Texte intégral
Monsieur le Ministre
Madame Messieurs les Parlementaires,
Chers Amis,
En ce début d'année et selon une tradition bien établie, je vous présenterai dans quelques instants mes voeux les plus sincères et les plus chaleureux pour cette année 2007.
Mais je voudrais auparavant revenir sur quelques éléments marquants de 2006 et vous parler..., une fois n'est pas coutume, de politique.
Notre fil rouge, vous le savez, c'est l'intérêt des PME. Nous estimons que ceux qui prennent des risques méritent qu'on se batte pour eux.
Alors même si nous avons ensemble résolument positionné la CGPME dans le camp de ceux qui proposent , de ceux qui réagissent plutôt que dans celui de ceux qui se contentent de protester ou de geindre, nous restons et nous resterons, une force d'action.
La CGPME, faut-il le rappeler, est présente dans tous les départements français de métropole ou d'Outre-Mer. Notre organisation est même, et de loin, la première force patronale de Polynésie !
Ceux qui l'avaient oublié, maintenant s'en souviennent. Permettez-moi à ce propos de vous raconter ici une anecdote qui je l'avoue, a été pour moi un moment de plaisir. Il y'a de cela quelques mois en arrivant à Bercy j'ai été accueilli par un ministre du budget me lançant en guise de mot d'accueil cette formule, légèrement remaniée en langage diplomatique, « Monsieur le Président, quel foutoir vous avez mis ! Il faut arrêter cela »
Vous l'aurez compris il parlait de la Taxe sur les Véhicules de Société (TVS) pour laquelle je n'ai pas peur de le dire nous avons fait reculer le gouvernement. Mais là n'est pas notre, votre, victoire. Le véritable succès c'est d'avoir préservé nos PME d'une augmentation d'une taxe inique qui frappe des véhicules qui ne nous appartiennent même pas !
Vous vous êtes forcement mobilisé, à travers toute la France pour alerter vos élus. Vous avez fait remonter plus de 35 000 pétitions. Belle leçon d'engagement et de militantisme. Ce combat était juste, nous l'avons remporté ensemble.
Les parlementaires ne nous en ont visiblement pas gardé rigueur. Pour la 2ème année consécutive, ils nous ont placés en tête des fédérations professionnelles les plus efficaces, en nous attribuant, par vote, le « Trophée des Relations Institutionnelles ». Je m'en réjouis car cela démontre que le sens de notre action, au service de la Nation tout entière, est bien compris tel quel.
J'enrage d'autant plus, comme chacun de vous j'en suis sûr, quand certains tentent de faire l'amalgame entre les rémunérations indécentes d'une minorité de patrons qui ont perdu le sens de la mesure, et celles de la grande majorité des patrons de grandes entreprises comme de PME. L'enquête que la CGPME a réalisée en décembre avec l'INSEE, en partenariat avec le Journal La Tribune, aura permis de « remettre les pendules à l'heure ». Non, nous ne sommes pas des nababs dotés de golden parachute. Oui, notre rémunération est bien souvent inférieure à celles d'un cadre d'un grand groupe alors que nous prenons, à titre personnel, des risques sans commune mesure !
Le problème, à nos yeux, ne vient pas tant du niveau de revenu que du niveau de risque que l'on met en face. Il est normal que ceux qui créent des richesses s'enrichissent. Il est choquant que ceux qui échouent en soient récompensés. En disant cela, notre crédibilité nous la tirons de la réalité et non d'un quelconque pseudo code de bonne conduite !
Je n'oublie pas non plus que parmi les valeurs que nous défendons figure celle du partage. Ceux qui partagent au quotidien l'aventure entrepreneuriale doivent être associés à ces succès. L'esprit d'équipe qui nous anime doit se traduire en acte sans quoi la motivation, et c'est normal, s'émousse au fil du temps. C'est pourquoi nous l'avons dit, et je le répète aujourd'hui, nous sommes favorables à l'intéressement. A l'inverse nous sommes radicalement opposés à ce qu'il devienne obligatoire pour les entreprises de moins de 50 salariés ! Inciter plutôt qu'obliger est un de nos leitmotiv.
Cette obsession a conduit notre position pendant toute la négociation interprofessionnelle sur la diversité. Accepter la différence c'est apprendre à se connaître, à travailler ensemble. Instaurer une norme, pire un quota, aurait été le meilleur moyen d'exacerber les tensions en alimentant un sentiment d'incompréhension mutuelle.
Nous pensons, nous, que par le dialogue on parvient à solutionner bien des problèmes. Cela explique donc la position de la CGPME dans les débats sur la représentativité syndicale. Oui, les critères de représentativité doivent évoluer ! Mais baser la représentativité sur le seul résultat d'élections professionnelles, reviendrait à nier la légitimité issue du nombre réel d'adhérent et rentrer dans une spirale électoraliste propre à toutes les surenchères. Nous sommes opposés à la politisation des organisations syndicales ! Et si vraiment on veut redynamiser le dialogue social dans les entreprises la solution nous l'avons : qu'on laisse, en l'absence d'élus syndicaux, les représentants élus du personnel conclure des accords dans l'entreprise !
Nous ne nions en aucune façon, bien au contraire, le rôle des partenaires sociaux et nous
sommes des partisans du paritarisme. Mais croit-on sérieusement que confier les clés de
l'UNEDIC à l'état en fusionnant avec l'ANPE, améliorerait les choses ? L'état est-il si bon
gestionnaire ?
Le paritarisme nous le vivons au travers de nombreux régimes. La place qu'occupe l'AGEFOS-PME dans le système de formation continue suffit à démontrer notre niveau d'engagement. La montée en puissance du Contrat de Professionnalisation, plus de 200 000 contrats ont été signés, nous l'avons largement accompagné. Et nous continuerons. Bientôt vous verrez d'ailleurs sur vos écrans de télévision une campagne CGPME sur ce thème.
Vous entendrez moins parler de l'engagement de la CGPME en faveur de l'innovation et pourtant, croyez moi, nous y consacrons du temps et de l'énergie.
Je le répète sans cesse : la France doit maintenant ratifier l'accord de Londres. Diminuer le coût du dépôt de brevet est impératif si l'on veut que les PME protègent leurs innovations.
Autre nécessité, l'Europe doit exiger de l'OMC la possibilité de favoriser l'accès aux marchés publics de ses PME. Ce qui est possible aux Etats-Unis, en Corée ou au Japon doit l'être en France. La CGPME s'est fortement engagée à Bruxelles sur ce thème et nous avons même réuni l'intergroupe PME au Parlement européen pour en débattre.
Préparer l'avenir c'est également préserver l'environnement sans pour autant sacrifier la compétitivité de nos entreprises. La nouvelle Commission Environnement et Développement durable aura cette délicate mission !
Venons en maintenant, si vous le voulez bien, aux prochaines échéances électorales. Les élections présidentielles sont cruciales pour l'avenir de notre pays mais également de nos entreprises. De son issue dépendra les grandes orientations politiques qui façonneront pour une bonne partie notre environnement économique et social de demain.
Or du pouvoir d'achat au dialogue social, de la formation des jeunes à l'emploi, de la fiscalité à la protection sociale, du travail manuel à l'innovation, de l'environnement à l'Europe, quels que soient les sujets, les entreprises sont au centre de la vie de nos concitoyens.
Aussi, il me parait légitime qu'à l'heure de se déterminer pour choisir celui ou celle qui assumera la magistrature suprême, la CGPME, se fasse l'écho des interrogations des PME.
Nous professons en effet des valeurs d'effort, de liberté, d'initiative et de partage et, à ce titre, nous revendiquons un libéralisme tempéré.
Mais je le r??pète car je le dis souvent, nous ne sommes pas une organisation politique.
Eclairer le choix des chefs d'entreprise pour que chacun se prononce, selon ses convictions, mais en toute connaissance de cause, c'est ainsi que nous concevons le rôle d'une organisation telle que la nôtre.
C'est dans cet état d'esprit que nous avons pris l'initiative d'interroger les candidats à l'élection présidentielle, sur les enjeux clefs pour les PME de ce scrutin.
Nous avons également invité les principaux candidats à venir dialoguer avec nous.
Nicolas Sarkozy, candidat investi dimanche par l'UMP, nous a fait part de son accord. Nous le recevrons mercredi 24 janvier à 16h, à l'Espace Cardin. Il effectuera là sa première « sortie » en tant que candidat officiel, à la rencontre des patrons de PME. Vous êtes naturellement tous invités.
Nous attendons la réponse, qui je dois dire tarde un peu de Madame Royal, candidate investie par le PS en ne doutant pas un seul instant de sa réponse positive. Refuser le dialogue avec ceux qui font la croissance et l'emploi en France serait incompréhensible ! Qu'on soit de droite ou de gauche et qu'on le veuille ou non, on ne peut se passer des petites entreprises !
Je souhaite simplement qu'en 2007, personne ne l'oublie et c'est là le voeu collectif que je formule en notre nom à tous. Il y va de l'intérêt de nos entreprises, de l'augmentation de la croissance, du développement de l'emploi en un mot de l'intérêt de la France.Source http://www.cgpme.org, le 26 janvier 2007