Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, lors du point de presse conjoint avec M. Marat Tajine, ministre kazakh des affaires étrangères, sur le partenariat stratégique franco-kazakh, notamment en matière de sécurité énergétique et de défense, et sur le développement des relations entre l'Union européenne et le Kazakhstan, Paris le 6 mars 2008.

Texte intégral

Mesdames et Messieurs,
J'ai été très heureux d'accueillir mon collègue, M. Marat Tajine. Le ministre des Affaires étrangères effectue sa première visite de travail à Paris et nous avons eu l'occasion de parler des problèmes internationaux. Le Kazakhstan présidera l'OSCE en 2010. Vous savez également que le président Sarkozy et le président Nazarbaïev s'étaient entretenus, à New York, au moment de l'Assemblée générale des Nations unies. En février, le Premier ministre, M. François Fillon, avait visité le Kazakhstan et je m'y rendrai moi-même dans peu de temps. C'est vous dire que le renforcement des relations bilatérales en bien des domaines a été abordé et que nous en sommes très heureux.
Q - Monsieur le Ministre Bernard Kouchner, dans le cadre de la Présidence française de l'Union européenne, quelles seront les questions prioritaires qui seront envisagées du point de vue du partenariat stratégique entre l'Union européenne et l'Asie centrale ?
R - Monsieur, c'est une bonne question mais il y a d'abord un partenariat stratégique à établir entre le Kazakhstan et la France. Je pense que tout sera prêt, que les documents seront déjà examinés, des deux côtés, lorsque le président du Kazakhstan viendra visiter la France en juin prochain, ainsi que nous vous l'avons dit.
Les sujets sont très importants et abondent, aussi bien en matière de sécurité énergétique qu'en matière de Défense, de partenariat culturel, etc.
Et puis il y a la Présidence de l'Union européenne, à partir du mois de juillet prochain. Pour le moment, la Présidence est slovène et fait très bien son travail. Au moins deux des priorités de la Présidence française seront traitées entre nos deux pays et avec mon collègue. Il s'agit de l'énergie, de la sécurité et de l'autonomie énergétique européenne. Il ne s'agit pas seulement des relations bilatérales, mais des relations entre le Kazakhstan et l'Union européenne. Il s'agit aussi de l'immigration. J'espère que nous pourrons adopter au moins l'approche d'une position européenne commune en ce qui concerne l'immigration. Nous en avons parlé avec le ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan car il y a des problèmes d'harmonisation à l'intérieur de l'Europe.
Voilà une réponse résumée à un programme extrêmement ambitieux.
Q - J'ai deux questions : d'une part, notre président a annoncé l'idée de : "chemins du Kazakhstan vers l'Europe". En avez-vous discuté avec lui ?
R - Derrière cette idée, il y a beaucoup de projets. Non seulement nous en avons discuté mais nous les soutenons et nous en sommes très heureux. C'est d'ailleurs l'une des raisons de la visite du président Nazarbaïev en France où il va développer, autour de ce partenariat stratégique, d'autres projets qui concernent l'Europe. Nous sommes très heureux de le faire à partir du mois de juillet.
Permettez-moi de souligner l'intérêt de cette formule, très poétique : "Les chemins vers l'Europe".
Quelle est votre deuxième question ?
Q - Elle concerne la déclaration conjointe sur le partenariat stratégique. Que pensez-vous qu'il sera mis à la base de cette déclaration, mis à part les hydrocarbures, les céréales, les métaux et les minerais ?
R - Dites-moi, ce n'est déjà pas si mal. Laissez-leur encore quelques surprises à nous faire !
C'est un vrai partenariat stratégique, c'est-à-dire qu'il y a des deux côtés des intérêts communs sur ces domaines particulièrement. J'ai cité les questions de défense mais, en tout cas, il y a vraiment là, matière à travailler et, d'ailleurs, nous l'avons fait.
Mon ami Marat Tajine doit partir pour Francfort, alors je vous remercie beaucoup.Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 10 mars 2008