Texte intégral
Alors que ce tiennent les journées parlementaires de l'UDF, le président du groupe centriste reproche à Jacques Chirac d'avoir augmenté d'un tiers l'endettement du pays en cinq ans.
Quel est votre état d'esprit à l'approche du débat budgétaire ?
Je suis très sceptique. Tout l'édifice repose sur une hypothèse de croissance extrêmement optimiste et sur des recettes budgétaires plus qu'absorbées par les promesses et les cadeaux du gouvernement Villepin. Entre les réductions d'impôts annoncées en 2005, les intérêts de la dette, les gazelles, le chèque transport ou, entre autres, les réductions de cotisation sociale, il y a au moins 15 milliards d'euros de non-recettes ou de dépenses supplémentaires. Il faut encore y ajouter la situation dramatique d'une sécurité sociale dont le besoin de financement, tous régimes confondus, atteint 12 milliards. Jacques Chirac a beau répéter qu'il n'est pas bon d'endetter les générations futures, il aura tout de même réussi l'exploit d'être le président qui aura augmenté d'un tiers l'endettement du pays en cinq ans.
Le gouvernement table sur un déficit budgétaire inférieur à 43 milliards en 2007, contre 47 milliards dans le budget 2006...
L'euro perturbe nos références : 43 milliards d'euros, c'est presque 300 milliards de francs ! J'ai été élu en 2002 en affichant mon appartenance à la majorité présidentielle. Pendant cette campagne, j'ai répété que l'on ne pouvait avoir des taux de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires très élevés, qui plus est dans le pays qui travaille le moins en Europe. La réalité, c'est que nous ne sommes pas sortis du carcan des 35 heures, que nous avons accru les déficits et l'endettement, augmenté les prélèvements obligatoires et la dépense publique. Et jamais nous ne nous sommes attaqués à la réforme de l'Etat, préférant compliquer à l'excès, avec les lois de décentralisation Raffarin, l'ensemble de la structure administrative.
Quelles seraient vos priorités ?
Le prochain gouvernement devra fixer deux règles d'airain : l'obligation de l'équilibre de fonctionnement du Budget de l'Etat d'abord ; la stabilité des règles ensuite, parce que l'instabilité juridique et fiscale est un frein majeur à l'investissement. De plus le financement de la sécurité sociale ne doit plus seulement peser sur le travail. Nous proposerons une réduction massive des cotisations sociales pour tous les salaires, et pas seulement à hauteur du SMIC, qui sera compensée par l'introduction d'une TVA sociale, une nouvelle fiscalité environnementale, un prélèvement très faible sur les flux financiers et probablement un peu de CSG. Il faudra aussi s'attaquer à l'impôt de solidarité sur la fortune, qui contribue surtout à enrichir les Belges, les contribuables français préférant quitter le territoire. Tous ces éléments occuperont une place de choix dans le programme de François Bayrou.
Votre vote sur le budget est-il conditionné à un certain nombre d'amendements ?
Ce sera au groupe UDF de décider. Reste que pour ce budget là, l'essentiel des mesures avaient déjà été annoncées l'année dernière et on y trouve peu d'éléments nouveaux. Si l'on considère qu'il est dans la continuité du budget 2006, ce sera un vote contre. Sinon, ce sera une abstention critique. Mais je ne vois pas, ce qui pourrait nous convaincre de voter ce budget...
Source http://www.udf.org, le 27 septembre 2006
Quel est votre état d'esprit à l'approche du débat budgétaire ?
Je suis très sceptique. Tout l'édifice repose sur une hypothèse de croissance extrêmement optimiste et sur des recettes budgétaires plus qu'absorbées par les promesses et les cadeaux du gouvernement Villepin. Entre les réductions d'impôts annoncées en 2005, les intérêts de la dette, les gazelles, le chèque transport ou, entre autres, les réductions de cotisation sociale, il y a au moins 15 milliards d'euros de non-recettes ou de dépenses supplémentaires. Il faut encore y ajouter la situation dramatique d'une sécurité sociale dont le besoin de financement, tous régimes confondus, atteint 12 milliards. Jacques Chirac a beau répéter qu'il n'est pas bon d'endetter les générations futures, il aura tout de même réussi l'exploit d'être le président qui aura augmenté d'un tiers l'endettement du pays en cinq ans.
Le gouvernement table sur un déficit budgétaire inférieur à 43 milliards en 2007, contre 47 milliards dans le budget 2006...
L'euro perturbe nos références : 43 milliards d'euros, c'est presque 300 milliards de francs ! J'ai été élu en 2002 en affichant mon appartenance à la majorité présidentielle. Pendant cette campagne, j'ai répété que l'on ne pouvait avoir des taux de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires très élevés, qui plus est dans le pays qui travaille le moins en Europe. La réalité, c'est que nous ne sommes pas sortis du carcan des 35 heures, que nous avons accru les déficits et l'endettement, augmenté les prélèvements obligatoires et la dépense publique. Et jamais nous ne nous sommes attaqués à la réforme de l'Etat, préférant compliquer à l'excès, avec les lois de décentralisation Raffarin, l'ensemble de la structure administrative.
Quelles seraient vos priorités ?
Le prochain gouvernement devra fixer deux règles d'airain : l'obligation de l'équilibre de fonctionnement du Budget de l'Etat d'abord ; la stabilité des règles ensuite, parce que l'instabilité juridique et fiscale est un frein majeur à l'investissement. De plus le financement de la sécurité sociale ne doit plus seulement peser sur le travail. Nous proposerons une réduction massive des cotisations sociales pour tous les salaires, et pas seulement à hauteur du SMIC, qui sera compensée par l'introduction d'une TVA sociale, une nouvelle fiscalité environnementale, un prélèvement très faible sur les flux financiers et probablement un peu de CSG. Il faudra aussi s'attaquer à l'impôt de solidarité sur la fortune, qui contribue surtout à enrichir les Belges, les contribuables français préférant quitter le territoire. Tous ces éléments occuperont une place de choix dans le programme de François Bayrou.
Votre vote sur le budget est-il conditionné à un certain nombre d'amendements ?
Ce sera au groupe UDF de décider. Reste que pour ce budget là, l'essentiel des mesures avaient déjà été annoncées l'année dernière et on y trouve peu d'éléments nouveaux. Si l'on considère qu'il est dans la continuité du budget 2006, ce sera un vote contre. Sinon, ce sera une abstention critique. Mais je ne vois pas, ce qui pourrait nous convaincre de voter ce budget...
Source http://www.udf.org, le 27 septembre 2006