Texte intégral
V. Parizot.- La violence à l'école de nouveau en question. Ces derniers jours ont été marqués par l'accumulation d'affaires. Dernière en date : l'agression de cette enseignante à Montigny-lès-Metz, par un élève de cinquième, apparemment surdoué. Mais il y a eu aussi une autre agression d'un gardien de collège dans le 17ème arrondissement à Paris. Et puis, à Drancy, au collège Langevin, l'insécurité permanente amène les parents à ne plus envoyer leurs enfants en cours - en tout cas, ils ne l'ont pas fait depuis lundi dernier. Nous sommes donc avec le ministre de l'Education, X. Darcos. Bonjour. La question est simple : est-ce que ça peut continuer comme ça ? Et est ce que le projet d'un code de la paix scolaire, dont vous avez parlé dernièrement vous paraît à la hauteur ?
En tous les cas, il n'y a pas que cela, je vais en dire un mot, mais, vous avez raison de signaler que les incidents graves restent non négligeables. Nous avons presque 12 incidents graves pour 1000 élèves. Pour l'instant, nous sommes encore à des chiffres élevés. Vous savez que nous avons l'intention, avec R. Dati, de déposer un amendement qui permettra aux professeurs victimes d'agression, en dehors du temps et de l'espace scolaire, d'être cependant protégés et de bénéficier des circonstances aggravantes lorsque telle ou telle personne viennent leur chercher noises dans la rue, dans un magasin, ou chez eux. Et puis, il y a évidement des réponses disciplinaires. Vous savez que j'avais demandé à un magistrat qui s'appelle L. Huet, de me faire des propositions pour que nous rédigions une sorte de règle de vie avec ses lois et ses sanctions. Et en particulier, il nous a proposé de généraliser une sorte de travaux d'intérêts général lorsque les élèves ont commis tel ou tel méfait. De même, nous voulons rendre effective la responsabilité civile des parents, lorsque des dommages matériels ont été engagés. Il n'y a pas de raison que les parents s'en lavent les mains. Et puis, nous voulons aussi rendre automatique les procédures disciplinaires, autrement dit, qu'on ne soit pas obligé de passer par des systèmes extrêmement lourds, lorsqu'il y a eu des violences physiques ou verbales. Ce code de la paix scolaire fixera en quelque sorte la toile de fond des règlements intérieurs.
Oui, mais, monsieur Darcos, ça, c'est le code de la paix scolaire, est ce qu'il faut aller plus loin ? Je veux dire par exemple envisager la présence de policiers dans les établissements scolaires, ou au moins dans certains ?
Je n'ai pas d'objection de principe moi-même, mais je sais bien que les communautés éducatives ne souhaitent pas qu'on voie des policiers en uniforme. Mais, pour dire la vérité, il existe déjà des dispositifs qui permettent à la police d'être présent dans nos établissements, à des endroits où il y a des faits constatés graves et réguliers. Et donc, je souhaite en tout cas que 100 % des départements disposent d'une convention police-Justice-Education nationale dès la rentrée prochaine. Il faut que nous l'ayons, de sorte que, lorsque ces tels ou tels évènements graves se produisent, ces conventions puissent être activées immédiatement et que, de fait, la police et les services de protection judiciaire de la jeunesse puissent intervenir dans nos établissements.
On s'interroge aussi sur les suppressions de postes engagées depuis deux ans, puisque ces suppressions de postes, elles concernent aussi les surveillants et c'est donc un levier de moins pour vous pour lutter contre la violence.
Je ne crois pas. D'abord, nous avons veillé à ce que le nombre de conseillers principaux d'éducation ne soit pas diminué ; à la rentrée prochaine, il sera identique. Et la mise en place de dispositifs du type de ceux que j'ai annoncé, les médiateurs de la réussite scolaire, lorsque les enfants sont absents, qui iront voir dans les familles mêmes ce qui se passe, cela va contribuer aussi à atténuer les tensions. Ce n'est pas parce que il y aura un professeur de plus ou un professeur de moins dans un établissement scolaire que les tensions baisseront. C'est lorsque des règles de vie, un climat général changera, et je reconnais bien volontiers que nos professeurs sont très exposés, et que mon premier devoir, c'est de les aider et de les soutenir.
Et justement, monsieur Darcos, puisque vous reconnaissez que les profs sont très exposés, est ce que vous allez aller voir cette enseignante qui s'est fait agressée à Montigny-lès-Metz, qui s'est fait taillader le visage ?
Bien évidement. Généralement, j'entre en contact presque systématiquement avec tous les professeurs qui sont agressés, soit je les ai au téléphone, soit je les vois, soit les reçois. Nous faisons en sorte que toute la grande maison Education nationale se mette derrière eux pour les aider à sortir de cette mauvaise passe, car ils sont souvent très affectés, non seulement sur le plan physique mais moralement, ils sont souvent très abattus.
Cela peut se comprendre, d'ailleurs, monsieur Darcos, d'autant qu'en 2002, je me permets de le rappeler, lorsque vous étiez ministre délégué à l'Enseignement, vous aviez promis de diminuer de moitié la violence scolaire en 5 ans. Aujourd'hui, on en est loin ?
On a tout de même une diminution très très sensible des violences qui sont liées à des discriminations racistes, à de la discrimination de type homophobe, des tensions que avions entre des jeunes issus de l'immigration maghrébine et jeunes juif, tout ceci quand même à beaucoup beaucoup diminué, dieu merci, grâce à l'action continue du ministère et de nos personnels et de nos professeurs qui sont très soucieux de cela. Mais il reste évidement une violence exogène aux établissements qui vient s'y manifester régulièrement et à laquelle il faut que soyons très attentifs. Mais quand même, je le répète, les mesures qui ont été prises en 2002-2004, parce que j'étais ministre délégué à l'Enseignement scolaire, ont porté leurs fruits.
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 26 janvier 2009
En tous les cas, il n'y a pas que cela, je vais en dire un mot, mais, vous avez raison de signaler que les incidents graves restent non négligeables. Nous avons presque 12 incidents graves pour 1000 élèves. Pour l'instant, nous sommes encore à des chiffres élevés. Vous savez que nous avons l'intention, avec R. Dati, de déposer un amendement qui permettra aux professeurs victimes d'agression, en dehors du temps et de l'espace scolaire, d'être cependant protégés et de bénéficier des circonstances aggravantes lorsque telle ou telle personne viennent leur chercher noises dans la rue, dans un magasin, ou chez eux. Et puis, il y a évidement des réponses disciplinaires. Vous savez que j'avais demandé à un magistrat qui s'appelle L. Huet, de me faire des propositions pour que nous rédigions une sorte de règle de vie avec ses lois et ses sanctions. Et en particulier, il nous a proposé de généraliser une sorte de travaux d'intérêts général lorsque les élèves ont commis tel ou tel méfait. De même, nous voulons rendre effective la responsabilité civile des parents, lorsque des dommages matériels ont été engagés. Il n'y a pas de raison que les parents s'en lavent les mains. Et puis, nous voulons aussi rendre automatique les procédures disciplinaires, autrement dit, qu'on ne soit pas obligé de passer par des systèmes extrêmement lourds, lorsqu'il y a eu des violences physiques ou verbales. Ce code de la paix scolaire fixera en quelque sorte la toile de fond des règlements intérieurs.
Oui, mais, monsieur Darcos, ça, c'est le code de la paix scolaire, est ce qu'il faut aller plus loin ? Je veux dire par exemple envisager la présence de policiers dans les établissements scolaires, ou au moins dans certains ?
Je n'ai pas d'objection de principe moi-même, mais je sais bien que les communautés éducatives ne souhaitent pas qu'on voie des policiers en uniforme. Mais, pour dire la vérité, il existe déjà des dispositifs qui permettent à la police d'être présent dans nos établissements, à des endroits où il y a des faits constatés graves et réguliers. Et donc, je souhaite en tout cas que 100 % des départements disposent d'une convention police-Justice-Education nationale dès la rentrée prochaine. Il faut que nous l'ayons, de sorte que, lorsque ces tels ou tels évènements graves se produisent, ces conventions puissent être activées immédiatement et que, de fait, la police et les services de protection judiciaire de la jeunesse puissent intervenir dans nos établissements.
On s'interroge aussi sur les suppressions de postes engagées depuis deux ans, puisque ces suppressions de postes, elles concernent aussi les surveillants et c'est donc un levier de moins pour vous pour lutter contre la violence.
Je ne crois pas. D'abord, nous avons veillé à ce que le nombre de conseillers principaux d'éducation ne soit pas diminué ; à la rentrée prochaine, il sera identique. Et la mise en place de dispositifs du type de ceux que j'ai annoncé, les médiateurs de la réussite scolaire, lorsque les enfants sont absents, qui iront voir dans les familles mêmes ce qui se passe, cela va contribuer aussi à atténuer les tensions. Ce n'est pas parce que il y aura un professeur de plus ou un professeur de moins dans un établissement scolaire que les tensions baisseront. C'est lorsque des règles de vie, un climat général changera, et je reconnais bien volontiers que nos professeurs sont très exposés, et que mon premier devoir, c'est de les aider et de les soutenir.
Et justement, monsieur Darcos, puisque vous reconnaissez que les profs sont très exposés, est ce que vous allez aller voir cette enseignante qui s'est fait agressée à Montigny-lès-Metz, qui s'est fait taillader le visage ?
Bien évidement. Généralement, j'entre en contact presque systématiquement avec tous les professeurs qui sont agressés, soit je les ai au téléphone, soit je les vois, soit les reçois. Nous faisons en sorte que toute la grande maison Education nationale se mette derrière eux pour les aider à sortir de cette mauvaise passe, car ils sont souvent très affectés, non seulement sur le plan physique mais moralement, ils sont souvent très abattus.
Cela peut se comprendre, d'ailleurs, monsieur Darcos, d'autant qu'en 2002, je me permets de le rappeler, lorsque vous étiez ministre délégué à l'Enseignement, vous aviez promis de diminuer de moitié la violence scolaire en 5 ans. Aujourd'hui, on en est loin ?
On a tout de même une diminution très très sensible des violences qui sont liées à des discriminations racistes, à de la discrimination de type homophobe, des tensions que avions entre des jeunes issus de l'immigration maghrébine et jeunes juif, tout ceci quand même à beaucoup beaucoup diminué, dieu merci, grâce à l'action continue du ministère et de nos personnels et de nos professeurs qui sont très soucieux de cela. Mais il reste évidement une violence exogène aux établissements qui vient s'y manifester régulièrement et à laquelle il faut que soyons très attentifs. Mais quand même, je le répète, les mesures qui ont été prises en 2002-2004, parce que j'étais ministre délégué à l'Enseignement scolaire, ont porté leurs fruits.
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 26 janvier 2009