Interview de M. Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC, à RMC le 13 février 2009, sur la rencontre entre les partenaires sociaux et le Gouvernement prévue le 18 février et la politique des salaires.

Prononcé le

Média : Emission Forum RMC FR3 - RMC

Texte intégral


JEAN-JACQUES BOURDIN
Bernard VAN CRAEYNEST est avec nous, bonjour.
BERNARD VAN CRAEYNEST, PRESIDENT DE LA CFE-CGC
Bonjour !
JEAN-JACQUES BOURDIN
Je suis sérieux, merci - président de la CFE-CGC - merci d'être avec nous régulièrement, Bernard VAN CRAEYNEST, vous représentez les cadres, je le rappelle vous avez été reçu hier par les ministres qui préparent cette fameuse réunion du 18, la semaine prochaine. Hier j'avais Laurence PARISOT à l'antenne, en direct, et elle me disait : « Mais non, non ! La réunion du 18 ce n'est pas du tout, pas du tout, une réunion de discussion sociale, on va tout mettre sur la table et c'est tout, pas de discussion ». Bernard VAN CRAEYNEST !
BERNARD VAN CRAEYNEST
Ah ! C'est... au contraire, nous avons bien souligné hier qu'il y avait plusieurs volets à cette réunion, certes tout mettre sur la table, discuter, se projeter dans l'avenir, borner, rythmer les travaux, mais nous avons souligné qu'il était impératif que nous ressortions de cette réunion du 18 avec des mesures concrètes qui touchent tous les Français, qui parlent à tous les Français et des mesures qui soient équitables.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon ! Alors on en parle. Quelles sont vos propositions, vous, à la CGC ? Vous avez dit cela hier à Brice HORTEFEUX, le ministre du Travail, qui conduisait la réunion, alors, en ce qui concerne les salaires ?
BERNARD VAN CRAEYNEST
Eh bien, malheureusement comme vous le savez, les salaires on sait bien que, dans une période de crise, ce n'est pas facile à augmenter. Par contre, la CFE CGC, qui a toujours été attachée à une notion de revenu net disponible, ce que nous avons après avoir payé toutes nos charges pour consommer, nous avons fait effectivement un certain nombre de suggestions au Gouvernement, en particulier sur le plan fiscal, qu'on encourage, pour soutenir la consommation qui est un des moteurs de la croissance qui, malheureusement, est dans un état tout à fait catastrophique, eh bien qu'on fasse des avantages fiscaux, que, pour ceux qui ne paient pas d'impôts, eh bien on leur donne une prime pour qu'ils consomment, c'est-à-dire sur justificatifs et notamment dans des domaines de développement durable, comme par exemple isoler une maison, changer un chauffage pour le rendre plus écologique...
JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur factures en quelque sorte ? C'est comme un...
BERNARD VAN CRAEYNEST
Voilà !
JEAN-JACQUES BOURDIN
Un prêt accordé sur facture ?
BERNARD VAN CRAEYNEST
Voilà ! Tout à fait.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n'est pas idiot ! Aux ménages qui ne paient pas d'impôts. Et les autres, ceux qui paient des impôts, ceux qu'on appelle la France moyenne ?
BERNARD VAN CRAEYNEST
Eh bien ça serait une diminution de leur imposition sur les revenus de 2008 ou de 2009 pour, donc, les encourager à dépenser un peu.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ! Bien. L'emploi ?
BERNARD VAN CRAEYNEST
Je précise aussi que nous avons fait des suggestions en matière de pouvoir d'achat sur les allocations familiales pour qu'elles soient étendues dès le 1er enfant...
JEAN-JACQUES BOURDIN
Dès le 1er premier enfant, oui...
BERNARD VAN CRAEYNEST
Parce qu'on s'aperçoit que les jeunes ont des enfants de plus en plus tard, le fait qu'ils ont des frais fixes, notamment de logement, de garde d'enfant, que ce coup de pouce serait nécessaire et puis nous avons également évoqué quelques autres pistes qui mettent du beurre dans les épinards.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bernard VAN CRAYENEST, et l'emploi ? Et l'emploi, vous pensez...
BERNARD VAN CRAEYNEST
Et l'emploi...
JEAN-JACQUES BOURDIN
Pensez aux salariés par exemple des très petites entreprises ?
BERNARD VAN CRAEYNEST
Oui ! Le souci, c'est que, encore une fois, on ne s'arrête pas simplement aux grands groupes mais qu'on prenne en compte ces millions de salariés dans les très petites et moyennes entreprises qui, eux, malheureusement, partent au chômage dans l'indifférence générale, on en parle nettement moins dans les médias et nous trouvons de ce point de vue là l'idée du président de la République bonne qui consiste à dire : « faisons tout pour ne pas rompre le contrat de travail, maintenons-le », alors ils n'appellent pas ça chômage partiel, ils appellent ça activité partielle, eh bien faisons en sorte que nous améliorions l'indemnisation du chômage partiel de... ce qui a été prévu pour l'automobile depuis lundi nous va bien, on paie davantage le chômage partiel, on oblige les employeurs à prendre l'engagement de ne pas licencier pour une durée au moins double de celle durant laquelle on a eu recours au chômage partiel et on propose au moins 10 jours de formation professionnelle durant cette période de chômage partiel.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Bernard VAN CRAEYNEST, merci. Il va bien falloir répondre à toutes ces interrogations le 18.
source http://www.cfecgc.org, le 24 février 2009