Texte intégral
Permettre à tous les Français d'avoir accès à l'information la plus fiable, la plus objective et la plus récente sur les médicaments : tel est le grand projet commun qui nous rassemble aujourd'hui.
Les médicaments ne sont pas des produits comme les autres.
Les professionnels de santé doivent pouvoir trouver aisément les informations dont ils ont besoin pour mieux les prescrire et mieux les dispenser.
Le grand public doit être mieux informé pour mieux se soigner.
Dans le domaine du bon usage du médicament, l'enjeu est de taille : il relève tout à la fois de la santé publique, de la qualité des soins et de l'équilibre des comptes de l'assurance maladie, mais aussi, secondairement, de l'attractivité du territoire en matière d'innovation ou encore de la place de la recherche et de l'expertise dans notre pays.
Depuis plusieurs années, ce sujet fait l'objet de nombreux rapports.
Je citerai, parmi les plus récents, le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales, relatif à l'information médicale, ou encore le rapport de la Cour des Comptes sur la consommation et la prescription des médicaments.
Ce dernier, en particulier, soulignait une lacune bien regrettable.
Il n'existe pas, en France, de base publique d'information sur les médicaments, gratuite, exhaustive, objective, regroupant toutes les données administratives et médicales : autorisation de mise sur le marché (AMM), dénomination commune internationale (DCI), service médical rendu (SMR), amélioration du service médical rendu (ASMR), taux de remboursement et prix.
Par la signature aujourd'hui de cette convention de partenariat, le ministère de la Santé et les institutions concernées, la Haute Autorité de santé (HAS), l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM) et le Groupement d'intérêt économique-Système d'information sur les produits de santé (GIE-SIPS), témoignent de leur détermination à y remédier, ensemble.
Certes, des banques de données privées et publiques réunissent déjà, de façon plus ou moins exhaustive, les données scientifiques existant sur les médicaments, que ces données soient d'origine institutionnelle ou qu'elles soient émises par différentes instances scientifiques, nationales ou internationales.
Ces outils sont principalement destinés à être intégrés dans des logiciels d'aide à la prescription ou à bénéficier aux chercheurs, scientifiques ou décideurs dans leur travail quotidien.
Dans ce domaine, l'offre est diversifiée et adaptée aux besoins. La qualité des informations sera progressivement garantie par la certification que la Haute Autorité de santé a commencé de mettre en oeuvre.
Je tiens également à rappeler, comme l'ont fait les président et directeurs des agences de santé et de l'assurance maladie, le travail remarquable accompli par chacune des institutions officielles dans le domaine de l'information sur les données scientifiques actualisées et sur les décisions publiques en matière de médicament.
Pour faciliter son « appropriation » par les professionnels de santé et par le grand public, toutes ont su la rendre accessible et compréhensible.
De même, le ministère de la santé, par l'intermédiaire de la Direction générale de la santé, de la Direction de la sécurité sociale et de la Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins, dont je salue les directeurs et leurs représentants qui nous font l'honneur d'assister à cet événement, prend régulièrement des décisions relatives aux médicaments et aux dispositifs médicaux et actualise, en ce sens, son site Internet.
Ainsi, chaque institution, consciente de ses responsabilités vis-à-vis des professionnels et du grand public, a développé des sites d'une grande richesse, qui mettent en ligne les informations officielles « sources », donc les plus fiables et les plus actualisées possible.
Il faut, toutefois, être particulièrement expert pour parvenir à trouver rapidement l'information recherchée. Si nous perdons notre notice, nous devons pouvoir la retrouver.
Si un médecin désire connaître le nom de la molécule contenue dans un médicament ou son taux de remboursement, si un pharmacien recherche les dernières informations de pharmacovigilance, ils n'ont pas toujours le temps de visiter tous les sites disponibles.
Chacun sait-il que les résumés des caractéristiques du produit (RCP) ou les notices sont sur le site de l'Afssaps, les avis de transparence sur celui de la HAS, les décisions de remboursement et de prix sur celui du ministère et les taux de remboursement sur le site de l'UNCAM ?
Il est donc tout à fait indispensable de créer, sur un seul et même site, des liens intelligents entre ces différentes pages.
Aussi les instances ici présentes se sont-elles accordées pour mettre en oeuvre un « Portail public du médicament ».
Site de référence gouvernemental, il améliorera la connaissance des données actualisées de la science, concourra à un meilleur usage des médicaments et mettra en avant, dans le cadre de campagnes ou de plans de santé publique, les informations appropriées.
Ce portail fera, à la place des internautes perdus dans le méandre de tous les sites disponibles, le tri entre les informations utiles et les informations superflues, entre les données fiables et celles qui ne le sont pas, entre les informations récentes et celles qui sont trop anciennes.
Après une première version simple, il sera utile de le rendre de plus en plus précis pour différents types de recherches, sur les médicaments d'abord, puis sur les dispositifs médicaux.
C'est cette décision commune, matérialisée par une convention que nous nous apprêtons à signer devant vous, que j'ai le plaisir de vous annoncer.
Je vous remercie.
Source http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr, le 15 décembre 2008