Texte intégral
Q - Monsieur Bernard Kouchner, bienvenue à Jérusalem. Nous espérons que votre visite sera couronnée de succès. Pouvez-vous nous donner des précisions sur l'objet de cette visite à ce moment précis ?
R - L'objectif de cette visite est que la France fasse partie du Processus de paix, de le pousser plus avant et de participer au vieux rêve que je poursuis depuis de longues années, depuis 35 ans, qui est la création d'un Etat palestinien vivant côte à côte avec Israël, en sécurité et entretenant avec lui de bonnes relations.
Le but de ma visite est également d'aider nos amis palestiniens et israéliens en restant à l'écoute, particulièrement en ce moment où les choses commencent à évoluer dans le bon sens. Il semblerait que la réunion qui s'est tenue, il y a quelques jours entre le Premier ministre Ehoud Olmert, le président Abou Mazen et le Premier ministre Salam Fayyad, témoigne d'une évolution dans l'horizon politique. Les deux parties ont discuté en tête-à-tête de l'avenir, ce qui témoigne d'une dynamique sérieuse et réelle. Mais les deux parties doivent s'accepter mutuellement. C'est cela qui est important.
Il existe un mouvement en faveur de la tenue de la conférence à l'invitation de Washington en novembre. Nous n'en connaissons pas le cadre, mais l'important est que les intentions sont bonnes.
Q - Comment évaluez-vous les relations franco-palestiniennes en ce moment ? Et comment le gouvernement français entend-t-il soutenir le président Mahmoud Abbas et son gouvernement ?
R - Les relations franco-palestiniennes sont très bonnes et je pense que ces relations se sont développées ces deux dernières années, ces derniers mois, en particulier depuis la dernière crise inter-palestinienne entre le Fatah et le Hamas.
Nous avons fourni immédiatement une aide budgétaire de 15 millions d'euros. Le Premier ministre Salam Fayyad est une personnalité remarquable, qui consacre tous ses efforts à sa cause. Par ailleurs, la partie palestinienne a reçu 400 millions d'euros d'aide acheminée cette année à travers l'Union européenne, dont une grande partie est d'origine française.
Nous sommes, par l'intermédiaire de notre consul général, que je remercie, disposés à mettre en oeuvre d'autres projets économiques, car je sais que la communauté internationale sera jugée sur ces projets concrets mis en oeuvre sur le terrain. Nous devons améliorer les conditions de vie des Palestiniens, en particulier en Cisjordanie et à Gaza, car nous ne devons pas oublier la population de Gaza.
Q - La France jouera-t-elle un rôle au Moyen-Orient dans le but de créer un Etat palestinien indépendant ?
R - Oui, c'est notre objectif et j'espère que cet Etat sera annoncé lors de la conférence qui se tiendra en novembre aux Etats-Unis. Je rencontrerai le président Abbas et Salam Fayyad à New York dans deux semaines, à l'occasion de la réunion de l'Assemblée générale des Nations unies.
Q - Comment qualifiez-vous la situation actuelle en Cisjordanie et à Gaza ?
R - La situation est mauvaise à cause du manque d'espoir. Certaines personnes pensent que quelque chose va se passer, mais beaucoup de gens en ont assez des déclarations et des paroles. Ils veulent changer la vie de leur famille, trouver du travail. Ils veulent pouvoir nourrir leur famille. Nous devons comprendre que les conditions de vie quotidienne des Palestiniens sont une question importante et déterminante, particulièrement à Gaza.
Nous ne pouvons pas entamer de dialogue avec le Hamas à ce stade, mais nous devons dialoguer avec le peuple palestinien et fournir toute l'aide nécessaire à Gaza. La Commission européenne continue à fournir de l'aide à Gaza, même depuis la prise de contrôle du Hamas.
Q - Avez-vous demandé aux Israéliens d'améliorer les conditions de vie des Palestiniens ?
R - Oui. J'ai demandé aux Israéliens de retirer des barrages militaires, de permettre aux habitants de reprendre leur travail en Israël et d'améliorer les conditions de vie. Leur réponse à été d'oeuvrer dans la bonne direction et ils ont dit qu'ils libéreraient des prisonniers, en particulier de Gaza.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 14 septembre 2007