Déclaration de Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat au commerce extérieur, sur la diversité des aides fournies par la France au Mozambique, Maputo le 11 mars 2010.

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Circonstance : Déplacement de la secrétaire d'Etat au commerce extérieur au Mozambique, les 11 et 12 mars 2010

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Texte intégral

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Gouverneur,
Mesdames et Messieurs,
Je suis particulièrement heureuse, Monsieur le Ministre, d'être présente aujourd'hui au Mozambique et d'avoir signé à vos cotés plusieurs conventions de financement qui constituent une nouvelle étape de l'histoire d'amitié qui unit nos deux pays.
En effet, la France est un partenaire stratégique et historique du Mozambique.
En dépit de la crise économique qui atteint notre pays, comme beaucoup d'autres, la France a maintenu tous ses engagements financiers en faveur du Mozambique. C'est le signe de l'intérêt particulier que les plus hautes autorités françaises portent au Mozambique et la reconnaissance des efforts que vous consentez pour lutter contre la pauvreté.
Bien plus, notre pays, constatant les bonnes performances macroéconomiques, a décidé en 2009 de reprendre avec le Mozambique une active politique de prêts très concessionnels et respectueux des capacités financières du pays. Le Mozambique devient ainsi l'un des rares pays de ce continent à bénéficier de ces ressources financières nouvelles qui permettront d'accélérer le programme d'aménagement des grandes infrastructures du pays, notamment dans les domaines de l'énergie et de l'eau potable que vous avez identifiés comme prioritaires.
Monsieur le Ministre, cher ami,
Nous venons de signer cinq documents différents qui illustrent la diversité des moyens d'intervention et l'appui multiforme que la France apporte au Mozambique :
- Une convention, d'un montant de 20 millions d'euros, marque la reprise des prêts de la France à l'Etat du Mozambique, dans des conditions très souples et ajustables, et vise à répondre au défi de l'accès à l'énergie électrique des populations dans les zones périurbaines de Maputo et de Pemba, à l'heure où l'accroissement de la densité démographique des villes devient un enjeu majeur du développement en Afrique ;
- Par ailleurs, le nouveau contrat de désendettement et de développement (C2D), d'un montant de 18,9 millions d'euros, traduit la poursuite de l'effort français décidée lors de la remise de dette aux pays PPTE il y a une dizaine d'années :
* Sur ce montant, et conformément à votre demande, 10 millions d'euros seront consacrés à l'Aide Budgétaire Globale pour la période 2010-2014 afin de soutenir le gouvernement dans la mise en oeuvre de ses politiques et stratégies, notamment de lutte contre la pauvreté. Nous espérons sur ce point que le dialogue politique renouvelé entre le Gouvernement et le G19 aboutira rapidement à un accord satisfaisant pour toutes les parties.
* 4 millions d'euros serviront à la consolidation des acquis de notre coopération dans le parc national des Quirimbas, dont la première phase a montré l'efficacité de notre partenariat, notamment en ce qui concerne l'implication des populations dans la conservation de la biodiversité et la protection des zones de pêche.
* l'instruction du reliquat du C2D, affecté à la fondation pour la biodiversité en cours de création et à un soutien à une politique de santé d'excellence grâce à des partenariats entre établissements français et mozambicains, est en cours.
- enfin, en complément de la convention de prêt et des contrats et conventions liés au C2D, un fond d'études préparatoires de l'AFD, d'un montant de 600 000 euros, est constitué auprès de la Banque centrale du Mozambique. Il sera consacré à l'instruction de projets que nous identifierons ensemble, ou encore à des renforcements de capacités techniques ou humaines.
J'ai le plaisir, Monsieur le Ministre, de rappeler par ailleurs que deux autres conventions seront très prochainement signées. La première, avec l'entreprise CMH, pour un montant de 35 millions d'euros, la seconde avec la BCI, de 1,4 million d'euros, pour des garanties de prêts pour les petites et moyennes entreprises.
Ainsi, ce seront plus de 76 millions d'euros de financements nouveaux que la France mettra, en ce début d'année, à la disposition du Mozambique pour financer ses projets de développement.
La France n'est pas seulement un partenaire significatif du Mozambique. C'est aussi un pays voisin de l'Afrique australe, à travers ses départements de l'Océan Indien, La Réunion et Mayotte.
La présence de la France dans cette région du monde est un gage de stabilité ainsi qu'en témoigne la coopération qui s'est instaurée entre nos forces militaires présentes à la Réunion et les forces armés mozambicaines. La surveillance de la zone économique exclusive du Mozambique grâce aux agents embarqués sur les bâtiments de la marine française et les formations dispensées dans le cadre de la mise sur pied de la brigade en attente de la SADC en sont les manifestions les plus exemplaires.
Naturellement, les liens humains tissés à travers une histoire partagée, constituent également le terreau fertile des échanges culturels si nombreux avec nos îles de l'Océan Indien. J'ai également pu le constater, en début de semaine, à Maurice où je me suis rendue pour renforcer les liens économiques entre nos départements d'Outre-mer et leur environnement régional.
Je souhaite également mettre à profit mon déplacement au Mozambique pour redynamiser nos relations économiques avec votre pays, notamment à partir des Iles de la Réunion et de Mayotte, et favoriser ainsi une meilleure insertion de ces départements français dans leur zone géographique régionale.
Je serai demain à Quelimane pour visiter l'entreprise Aquapesca d'aquaculture de crevettes, investissement français de premier plan au Mozambique, dont l'origine est justement l'île de la Réunion.
Une vingtaine d'autres entreprises françaises sont déjà présentes dans votre pays, dont quelques investissements de grande taille, représentant un montant total investi de quelque 120 millions d'euros et plusieurs milliers d'emplois permanents.
De nouveaux projets devraient se concrétiser dès cette année dans les secteurs de l'énergie, des mines et des travaux publics, permettant ainsi à nos entreprises de participer plus activement au développement économique du Mozambique.
La présence, en Afrique du Sud, de la plupart de nos grandes entreprises et la proximité et le dynamisme des opérateurs économiques de La Réunion et de Mayotte permettent d'augurer un heureux développement de nos relations économiques, notamment par de nouveaux investissements français au Mozambique qui répondront ainsi aux souhaits formulés par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Armando Guebuza.
Nous sommes convaincus que le Mozambique, qui dispose d'importantes potentialités de développement, est un pays d'avenir avec lequel il convient d'oeuvrer au renforcement des relations économiques.
Je vous remercie. Source http://www.ambafrance-mz.org, le 23 mars 2010