Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur la coopération technologique entre la Tunisie et la France, les pôles de compétitivité et la politique de la recherche liée au développement industriel, Tunis le 24 avril 2009.

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Circonstance : Voyage officiel en Tunisie les 23 et 24 avril 2009-visite au Pôle El Ghazala des technologies et de la communication le 24

Texte intégral

Mesdames et Messieurs,
Je voudrais vous dire la grande satisfaction qui est la mienne avec Valérie Pécresse, avec Luc Chatel, les membres du gouvernement qui m'accompagnent et toute la délégation qui s'est pressée pour venir avec moi en Tunisie, tellement il y a ici de liens d'amitié et d'opportunités de développement. La grande satisfaction d'être dans le techno-pôle de El Ghazala. D'abord ça me rajeunit puisque je me souviens être venu non pas ici mais à Tunis, puisqu'on parle de technologie de l'information, dans les années 95, pour signer je crois, le premier accord entre Alcatel et le premier opérateur de mobile téléphonique, ici, GSM en Tunisie.
Ce pôle, il illustre parfaitement la stratégie que vous avez choisie, qui correspond à celle que notre pays lui-même a choisie pour son développement dans un contexte, une compétition économique internationale extrêmement difficile. Ce contexte, cette stratégie c'est celle des pôles de compétitivité. Nous avons créé les pôles de compétitivité parce que nous voulions rapprocher les acteurs de la recherche, les acteurs de l'information, les pouvoirs publics et les entreprises qui, pour des raisons qui sont liées à notre histoire économique, se parlent moins ou se parlaient moins dans notre pays que dans beaucoup d'autres. Il y a plusieurs façons au fond de changer les choses, on peut réformer de façon très brutale et imposer une autre organisation à la recherche, une autre organisation à l'université. Ou alors créer les conditions d'un dialogue - c'est ce que nous avons fait - dans les pôles technologiques où ces entités peuvent dialoguer, apprendre à se connaître et progressivement développer des synergies. Cette stratégie a été couronnée de succès. Les pôles de compétitivité constituent une réussite indiscutable, à la fois quant aux résultats économiques qu'ils produisent mais surtout quant aux changements culturels qu'ils sont en train d'introduire dans notre pays. Cette stratégie, nous l'avons amplifiée avec Valérie Pécresse, dans le cadre de la réforme de notre politique de recherche et de notre politique d'enseignement supérieur. C'est ainsi que nous avons mis en place un système de crédit impôts/recherche qui fait de la France aujourd'hui, le pays le plus attractif de tous les pays de l'OCDE, en matière de financement de la recherche en entreprise. Nous avons développé les pôles de compétitivité auxquels nous consacrons un milliard et demi d'euros sur la période 2009 - 2011. Nous avons donné aux universités les moyens de leur autonomie et lancé une grande opération de modernisation de dix grands campus pour créer progressivement dans notre pays des universités qui soient au premier niveau mondial.
L'effort budgétaire pour la recherche, le développement et l'université est considérable puisque nous allons augmenter de 50% en cinq ans, les budgets de l'enseignement supérieur et de la recherche, ça ne s'est jamais fait dans notre pays, c'est sans précédent. Et c'est d'autant plus spectaculaire, que nous le faisons dans un contexte qui est un contexte de réduction globale de la dépense publique.
Je voudrais rappeler que la France est le premier partenaire de la Tunisie en matière de recherche et d'innovation et en particulier que la France a soutenu depuis le début les efforts de la Tunisie, pour la constitution d'un réseau de Technopôles et de pôles de compétitivité.
Nous avons été associés dès l'origine à la jeunesse de certains des pôles tunisiens ; je pense à Bizerte, à SidiThabet et des accords ont été signés en janvier 2007 entre les pôles de compétitivité français Qualimed de Montpellier et Agroparc d'Avignon, Up-Tex de Roubaix-Tourcoing, SCS à Roussais, et les pôles tunisiens de Bizerte, de Monastir, et ici d'El Ghazala. Et le réseau va s'étendre et s'intensifier encore, avec la signature dans quelques instants de deux nouveaux pôles de compétitivité français et tunisien sur le textile et les nouvelles technologies.
Les relations entre les pôles de compétitivité français et les technopôles tunisiens illustrent une stratégie de développement économique qui est fondé sur le partage et sur la coopération. Nous ne sommes pas simplement dans une attitude les uns et les autres, de recherche d'accords à court terme ; de recherche simplement de contrats qui soient les plus rentables possibles. Nous sommes au contraire, dans la recherche de la construction d'une relation de long terme que votre Premier ministre aime bien appeler une relation "gagnant-gagnant". Avec trois piliers : les partenariats publics-privés ; l'implication de l'ensemble des acteurs publics, la valorisation des complémentarités entre les deux pays, en particulier le nombre croissant d'ingénieurs, de chercheurs et de jeunes entrepreneurs tunisiens. Je crois que ce partenariat je vais pouvoir, d'une certaine façon, l'illustrer par la visite que je vais faire dans quelques instants, de l'entreprise Telnet qui est peut-être la bonne démonstration de ce jeu, à somme positive. Un tunisien, ancien élève de l'école Polytechnique, qui a acquis une expérience industrielle en France et qui revient s'installer en Tunisie, précisément ici dans le technopôle de El Ghazala, pour y développer des produits logiciels, avec des sociétés françaises, qui permettra d'ailleurs à ces sociétés françaises d'être mieux placées sur les marchés régionaux et mondiaux. Franchement, c'est vraiment l'illustration de la stratégie "gagnant-gagnant".
Et je crois et je voudrais en terminer par-là, pouvoir dire que ce qui est vrai pour les nouvelles technologies, ce qui semble évident pour les nouvelles technologies, l'est aussi pour des secteurs beaucoup plus classiques, beaucoup plus anciens. Le textile, où nous avons fait la démonstration de l'efficacité de nos coopérations ou les produits agricoles et leur transformation. Voilà, je crois que c'est en étant unis, c'est en cherchant des partenariats respectueux de l'intérêt des deux partis que nous serons les plus efficaces. D'abord dans le développement des économies de nos deux pays, mais aussi dans la résistance et dans la lutte contre cette crise économique qui s'est abattue sur la France comme sur la Tunisie, et qui doit désormais nécessiter que nous retroussions nos manches, que nous fassions preuve de beaucoup d'inventivité, de beaucoup de courage, de beaucoup d'esprit de responsabilité, pour faire en sorte que nos deux pays sortent de cette crise, renforcés.
Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 4 mai 2009