Déclaration de Mme Christine Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, sur la perspective du G20 sous la présidence française, à l'Assemblée nationale le 23 novembre 2010.

Texte intégral

Monsieur Roubaud, vous avez cité plusieurs priorités ; permettez-moi de les rappeler à mon tour.
La France, en la personne de son président de la République, s'apprête à prendre la présidence du G20, puis celle du G8 à compter du 1er janvier prochain.
Le président de la République a défini trois priorités. La première est la réforme du système monétaire international. Cela semble compliqué, mais il s'agit d'assurer la protection et la prévisibilité, si nécessaires à nos entreprises en période de volatilité.
Le deuxième objectif est la régulation du marché des matières premières. Il s'agit là encore de protection et de prévisibilité, si importantes pour les agriculteurs comme pour les consommateurs français.
Le troisième objectif est la gouvernance mondiale, afin de garantir une fois encore la prévisibilité et, surtout, la coordination dont nous avons impérieusement besoin pour organiser nos politiques macroéconomiques et pour éviter d'être les victimes permanentes d'un capitalisme débridé, sans règles et qui pénalise généralement les plus fragiles et les plus faibles, c'est-à-dire ceux qui sont endettés.
Pour atteindre ces trois objectifs, nous procéderons en trois temps. D'abord, le temps de la consultation : il faut impérativement consulter le milieu académique, les «sachants», mais aussi le milieu parlementaire, auquel tous ces thèmes doivent évidemment être présentés afin qu'ils formulent leurs propositions.
Viendra ensuite le temps de la coordination : vous le savez, Monsieur Roubaud, il faudra tout aussi impérativement coordonner les politiques des différents États, qui ne poursuivent pas les mêmes intérêts.
Viendra enfin le temps de la décision : c'est alors que le G20 devra être pertinent et efficace, lorsqu'il s'agira d'appliquer des politiques touchant à la gouvernance mondiale et à la régulation de ces marchés - monétaires et des matières premières -, afin de ramener un peu d'ordre dans le désordre.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 novembre 2010