Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur la coopération économique entre la France et la Russie, notamment à propos de la création du futur centre d'innovation de Skolkovo, à Moscou le 10 décembre 2010.

Texte intégral

Mesdames et Messieurs les ministres
Je voudrais vous remercier, Monsieur le Premier ministre Poutine, pour votre accueil et la densité du travail que nous avons déjà réalisé ensemble, nous avons passé près de 5 heures hier soir et ce matin à discuter de tous les sujets.
C'est le signe, à la fois de la très grande réussite de la relation franco-russe que nous avons voulue, avec le président Sarkozy relancer, de sa réussite dans le domaine économique. Nous sommes désormais les 5e fournisseur de la Russie et les 5e investisseur en Russie, devant les Etats-Unis - et nous entendons bien non seulement conserver ce rang mais progresser - mais aussi de la qualité de notre coopération culturelle dont l'année croisée a été le symbole.
C'est un plaisir pour moi de retrouver beaucoup des membres du gouvernement russe avec lesquels nous avons pris l'habitude de travailler, en particulier saluer le vice Premier ministre Joukov. Mais vous me permettrez toujours de faire une exception pour Andréi Foursenko, qui fut mon collègue pendant des années et pour Alexandre Avdeev, qui a veillé sur mon fils pendant des années, puisque à l'ambassade de Russie à Paris, le bureau de l'ambassadeur donne sur la cour de l'école, où mon fils faisait sans doute du bruit l'empêchant de travailler.
Je commence tout de suite par le football pour vous redire toutes nos félicitations et vous indiquer que nous sommes prêts à vous fournir toute notre expertise en matière d'organisation de grands évènements sportifs. Pour ce qui est de notre expertise pour gagner les coupes du monde je ne suis pas sûr que nous soyons aujourd'hui les mieux placés pour vous conseiller et de toute façon, si c'était le cas, nous ne le ferions pas, car bien entendu, si vous venons à la Coupe du Monde en Russie en 2018, ça sera pour vous battre et pour la gagner.
Nous avons évoqué avec Vladimir Poutine ce matin tous les sujets de coopération et je voudrais simplement résumer les choses en disant que, avec le président de la République Française, nous défendons - et c'est pour moi une conviction très ancienne et très profonde - une idée très simple : la Russie est une grande puissance européenne. Et la stabilité est la prospérité de l'Europe par la constitution d'un grand espace de coopérations économiques, politiques, de sécurité entre la France et la Russie, entre l'Europe et la Russie et, de ce point de vue, les évènements qui ont marqué la relation entre la France et la Russie depuis 3 ans, nous ont permis de progresser de façon exemplaire.
J'ai confirmé à Vlamidir Poutine que nous allions continuer en essayant de diversifier notre offre de coopération, notamment dans le domaine économique. Je pense à la question de l'efficacité énergétique pour laquelle nous allons signer tout à l'heure un accord pour la création d'un centre franco-russe et qui offre un champ immense de coopération.
Je pense au projet de Skolkovo pour lequel j'ai indiqué à Vladimir Poutine que nous allions renforcer notre participation en désignant un grand, un très grand scientifique français, Prix Nobel de Chimie, pour participer au conseil scientifique et en incitant des entreprises françaises - et une est déjà décidée à le faire - à y installer un centre de recherches.
Je pense aussi à la coopération financière, symbolisée aujourd'hui par le forum organisé conjointement par Paris Europlace et par la ville de Moscou.
Et, enfin, je pense au nouveau domaine de coopération économique que ce séminaire intergouvernemental doit contribuer à impulser dans le domaine de l'agriculture. Et je me réjouis de la présence des ministres de l'Agriculture autour de cette table, parce qu'il s'agit là d'un sujet qui n'appartient pas du tout au passé et qui est, au contraire, un sujet éminemment stratégique pour l'avenir, à la fois en ce qui concerne les questions de sécurité alimentaire, la façon dont nous allons pouvoir répondre aux besoins en alimentation d'une planète dont la population augmente de façon très importante et aussi parce qu'il y a, à travers à l'agriculture, des nouvelles applications à développer qui sont d'une très haute technologie et que nous pouvons ensemble maîtriser.
C'est également le cas dans le domaine de la santé - et je me réjouis aussi que les deux ministres de la Santé soient présents autour de la table du séminaire intergouvernemental - il y a là un champ de coopération considérable.
Voilà monsieur le Premier ministre.
Peut-être est-il temps de laisser nos collègues exprimer chacun les sujets sur lesquels ils souhaitent intervenir, sinon ils vont avoir le sentiment qu'ils ne sont pas utiles, ce qui naturellement ne serait pas exact.
Source http://www.gouvernement.fr, le 13 décembre 2010