Déclaration de Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, sur les réformes des structures d'aide au développement du commerce extérieur, et particulièrement le rôle d'Ubifrance, à Londres le 23 octobre 2009

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Circonstance : Inauguration des nouveaux locaux d'Ubifrance - AFII, à Londres le 23 octobre 2009

Texte intégral

Madame la Sénatrice,
Messieurs les Sénateurs,
Monsieur le Député,
Monsieur l'Ambassadeur,
Monsieur le Président de l'AFII,
Monsieur le Directeur général d'Ubifrance,
Mesdames, Messieurs,
C'est peu de dire mon plaisir de me trouver ce soir ici à l'occasion de l'inauguration du nouveau bureau de l'équipe de France, celle de l'exportation, cher Henri BAISSAS, et celle de l'attractivité, cher Président David APPIA, et cher Fabrice ETIENVRE.
Je vois également dans cette salle bien d'autres membres de l'équipe de France : fédérations professionnelles, représentées au Conseil d'administration d'Ubifrance, représentants des Chambres de commerce et d'industrie de plusieurs régions, et de bien des acteurs qui se sont mobilisés à Londres et à travers le monde, pour ces réformes profondes qu'à la demande de Nicolas Sarkozy, nous avons, Christine Lagarde et moi-même, entrepris depuis quelques mois.
Je crois que ce qui se passe à Londres concernant Ubifrance est la meilleure démonstration, la plus achevée, de la bonne évolution des structures que nous avons su mener pour les rendre plus efficaces avec un seul objectif : être au service de nos clients, en l'occurrence les entreprises, et notamment les plus petites d'entre elles.
Certains d'entre vous savent que j'ai une petite expérience de différentes réformes du service public, et je voudrais vraiment témoigner que ces réformes mises en oeuvre à travers le monde, à travers 64 pays, sont exemplaires.
S'agissant d'Ubifrance, vous avez déjà à votre actif des réalisations très importantes telles que la réorganisation en filières, la promotion d'une nouvelle gamme de produits, l'intégration des missions économiques et le partenariat avec les CCI. L'organisation dans le travail a changé et s'articule désormais autour d'objectifs précis et ambitieux, par équipes et par personne, tout aussi professionnels que ceux que l'on trouve dans les entreprises. Puisque l'on doit promouvoir la compétitivité française, l'outil de promotion doit être lui aussi compétitif.
Un autre objectif poursuivi dans le travail de restructuration, et la définition de ce que recouvre le terme « Equipe de France ». Il s'agit d'une agrégation de toutes les forces, qu'il s'agisse des Chambres de commerce, en France et à l'étranger, des Conseillers du Commerce extérieur, mais aussi de la COFACE, d'OSEO, de l'INPI, ou de l'AFD, avec qui Ubifrance a récemment signé un accord-cadre de coopération.
Tout ceci se concrétise, en 2010, par un « Programme France », que j'ai dévoilé il y a quelques jours à Bercy. Sont ainsi rassemblées pour l'année 2010 plus de 1 100 opérations collectives sans doublon, plus lisibles pour les entreprises, avec comme objectif d'en emmener environ 18 000 à l'international. Sur ces 11 000 opérations, 60 concerneront le Royaume-Uni dans une approche collective, afin de sortir des clivages, qui ne sont absolument plus de saison pendant la crise.
Les moyens d'Ubifrance ont également été considérablement renforcés. J'ai pu obtenir du Premier Ministre, en contrepartie de cette amélioration de la productivité du dispositif, que nous puissions redistribuer aux entreprises davantage de crédits, en améliorant le taux de subvention pour la participation à des salons par exemple, et pour toutes les opérations de promotion, à l'instar de ce qui se passe chez nos concurrents, notamment les premiers d'entre eux qui sont les allemands et les italiens.
Le Royaume-Uni est un partenaire essentiel pour la France dans le domaine des échanges commerciaux, comme en matière d'investissements. Le Royaume-Uni demeure notre premier excédent commercial bilatéral. Cela représente un important volume d'échanges, grosso modo trois fois et demi la Chine. Nous sommes bien décidés à poursuivre nos efforts sur le marché britannique. Ceci, malgré la situation difficile de l'économie britannique. Ceci malgré le défi que nous impose le niveau de la Livre. Nous nous sommes dits que c'était au contraire le moment d'être d'autant plus professionnels, d'autant plus dynamiques, et pourquoi ne pas dire d'autant plus agressifs.
En trois ans, le nombre d'accompagnements d'entreprises françaises sur le marché britannique a plus que triplé, tout comme le nombre d'opérations collectives proposées par UBIFRANCE. Nous entendons bien maintenir l'effort l'année prochaine.
Le Royaume Uni se classe désormais dans le peloton de tête des pays où nous resterons les plus actifs dans le même peloton que les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne.
Ceci concerne l'objectif n°1 de « l'Equipe de France » de l'export : augmenter de 10 000 le nombre d'entreprises exportatrices.
Quelques mots à présent sur le deuxième objectif de « l'Equipe de France » : porter à 10 000 le nombre de Volontaires Internationaux en Entreprise. Cet objectif s'est enrichi qualitativement au cours des derniers mois. Nous nous sommes en effet rendu compte que la question des VIE importe surtout pour les petites et moyennes entreprises.
Au-delà de l'aide massive, considérable, que représente l'exonération totale de charges, nous avons voulu optimiser le dispositif pour les PME. C'est ainsi que sur une proposition très astucieuse d'Ubifrance et de son équipe VIE en particulier, nous avons créé le dispositif de VIE multi-cartes, largement inspiré d'ailleurs de ce qui existait déjà avec la Fédération des Industries Mécaniques. C'est à Londres, pour les meubles et le design, que le premier VIE multi-cartes, est à présent en poste pour le compte du Groupement des Exportateurs de Meubles.
Je voudrais rappeler à tout le monde d'ailleurs, devant les Parlementaires ici présents, que le Parlement vient d'adopter une disposition extrêmement intéressante concernant les VIE, à savoir la possibilité de les financer par la taxe d'apprentissage. C'est une rénovation considérable, qui a un double effet : financier évidemment, mais également culturel en faisant en sorte que les expériences professionnalisantes dans les entreprises françaises à l'international soit considérée comme partie intégrante de la formation de nos jeunes par les entreprises.
Lorsque je parle « d'Equipe de France », je n'oublie pas le rôle de l'AFII dont l'action au quotidien contribue à consolider notre relation avec le Royaume-Uni. Comme je le répète souvent, j'ai deux principaux outils pour la promotion des exportations. Le premier est le crédit d'impôt-recherche. Le deuxième est la prochaine suppression de la taxe professionnelle. Or il se trouve que les deux principaux arguments que M. APPIA et ses équipes de l'AFII utilisent pour vendre la France sont la capacité d'innovation : crédit d'impôt-recherche et Pôles de compétitivité, et tout ce qui contribue à assouplir le fonctionnement du marché du travail ou du marché tout court sur notre territoire.
En matière de flux d'investissement, le Royaume-Uni est le troisième pays d'origine des investissements étrangers en France.
Après deux années exceptionnelles où les investissements britanniques ont représenté en moyenne 10% des créations d'emplois d'origine étrangère.
Pourquoi est-ce que je dis que le Royaume-Uni a un rôle particulier ? C'est parce que nous pouvons aussi travailler ici avec des investisseurs d'autres pays. Par une sorte « d'effet billard », travailler également avec des investisseurs indiens, émiratis ou chinois peut avoir un effet de complémentarité avec ce que font les équipes dédiées de l'AFII en Inde, aux Emirats Arabes Unis ou en Chine.
Sur ces questions d'investissement, nous avons à faire valoir les atouts de notre pays, et je crois que ce qui frape c'est l'image de mouvement de la France à travers le monde. J'avais été très frappée de lire dans un rapport de l'OCDE il y a deux ans déjà la formulation « France is on the move ». Partout à travers le monde, c'est cela que nous devons faire valoir parce que cela correspond à une réalité dont j'ai donné quelques exemples à propos de l'innovation et de la compétitivité.
Avoir sur le même plateau ces deux Agences dont les actions sont complémentaires et pour lesquelles les arguments sont les mêmes, est évidemment un atout, comme me l'ont confirmé les deux directeurs des agences londoniennes.
Un dernier mot, qui est l'un des points communs entre vos deux agences, je voudrais vous parler de « green-tech ». Je vois une capacité particulière de la France en la matière. Nous sommes l'un des rares pays à pouvoir aligner des positions politiques exemplaires, comme l'illustrent le paquet énergie-climat, et le Grenelle de l'environnement ; des positions industrielles tout aussi exemplaires : évidemment le nucléaire, dont nous ne devons pas avoir peur de dire qu'il est « green » ; de très grandes entreprises de services, qui traitent aussi bien des questions d'énergie que des questions d'eau que des questions de déchets ; de grands groupes industriels « traditionnels », qui se positionnent de plus en plus sur les questions d'efficacité énergétique et d'ingénierie durable ; un tissu dense de PME innovantes. Tout ceci est articulé sur un ensemble de pôles de compétitivité clairement identifiés en matière de développement durable.
Je voudrais pour terminer saluer l'ensemble, Monsieur l'Ambassadeur, des actions pour lesquelles je vois se rassembler une « Equipe de France » sous votre autorité. Je voudrais citer en particulier à titre d'exemple, le rôle que vous jouez pour rassembler les forces sur le projet, sensible également au coeur de nos sénateurs, concernant le Lycée français de Londres. Nous entendons ici faire rayonner cette France qui est beaucoup plus internationale qu'on ne le reconnait sur notre territoire, cette France qui n'est pas protectionniste, cette France qui porte sur beaucoup de sujets, par la voix de Nicolas Sarkozy, des idées, des avancées sur le climat, sur la sécurité dans le monde, sur la régulation financière, sur le rôle des pays émergents.
Toutes ces valeurs que porte la France et les Français, toutes ces capacités de mouvement et de rayonnement, c'est de cela aussi que je voulais vous remercier.
Source http://www.exporter.gouv.fr, le 3 novembre 2009