Texte intégral
Madame la Secrétaire d'Etat,
Monsieur le Sénateur-Maire,
Monsieur le Président du Conseil Général,
Monsieur le Président de la communauté d'agglomération,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs,
Je suis heureuse de vous retrouver ici, à Corbeil-Essonne, avec Madame Fadela AMARA, pour la signature de l'avenant à la convention partenariale pour la mise en oeuvre du projet de rénovation urbaine pour les Tarterêts et la signature de la convention relative au projet de rénovation urbaine pour les quartiers de Montconseil et La Nacelle.
Je saisis cette occasion pour remercier tous les partenaires - collectivités locales, services de l'Etat, organismes bailleurs, ANRU et j'en oublie certainement - pour leur implication dans la conduite de ces dossiers, ô combien complexes. Nous souhaitions tous que cette signature puisse intervenir rapidement eu égards aux attentes de la population. Grâce à vous tous, nous avons tenu les délais.
Le coût des travaux prévus pour la réalisation de ces deux projets est conséquent : 184,8 Meuros pour les Tarterêts avec une participation financière de l'ANRU de 54,8 Meuros, soit 30% et 256 Meuros pour Montconseil / La Nacelle avec une subvention de l'ANRU de 55, 3 Meuros soit 22%. L'engagement de l'Etat au côté des collectivités locales, est donc total, comme l'est d'ailleurs celui des autres partenaires financiers au sein de l'ANRU que sont l'UESL, la Caisse des Dépôts et la Caisse de Garantie du logement locatif.
« Il n'y aurait pas de quartiers sensibles s'ils étaient bien construits et s'ils étaient construits humainement ». C'est ce que vous proclamiez, Monsieur le Sénateur-Maire, lors de journées consacrées à la rénovation urbaine en février 2005.
Non seulement, je partage votre avis mais, j'irai même plus loin, en avançant que toute politique urbaine digne de ce nom doit impérativement mêler volet « urbain » et volet « humain ». Comment, en effet, concevoir un projet de rénovation urbaine sans se préoccuper des difficultés, des aspirations, des besoins des habitants ? Comment lutter contre la pauvreté, le chômage, les difficultés scolaires, si les logements sont inadaptés, les transports et équipements publics insuffisants et inadéquats ?
En cela, la rénovation urbaine ne saurait se résumer à une action sur le bâti et le cadre de vie. C'est une politique bien plus ambitieuse, dont les habitants des quartiers populaires, doivent devenir le véritable l'épicentre.
Cette affirmation a des implications très concrètes :
Cela signifie premièrement que pour toute opération de « démolition-reconstruction », nous devons prendre le temps de la concertation avec les habitants afin qu'ils s'approprient non seulement le projet mais aussi sa mise en oeuvre. Monsieur le Maire, vous avez toujours eu ce souci. Vous avez compris avant l'heure, que le projet de rénovation urbaine réussi, est celui qui ne shunte pas cette phase primordiale du dialogue avec les habitants. Un habitat, un quartier, ce sont des souvenirs, des habitudes, des repères identitaires. On ne peut les bouleverser d'un trait de plume. Ceux qui y vivent doivent être parties prenantes au projet. Les Corbeil-Essonnois ont été associés aux restructurations que vous avez engagées pour leur offrir des logements plus humains.
Cela signifie, dans un deuxième temps, que tout chantier de rénovation urbaine doit être l'occasion de repenser la ville dans son entier et de veiller à l'équilibre de son développement . La reconstruction de logements, doit être l'occasion de recréer de la mixité sociale partout dans la ville. Les espaces libérés par les destructions dans les quartiers fragiles doivent permettre un rééquilibrage du territoire. Je tiens à dire que c'est très exactement l'esprit qui a présidé, par exemple, à l'élaboration du projet pour le quartier Montconseil qui va faire passer la part des logements sociaux de 70% à 47% et permettre une diversification importante de l'offre de logement (en locatif libre et en accession).
La politique de la ville doit concourir au désenclavement des quartiers. Une attention particulière doit être portée aux transports, à la présence des équipements publics de quartier mais aussi, à l'échelle de la ville entière, et à l'insertion de zones d'activité économiques ; je pense notamment au commerce et à l'artisanat.
Je ne le répéterai jamais assez, la mixité sociale, n'est pas dans le rêve d'une cohabitation toute théorique mais dans la communication entre tous les quartiers d'une même ville, où nul n'est empêché d'aller vers l'autre et où les transports, la scolarisation, les loisirs convergent pour donner naissance à une cité qui ne soit pas la juxtaposition d'unités autonomes mais un ensemble dans lequel les différences soient vécues comme des richesses et non comme des frontières.
Enfin, bien sur, dans un troisième temps, il faut traiter les autres difficultés que rencontrent les habitants de ces quartiers sensibles . Et, Monsieur le Sénateur Maire, je sais évoquer là une question qui vous tient à coeur :
la lutte contre le chômage.
Pendant que la France masculine des villes, hors quartiers sensibles, vit quasiment au plein emploi, dans les ZUS, le taux de chômage, dépasse plus de deux fois celui observé dans les autres quartiers et ce taux, est plus dramatique encore pour les jeunes, puisque le chômage touche près de 42 % des actifs de 15 à 24 ans, avec tous les effets dévastateurs que vous avez soulignés dans votre tribune du Monde le 28 octobre dernier. Sachez qu'il me plaît qu'un polytechnicien, repus d'honneurs et couvert d'obligations professionnelles, consacre tant d'énergie à aider les oubliés de l'égalité des chances pour qu'ils puissent, eux aussi, faire leur place dans la société.
Avec la zone franche urbaine des Tarterêts, vous avez bâti une réponse tant en terme de création d'activités économiques que d'offres d'emploi au bénéfice des habitants. Encore faut-il, naturellement, que leur profil corresponde aux postes proposés !
Je sais par ailleurs que par l'intermédiaire du contrat urbain de cohésion sociale, la ville, comme la communauté d'agglomération, ont renforcé leurs actions dans ce domaine, que ce soit, pour les jeunes, à travers les antennes de la mission intercommunale vers l'emploi ou le club des diplômés. Ce ne sont ici que quelques exemples mais ils sont significatifs. Vous pouvez, dans ce domaine particulier compter sur l'aide de l'Etat et du service public de l'emploi.
Je ne peux que bien évidemment fortement soutenir la mise en oeuvre et l'application de la clause d'insertion dans le cadre des travaux prévus pour la réalisation des opérations ANRU. Une opération de rénovation - j'insiste sur cette idée - c'est aussi l'occasion de faire reculer le chômage dans un quartier.
Cette dimension « emploi », notamment en direction des jeunes, sera - vous le savez - l'axe principal du plan « Respect et égalité des chances » sur lequel nous travaillons avec Fadela AMARA. Naturellement la concertation aura toute sa place dans ce plan :
- toute sa place, parce qu'il touche à la vie quotidienne de nos concitoyens et que les élus, sont les mieux à même de nous éclairer sur leurs besoins et leurs attentes particulières ;
- toute sa place, parce que les associations elles aussi, - et, je sais m'exprimer dans la ville où Pierre WALDECK-ROUSSEAU vécu ces dernières années - ont beaucoup à nous apprendre.
Cette concertation, sous ces multiples formes, a déjà commencé - et je tiens à saluer ici l'initiative de Mme AMARA, qui, avec son blog sur Skyrock, touche et intéresse des milliers de jeunes. Forte de cette expérience, Fadéla enrichira nos propositions qui seront, le moment venu, soumises à l'arbitrage interministériel.
D'ici là, je me réjouis d'aller moi-même, tout à l'heure, à la rencontre des jeunes pour discuter avec eux.
Ensemble, nous avons un défi immense à relever. Le fossé qui se creuse entre certains quartiers et le reste du pays est une blessure plus grave pour la France, pays d'unité, que pour tout autre pays.
A cet égard, la politique de la ville est sans aucun doute, l'une des politiques les plus lourdes de conséquences pour la Nation. Tous ceux qui m'ont précédée à ce poste savent que c'est un sujet éminemment difficile. Je suis heureuse néanmoins de constater, chaque jour, le nombre et la qualité des bonnes volontés qui se mobilisent pour ressouder notre société et conjurer les tensions sociales qui la minent.
A tous ceux-là, je ne peux dire qu'une chose : je vous remercie.
Source http://www.logement.gouv.fr, le 31 août 2007
Monsieur le Sénateur-Maire,
Monsieur le Président du Conseil Général,
Monsieur le Président de la communauté d'agglomération,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs,
Je suis heureuse de vous retrouver ici, à Corbeil-Essonne, avec Madame Fadela AMARA, pour la signature de l'avenant à la convention partenariale pour la mise en oeuvre du projet de rénovation urbaine pour les Tarterêts et la signature de la convention relative au projet de rénovation urbaine pour les quartiers de Montconseil et La Nacelle.
Je saisis cette occasion pour remercier tous les partenaires - collectivités locales, services de l'Etat, organismes bailleurs, ANRU et j'en oublie certainement - pour leur implication dans la conduite de ces dossiers, ô combien complexes. Nous souhaitions tous que cette signature puisse intervenir rapidement eu égards aux attentes de la population. Grâce à vous tous, nous avons tenu les délais.
Le coût des travaux prévus pour la réalisation de ces deux projets est conséquent : 184,8 Meuros pour les Tarterêts avec une participation financière de l'ANRU de 54,8 Meuros, soit 30% et 256 Meuros pour Montconseil / La Nacelle avec une subvention de l'ANRU de 55, 3 Meuros soit 22%. L'engagement de l'Etat au côté des collectivités locales, est donc total, comme l'est d'ailleurs celui des autres partenaires financiers au sein de l'ANRU que sont l'UESL, la Caisse des Dépôts et la Caisse de Garantie du logement locatif.
« Il n'y aurait pas de quartiers sensibles s'ils étaient bien construits et s'ils étaient construits humainement ». C'est ce que vous proclamiez, Monsieur le Sénateur-Maire, lors de journées consacrées à la rénovation urbaine en février 2005.
Non seulement, je partage votre avis mais, j'irai même plus loin, en avançant que toute politique urbaine digne de ce nom doit impérativement mêler volet « urbain » et volet « humain ». Comment, en effet, concevoir un projet de rénovation urbaine sans se préoccuper des difficultés, des aspirations, des besoins des habitants ? Comment lutter contre la pauvreté, le chômage, les difficultés scolaires, si les logements sont inadaptés, les transports et équipements publics insuffisants et inadéquats ?
En cela, la rénovation urbaine ne saurait se résumer à une action sur le bâti et le cadre de vie. C'est une politique bien plus ambitieuse, dont les habitants des quartiers populaires, doivent devenir le véritable l'épicentre.
Cette affirmation a des implications très concrètes :
Cela signifie premièrement que pour toute opération de « démolition-reconstruction », nous devons prendre le temps de la concertation avec les habitants afin qu'ils s'approprient non seulement le projet mais aussi sa mise en oeuvre. Monsieur le Maire, vous avez toujours eu ce souci. Vous avez compris avant l'heure, que le projet de rénovation urbaine réussi, est celui qui ne shunte pas cette phase primordiale du dialogue avec les habitants. Un habitat, un quartier, ce sont des souvenirs, des habitudes, des repères identitaires. On ne peut les bouleverser d'un trait de plume. Ceux qui y vivent doivent être parties prenantes au projet. Les Corbeil-Essonnois ont été associés aux restructurations que vous avez engagées pour leur offrir des logements plus humains.
Cela signifie, dans un deuxième temps, que tout chantier de rénovation urbaine doit être l'occasion de repenser la ville dans son entier et de veiller à l'équilibre de son développement . La reconstruction de logements, doit être l'occasion de recréer de la mixité sociale partout dans la ville. Les espaces libérés par les destructions dans les quartiers fragiles doivent permettre un rééquilibrage du territoire. Je tiens à dire que c'est très exactement l'esprit qui a présidé, par exemple, à l'élaboration du projet pour le quartier Montconseil qui va faire passer la part des logements sociaux de 70% à 47% et permettre une diversification importante de l'offre de logement (en locatif libre et en accession).
La politique de la ville doit concourir au désenclavement des quartiers. Une attention particulière doit être portée aux transports, à la présence des équipements publics de quartier mais aussi, à l'échelle de la ville entière, et à l'insertion de zones d'activité économiques ; je pense notamment au commerce et à l'artisanat.
Je ne le répéterai jamais assez, la mixité sociale, n'est pas dans le rêve d'une cohabitation toute théorique mais dans la communication entre tous les quartiers d'une même ville, où nul n'est empêché d'aller vers l'autre et où les transports, la scolarisation, les loisirs convergent pour donner naissance à une cité qui ne soit pas la juxtaposition d'unités autonomes mais un ensemble dans lequel les différences soient vécues comme des richesses et non comme des frontières.
Enfin, bien sur, dans un troisième temps, il faut traiter les autres difficultés que rencontrent les habitants de ces quartiers sensibles . Et, Monsieur le Sénateur Maire, je sais évoquer là une question qui vous tient à coeur :
la lutte contre le chômage.
Pendant que la France masculine des villes, hors quartiers sensibles, vit quasiment au plein emploi, dans les ZUS, le taux de chômage, dépasse plus de deux fois celui observé dans les autres quartiers et ce taux, est plus dramatique encore pour les jeunes, puisque le chômage touche près de 42 % des actifs de 15 à 24 ans, avec tous les effets dévastateurs que vous avez soulignés dans votre tribune du Monde le 28 octobre dernier. Sachez qu'il me plaît qu'un polytechnicien, repus d'honneurs et couvert d'obligations professionnelles, consacre tant d'énergie à aider les oubliés de l'égalité des chances pour qu'ils puissent, eux aussi, faire leur place dans la société.
Avec la zone franche urbaine des Tarterêts, vous avez bâti une réponse tant en terme de création d'activités économiques que d'offres d'emploi au bénéfice des habitants. Encore faut-il, naturellement, que leur profil corresponde aux postes proposés !
Je sais par ailleurs que par l'intermédiaire du contrat urbain de cohésion sociale, la ville, comme la communauté d'agglomération, ont renforcé leurs actions dans ce domaine, que ce soit, pour les jeunes, à travers les antennes de la mission intercommunale vers l'emploi ou le club des diplômés. Ce ne sont ici que quelques exemples mais ils sont significatifs. Vous pouvez, dans ce domaine particulier compter sur l'aide de l'Etat et du service public de l'emploi.
Je ne peux que bien évidemment fortement soutenir la mise en oeuvre et l'application de la clause d'insertion dans le cadre des travaux prévus pour la réalisation des opérations ANRU. Une opération de rénovation - j'insiste sur cette idée - c'est aussi l'occasion de faire reculer le chômage dans un quartier.
Cette dimension « emploi », notamment en direction des jeunes, sera - vous le savez - l'axe principal du plan « Respect et égalité des chances » sur lequel nous travaillons avec Fadela AMARA. Naturellement la concertation aura toute sa place dans ce plan :
- toute sa place, parce qu'il touche à la vie quotidienne de nos concitoyens et que les élus, sont les mieux à même de nous éclairer sur leurs besoins et leurs attentes particulières ;
- toute sa place, parce que les associations elles aussi, - et, je sais m'exprimer dans la ville où Pierre WALDECK-ROUSSEAU vécu ces dernières années - ont beaucoup à nous apprendre.
Cette concertation, sous ces multiples formes, a déjà commencé - et je tiens à saluer ici l'initiative de Mme AMARA, qui, avec son blog sur Skyrock, touche et intéresse des milliers de jeunes. Forte de cette expérience, Fadéla enrichira nos propositions qui seront, le moment venu, soumises à l'arbitrage interministériel.
D'ici là, je me réjouis d'aller moi-même, tout à l'heure, à la rencontre des jeunes pour discuter avec eux.
Ensemble, nous avons un défi immense à relever. Le fossé qui se creuse entre certains quartiers et le reste du pays est une blessure plus grave pour la France, pays d'unité, que pour tout autre pays.
A cet égard, la politique de la ville est sans aucun doute, l'une des politiques les plus lourdes de conséquences pour la Nation. Tous ceux qui m'ont précédée à ce poste savent que c'est un sujet éminemment difficile. Je suis heureuse néanmoins de constater, chaque jour, le nombre et la qualité des bonnes volontés qui se mobilisent pour ressouder notre société et conjurer les tensions sociales qui la minent.
A tous ceux-là, je ne peux dire qu'une chose : je vous remercie.
Source http://www.logement.gouv.fr, le 31 août 2007