Déclaration de M. Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, sur l'Union européenne et les Balkans, le futur président du Conseil européen et sur la fin du processus de ratification du Traité de Lisbonne, à Ljubljana (Slovénie)le 23 octobre 2009.

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Circonstance : Point de presse avec M. Mitja Gaspari, ministre slovène chargé du développement et des affaires européennes, lors d'un déplacement en Slovénie, le 23 octobre 2009

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Texte intégral

Bonjour à vous tous.
Je crois que M. Gaspari a dit l'essentiel, je n'ai pas grand-chose à ajouter sauf le plaisir qui est le mien de me trouver ici à Ljubljana aujourd'hui, pays ami de la France, membre de la famille européenne avec lequel nous sommes en train de travailler en effet à un accord de coopération stratégique, à la suite du passage de notre Premier ministre François Fillon qui est venu ici au mois de mai. Nous avons d'importants projets de coopération économique dans le domaine de l'énergie avec la Slovénie.
Bien entendu, nous sommes extrêmement attachés à la stabilité dans les Balkans. Je salue les efforts qui sont faits du côté slovène pour permettre à la Croatie de poursuivre les négociations en vue de son entrée dans l'Union dans laquelle nous voyons un élément clef de la stabilisation de l'ensemble des Balkans. Nous sommes 20 ans après la chute du mur de Berlin, je me souviens très bien du début de la guerre dans l'ex-Yougoslavie, 1991, moment extrêmement douloureux pour tous les Européens. Nous croyons fermement que la perspective européenne est une condition tout à fait fondamentale de la paix - une paix qui ne soit pas simplement une paix froide mais qui soit une véritable réconciliation dans toute cette région, un peu comme sur le modèle que la France et l'Allemagne ont réussi à faire.
Nous pensons que la stabilité par la prospérité, par l'appartenance à la famille européenne est quelque chose de très important pour l'ensemble des pays de la région ; bien sûr pour la Croatie mais au-delà aussi pour la Serbie et pour beaucoup de nations qui vivent encore les déchirements de ce conflit. De ce point de vue, nous saluons les efforts qui sont faits, et je sais que ce n'est pas facile, par le gouvernement slovène de façon à permettre la poursuite de ce processus qui est important pour toute l'Europe.
Q - La France a-t-elle un candidat pour le futur président du Conseil européen ? Aujourd'hui le président Klaus a exprimé sa satisfaction à propos de la dernière proposition de la Présidence suédoise. Quand vous attendez-vous à ce qu'il signe le Traité de Lisbonne ?
R - Sur le premier point, sur les nominations, j'ai naturellement une très haute opinion de mes fonctions, mais il y a une chose que je sais, c'est que ce n'est pas à mon niveau que ces choses-là se décident.
Je souhaite et je vous suggère de poser la question directement au président Sarkozy et peut-être à Angela Merkel et à votre Premier ministre.
C'est une campagne compliquée qui va durer plusieurs semaines encore grâce à M. Klaus. Il n'est peut être pas utile de commencer trop tôt sinon on risque de se faire tirer dessus comme c'est arrivé récemment. Simplement la seule chose que je peux vous dire c'est que, s'agissant du poste de Haut représentant, nous avons, c'est vrai, du côté français, une vision ambitieuse de la politique extérieure de l'Union, du service européen de l'action extérieure, de tout le service diplomatique et que nous souhaitons, c'est vrai, que l'Europe soit ambitieuse dans le monde.
Le président Sarkozy, devant les ambassadeurs fin août, a eu cette formule : "la grande question qui se pose aujourd'hui pour l'Europe c'est de savoir si nous allons subir le XXIe siècle ou si nous allons être l'un des grands pôles de puissance à côté des grandes puissances émergentes et des Etats-Unis".
Nous sommes heureux d'être à la fin de ce long processus institutionnel qui nous a occupés presque pendant 15 ans. Il est grand temps de refaire de la politique en Europe et de résoudre les problèmes des gens et d'arrêter de se préoccuper uniquement de nos institutions.
Côté français, nous voulons pousser les politiques industrielles communes, les politiques de l'énergie commune, les politiques communes en matière d'immigration et enfin travailler à une sécurité commune et à une défense commune.
C'est dire, et c'est pour répondre à votre deuxième question, si nous sommes impatients de voir la fin du processus de ratification en République Tchèque. Je dis la fin du processus parce que le Parlement a déjà ratifié. Les deux chambres ont déjà ratifié. La Cour constitutionnelle s'est déjà prononcée il y a plus d'un an. Alors tout le monde est engagé à ce que le Traité soit en place pour le 1er décembre. Au mois de décembre, j'espère que ce sera le cas. C'est la Présidence suédoise qui est chargée de mettre tout cela en musique dans les jours qui viennent. J'espère que nous aurons une bonne nouvelle dans les jours qui viennent et qu'au mois de novembre nous aurons la signature du président. Si le Président tchèque signe, je suis supposé d'ailleurs aller à Prague à la mi-novembre, j'espère lui porter moi-même une bouteille de champagne. Un magnum de champagne.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 29 octobre 2009