Texte intégral
EMMANUEL DUTEIL
Bernard VAN CRAEYNEST bonsoir.
BERNARD VAN CRAEYNEST
Bonsoir.
EMMANUEL DUTEIL
Vous êtes le président de la CGC. Merci d'avoir accepté l'invitation de BFM. Réunion de crise ce lundi sur le chômage, c'est ce qu'a annoncé ce matin Laurent WAUQUIEZ. C'était sur BFM TV. On s'attend à 30, 40 000 demandeurs de plus au mois d'août. C'est quand même un niveau record, en tous cas depuis 93. Qu'est-ce que vous pouvez attendre d'une telle réunion ?
BERNARD VAN CRAEYNEST
Malheureusement je ne pense pas qu'il faille attendre grand-chose d'une telle réunion, puisqu'on sait bien comment ça se passe dans ce genre de circonstance. On l'a vu au mois d'août avec monsieur FILLON qui juste après le week end du 15 août faisait une réunion autour des problèmes économiques. Je crois que c'est plutôt de la communication et une gestion de l'opinion. Le problème de fond, l'emploi, il existe lorsqu'on est en croissance économique, lorsque l'activité est soutenue. Nous sommes face à une crise qui est très sérieuse et qui a démarré comme une crise financière mais qui se propage petit à petit à l'économie réelle et avec des répercussions sur l'emploi. Et je crains que malheureusement ces mauvais chiffres qui vont être annoncés en début de semaine prochaine concernant le mois d'août, soient suivis d'autres mauvais chiffres dans les mois qui vont suivre.
EMMANUEL DUTEIL
En tous cas, c'est ce que laisse penser d'une manière ou d'une autre le projet de loi du budget pour 2009 puisqu'il prévoit une augmentation du taux de chômage. Ca remonterait un tout petit peu, à 7,2%. Ce qui laisse en tous cas penser qu'il y a effectivement plusieurs mois difficiles à venir ?
BERNARD VAN CRAEYNEST
Vous savez, vous parlez bien d'un projet de loi de finance. Nous sommes fin septembre, il faut voir comment ce projet de loi sera adopté par le Parlement et là nous y verrons plus clair en décembre. Et puis ensuite il y a l'exécution du budget. Tout au long d'une année, en l'occurrence 2009, c'est relativement long et on connaît bien les difficultés. Est-ce que les hypothèses retenues pour élaborer ce budget se vérifieront que ce soit en terme de taux de croissance, hypothèse de rentrée fiscale, d'inflation ? Tout cela dans un budget extrêmement difficile à boucler visiblement constitue des paramètres qui, je l'espère, évolueront dans le bon sens parce que si ce n'était pas le cas, il est bien évident que l'hypothèse du chômage à laquelle vous faisiez référence risque d'être largement dépassée.
EMMANUEL DUTEIL
Oui pour autant il y a un certain accord, semble t-il, autour du fait que le gouvernement, pour une fois, toute tendance politique confondue, a joué une sorte de discours vérité au moins sur la croissance. C'est-à-dire que partir sur une perspective de croissance de 1% en 2009, ce qui est grosso modo ce que pensent tous les économistes. Pour beaucoup c'est déjà une avancée, c'est-à-dire qu'on essaie pas d'être dans de l'espoir mais ils essaient d'être dans la réalité.
BERNARD VAN CRAEYNEST
Ce que l'on a pu percevoir au travers du discours du président de la République hier, c'est qu'effectivement nous sommes dans une période difficile, à la croisée des chemins, et il vaut mieux jouer la transparence et la vérité pour être crédible. Quand on a affronté la tempête, il ne s'agit pas de dire qu'on est sur un paquebot lorsqu'on est sur une coquille de noix. Et donc il vaut mieux être lucide pour faire en sorte que justement, on puisse ajuster dans une relative quiétude un certain nombre de paramètres au fur et à mesure de l'évolution de la situation.
EMMANUEL DUTEIL
Justement quand vous avez ce soir François FILLON qui appelle à l'unité nationale, est-ce que vous vous sentez concerné du côté de la CGC ? Est-ce que vous pensez un petit peu, dans une moindre mesure, bien évidemment, on n'est pas au même niveau de crise, que comme les Américains, à un moment il faut savoir oublier ses divergences, se mettre autour de la table, la gauche, la droite, les syndicats, les représentants du patronat ? Il faut jouer l'unité nationale, on en est à ce moment d'importance aussi d'après vous ?
BERNARD VAN CRAEYNEST
Je pense que la situation est extrêmement difficile mais vous savez en ce qui concerne la CFE CGC, nous n'avons jamais eu aucune difficulté pour nous mettre autour de la table, pour examiner la situation de la manière la plus objective et s'efforcer de trouver des solutions. Donc cet appel, nous le recevons 5 sur 5 et nous répondrons toujours présents pour faire en sorte que nous jouions la partie de la manière la plus efficace possible pour notre pays parce que bien évidemment, le taux de croissance, l'économie, les entreprises, c'est ce qui détermine l'emploi. Ce qui fait que nous avons des salariés qui peuvent être convenablement payés. Et malheureusement ils ne le sont pas suffisamment, correctement payés actuellement. D'ailleurs vous relèverez qu'il y a un chiffre assez significatif sur le taux de défaillance des entreprises au premier semestre, plus exactement le nombre, en l'occurrence 50 000. Sur ces 50 000, je crois qu'il y en a 35 000 dans le seul secteur des cafés hôtels restaurants. C'est assez révélateur d'un problème de pouvoir d'achat et de faible consommation avec justement un impact direct sur les entreprises et l'emploi.
EMMANUEL DUTEIL
Merci en tous cas d'avoir accepté, vous aussi, l'invitation de BFM. Bernard VAN CRAEYNEST, le président de la CGC ce soir dans Le Grand Journal.
Source http://www.cfecgc.org, le 1er octobre 2008