciter de la forte croissance des importations de biens liés aux nouvelles technologies de l'information et de la communication. Elle est un très bon signe, signe du renforcement de notre stock de nouvelles technologies. Il y a maintenant en France presque 8,5 millions d'internautes, 47 % de plus que l'an dernier.
L'excédent commercial est effectivement en forte réduction par rapport à l'année précédente : il s'établit à 13 MdF, contre 109 MdF l'année précédente. Mais c'est l'arbre qui ne doit pas cacher la forêt des échanges, c'est-à-dire les 4.200 milliards d'exportations et d'importations. La réduction de l'excédent est avant tout la conséquence de l'alourdissement de la facture énergétique. Le prix du pétrole est passé de 17,8 dollars à 28,4 dollars le baril en moyenne sur l'année, et est revenu à des niveaux qu'il n'avait pas atteints depuis quinze ans. Notre facture pétrolière a, dans ces conditions, pratiquement doublé, augmentant de plus de 75 milliards de francs. Il y a quinze ans, elle se serait alourdie du double, mais nous avons depuis lors fortement réduit notre dépendance énergétique. La réduction de l'excédent commercial provient aussi, pour une faible part, d'autres facteurs, la hausse des prix des métaux importés (cuivre, nickel, aluminium) pour 10 milliards de francs, et, je l'ai signalé, une vive progression des importations de nouvelles technologies.
Ceux qui ne regardent que l'arbre du solde commercial doivent aussi considérer la forêt des services. La France renforce encore ses performances, notamment dans le tourisme et les activités de conseil aux entreprises. L'excédent du poste voyages se renforce continuellement depuis 1996, pour atteindre plus de 84 milliards de francs sur les onze premiers mois de l'année 2000.
Au total, la balance courante, qui recouvre principalement l'excédent des biens et des services, reste largement excédentaire et devrait atteindre 1,9 % du point du PIB en 2000. Faut-il rappeler qu'elle sera déficitaire pour l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne ?
Pour 2001, les perspectives sont encourageantes. L'économie américaine connaît, certes, depuis quelques mois, un ralentissement : la "Fed" a montré sa capacité de réaction avec une baisse de 1 point de ses taux en un mois, et le gouvernement américain dispose de marges de manuvre fiscales importantes, qu'il va utiliser. Il faut être aussi très confiant pour l'économie européenne et en particulier l'économie française. D'importantes réformes structurelles sur le marché du travail et le marché des biens ont été engagées et mises en uvre, la demande interne est là pour compléter la demande externe. La pression pétrolière s'est stabilisée. Le gouvernement français a plaidé, à l'automne dernier, lors du Forum international de l'énergie à Riyad, pour un dialogue constructif entre producteurs et consommateurs, afin d'assurer la stabilité du prix du pétrole entre 22 et 28 dollars le baril. Mon récent voyage en Arabie saoudite m'a montré que ce pays souhaite, à long terme, jouer un rôle stabilisateur. Notre facture énergétique devrait donc s'alléger d'environ 20 milliards en 2001 par rapport à 2000, sous l'hypothèse d'un prix du baril à 25,0 dollars. Enfin, le commerce mondial de marchandises devrait rester dynamique en 2001, probablement moins qu'en 2000, compte tenu du ralentissement américain, mais sa progression entre 7-8 % devrait néanmoins rester plus forte que sa progression moyenne de la dernière décennie. L'année 2000 a été pour la France, et c'est l'objectif principal du gouvernement, une année record avec 600.000 créations d'emplois. Elle a été aussi une année exceptionnelle pour nos exportations de biens et de services. Il faut rapprocher ces chiffres : ils montrent en effet que l'internationalisation de notre économie est la dimension durable de notre croissance.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 février 2001)