Texte intégral
Permettez-moi tout d'abord de souhaiter la bienvenue en France aux nombreux participants étrangers. Votre présence montre à quel point l'accès à l'énergie pour tous est un enjeu crucial et à quel point il nous engage. Je suis heureuse que l'initiative franco-kenyane que nous avons annoncée à Cancun avec le Premier Ministre, Raila ODINGA, tienne aujourd'hui sa première session. Je suis ravie que nous puissions l'accueillir à Paris.
2011 est une année cruciale pour la lutte contre les changements climatiques. Nous avons à Copenhague et à Cancun tracé une voie pour être plus solidaires face aux effets du changement climatique. Il a fallu du temps, de longues discussions, du courage et de la persévérance, pour y arriver. Mais, il faudra aller encore plus loin pour transformer l'essai à Durban. Je suis convaincue que notre réunion peut apporter une contribution majeure sur la question clé du financement.
Pour que la Conférence de Durban réussisse, pour que le Sommet Rio +20 qui se tiendra l'année prochaine soit un succès, il est nécessaire de montrer qu'il n'y a pas d'opposition entre développement et lutte contre les changements climatiques.
L'initiative climat « Paris-Nairobi » doit permettre deux avancées :
- d'abord, elle doit apporter des solutions concrètes à la question de l'accès à l'énergie pour les pays en développement dans le cadre des négociations climatiques.
C'est un défi important pour l'adaptation de leurs économies aux enjeux du changement climatique pour appuyer un développement sobre en carbone et pour préserver leurs forêts ;
- ensuite, notre initiative doit permettre d'atteindre l'objectif ambitieux d'un accès universel à l'énergie à l'horizon 2030, conformément aux recommandations du panel d'experts énergie-climat auprès du secrétaire général des Nations-Unies.
Quelles sont les actions nécessaires pour atteindre cet objectif ? Nous devons nous mobiliser à tous les niveaux.
Cela implique de définir et de mettre en place des cadres énergétiques nationaux optimaux, notamment pour les énergies renouvelables :
- de renforcer les capacités humaines et institutionnelles,
- de favoriser l'intégration régionale,
- d'opérer une mutation dans les investissements destinés aux infrastructures énergétiques en créant des garanties, facilités, mécanismes nouveaux et flexibles permettant au secteur privé d'entrer en jeu,
- de mettre en place des partenariats internationaux et d'établir des liens entre eux.
Les pays les plus pauvres, en Afrique notamment, sont dès aujourd'hui les premières victimes des effets des changements climatiques; les populations les plus dépendantes des ressources naturelles (agriculture, forêts) sont les plus fragiles.
Il y a urgence à s'engager avec les pays les plus vulnérables aux changements climatiques (Afrique, petits États insulaires en développement, autres pays les moins avancés) en faveur d'un accès de 100 % des populations à une énergie moderne, fiable et propre. L'accès aux énergies propres est directement lié l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
Il est en effet une condition de l'amélioration de la santé, de la réduction de la pauvreté et de l'égalité entre les genres.
La pauvreté énergétique et la lutte contre les changements climatiques doivent devenir un axe prioritaire de notre politique de coopération, particulièrement au niveau européen. Dans la négociation sur le climat, il est primordial que les pays industrialisés soutiennent les plus vulnérables dans leurs choix de développement durable.
Nous nous sommes financièrement engagés à Copenhague et à Cancun à apporter jusqu'à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020. Aujourd'hui, il s'agit de donner l'impulsion politique nécessaire qui accélérera le déboursement des financements « fast-start » et du Fonds vert. Que faut-il faire pour que les sommes annoncées permettent rapidement des réalisations concrètes dont chaque habitant pourra profiter et témoigner ? C'est de cela qu'il s'agit de discuter aujourd'hui : que faut-il faire pour aller plus vite ?
Nous allons au cours de cette journée présenter quelques unes des initiatives les plus fortes, les plus ambitieuses, les plus réussies. Notre objectif est alors de s'en inspirer, d'en tirer des leçons, de les compléter et de travailler avec ces initiatives en faveur d'un accès de tous à l'énergie afin de dépasser tous les obstacles qui pèsent sur le financement de l'accès à l'énergie aujourd'hui.
Dans une logique de solidarité, et conformément à ses engagements au titre de la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques et du protocole de Kyoto, la France contribue, à son échelle et avec ses partenaires, à la mise en oeuvre de projets d'accès aux énergies propres et modernes dans les pays en développement et particulièrement les pays les plus vulnérables aux changements climatiques. L'Agence Française de Développement pourra aujourd'hui présenter quelques uns de ces projets phares, où la France fournit une aide financière et une coopération technologique.
La CDC climat est également un acteur important qui dispose d'une expertise unique dans le montage de projets au titre du mécanisme de développement propre et qui est prête à s'investir davantage en Afrique.
Mais au-delà de ce qui se fait déjà, pour atteindre les 100 milliards de dollars par an annoncés à Copenhague, le financement devra être mis en place à partir d'un large éventail d'acteurs et de sources publiques et privées.
Déjà, de nombreux pays et institutions se sont mobilisés pour un accès universel à l'énergie :
- l'Union européenne avec le partenariat Afrique-UE, dont Maurice, l'Allemagne et l'Autriche exercent de façon dynamique la présidence,
- la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni qui réfléchissent de façon innovante à la mobilisation du secteur privé,
- l'Inde qui en a fait une priorité politique et a été à l'origine de la décision de l'Assemblée Générale des Nations-Unies de déclarer 2012 Année Internationale de l'accès à une énergie durable,
- les institutions des Nations-Unies : UN-Energy, l'ONUDI, le PNUD, le PNUE, dont je salue les représentants dans cette salle.
La mobilisation des Nations-Unies est bien sûr fondamentale pour le succès de l'année internationale de l'énergie durable. Elle permettra de faire aussi le lien avec la préparation de Rio+20.
J'ai eu l'honneur de rencontrer la semaine dernière à New-York le secrétaire général des Nations-Unies à qui j'ai présenté notre initiative et qui y a apporté tout son soutien.
Je me réjouis également de l'appui qu'y apporte l'ONUDI, en la personne de son directeur général Kandeh YUMKELLA, le PNUD, et le PNUE (Sylvie LEMMET pourra nous en dire un mot au cours de nos discussions et confirmer que le PNUE entend être un partenaire actif de l'initiative climat Paris-Nairobi.).
Je me félicite également qu'un groupe des amis de l'énergie se soit réuni à New-York le 29 mars pour engager la préparation de l'année internationale de l'accès à une énergie durable.
Il convient également de mentionner dans ce contexte l'IRENA, cette jeune organisation internationale spécialement dédiée à la promotion des énergies renouvelables, dont le directeur général Adnan AMIN est parmi nous et peut jouer un rôle clé pour accompagner ce processus.
Je ne saurai non plus oublier le Fonds pour l'environnement Mondial, dirigée par Monique BARBUT, très impliqué sur le volet transfert de technologies si important pour notre projet.
De manière générale, il est essentiel de faire converger l'ensemble des initiatives en cours en faveur de notre objectif commun d'accès universel aux énergies propres. Elles apportent toutes leur pierre à l'édifice.
Quelle sera la valeur ajoutée du processus Paris-Nairobi dans ce contexte ?
- d'abord son caractère universel : il ne s'agit pas d'un dialogue de région à région mais d'un processus qui a vocation à fédérer les initiatives nationales, régionales et mondiales.
Nous pouvons tirer parti de deux circonstances favorables : la présidence française du G8 et du G20 et la préparation de l'année internationale de l'accès à l'énergie durable ;
- ensuite sa logique pluri-acteurs : sont réunis aujourd'hui à la fois des États, des organisations internationales, des institutions financières, des entreprises, des organisations non gouvernementales qui ont toutes et tous un rôle à jouer dans ce processus ;
- enfin son lien avec la négociation sur les changements climatiques : nous ne sommes pas dans une enceinte qui traite seulement de questions d'énergie et de questions de développement, mais bien ensemble pour mettre en place un cadre global pour lutter contre les changements climatiques.
Il nous reste beaucoup à faire et nous ne faisons aujourd'hui que lancer un processus. Mais je suis profondément convaincue qu'il s'agit d'un sujet majeur pour placer d'emblée les économies en développement sur un chemin de croissance durable.Source http://www.developpement-durable.gouv.fr, le 22 avril 2011
2011 est une année cruciale pour la lutte contre les changements climatiques. Nous avons à Copenhague et à Cancun tracé une voie pour être plus solidaires face aux effets du changement climatique. Il a fallu du temps, de longues discussions, du courage et de la persévérance, pour y arriver. Mais, il faudra aller encore plus loin pour transformer l'essai à Durban. Je suis convaincue que notre réunion peut apporter une contribution majeure sur la question clé du financement.
Pour que la Conférence de Durban réussisse, pour que le Sommet Rio +20 qui se tiendra l'année prochaine soit un succès, il est nécessaire de montrer qu'il n'y a pas d'opposition entre développement et lutte contre les changements climatiques.
L'initiative climat « Paris-Nairobi » doit permettre deux avancées :
- d'abord, elle doit apporter des solutions concrètes à la question de l'accès à l'énergie pour les pays en développement dans le cadre des négociations climatiques.
C'est un défi important pour l'adaptation de leurs économies aux enjeux du changement climatique pour appuyer un développement sobre en carbone et pour préserver leurs forêts ;
- ensuite, notre initiative doit permettre d'atteindre l'objectif ambitieux d'un accès universel à l'énergie à l'horizon 2030, conformément aux recommandations du panel d'experts énergie-climat auprès du secrétaire général des Nations-Unies.
Quelles sont les actions nécessaires pour atteindre cet objectif ? Nous devons nous mobiliser à tous les niveaux.
Cela implique de définir et de mettre en place des cadres énergétiques nationaux optimaux, notamment pour les énergies renouvelables :
- de renforcer les capacités humaines et institutionnelles,
- de favoriser l'intégration régionale,
- d'opérer une mutation dans les investissements destinés aux infrastructures énergétiques en créant des garanties, facilités, mécanismes nouveaux et flexibles permettant au secteur privé d'entrer en jeu,
- de mettre en place des partenariats internationaux et d'établir des liens entre eux.
Les pays les plus pauvres, en Afrique notamment, sont dès aujourd'hui les premières victimes des effets des changements climatiques; les populations les plus dépendantes des ressources naturelles (agriculture, forêts) sont les plus fragiles.
Il y a urgence à s'engager avec les pays les plus vulnérables aux changements climatiques (Afrique, petits États insulaires en développement, autres pays les moins avancés) en faveur d'un accès de 100 % des populations à une énergie moderne, fiable et propre. L'accès aux énergies propres est directement lié l'atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
Il est en effet une condition de l'amélioration de la santé, de la réduction de la pauvreté et de l'égalité entre les genres.
La pauvreté énergétique et la lutte contre les changements climatiques doivent devenir un axe prioritaire de notre politique de coopération, particulièrement au niveau européen. Dans la négociation sur le climat, il est primordial que les pays industrialisés soutiennent les plus vulnérables dans leurs choix de développement durable.
Nous nous sommes financièrement engagés à Copenhague et à Cancun à apporter jusqu'à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020. Aujourd'hui, il s'agit de donner l'impulsion politique nécessaire qui accélérera le déboursement des financements « fast-start » et du Fonds vert. Que faut-il faire pour que les sommes annoncées permettent rapidement des réalisations concrètes dont chaque habitant pourra profiter et témoigner ? C'est de cela qu'il s'agit de discuter aujourd'hui : que faut-il faire pour aller plus vite ?
Nous allons au cours de cette journée présenter quelques unes des initiatives les plus fortes, les plus ambitieuses, les plus réussies. Notre objectif est alors de s'en inspirer, d'en tirer des leçons, de les compléter et de travailler avec ces initiatives en faveur d'un accès de tous à l'énergie afin de dépasser tous les obstacles qui pèsent sur le financement de l'accès à l'énergie aujourd'hui.
Dans une logique de solidarité, et conformément à ses engagements au titre de la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques et du protocole de Kyoto, la France contribue, à son échelle et avec ses partenaires, à la mise en oeuvre de projets d'accès aux énergies propres et modernes dans les pays en développement et particulièrement les pays les plus vulnérables aux changements climatiques. L'Agence Française de Développement pourra aujourd'hui présenter quelques uns de ces projets phares, où la France fournit une aide financière et une coopération technologique.
La CDC climat est également un acteur important qui dispose d'une expertise unique dans le montage de projets au titre du mécanisme de développement propre et qui est prête à s'investir davantage en Afrique.
Mais au-delà de ce qui se fait déjà, pour atteindre les 100 milliards de dollars par an annoncés à Copenhague, le financement devra être mis en place à partir d'un large éventail d'acteurs et de sources publiques et privées.
Déjà, de nombreux pays et institutions se sont mobilisés pour un accès universel à l'énergie :
- l'Union européenne avec le partenariat Afrique-UE, dont Maurice, l'Allemagne et l'Autriche exercent de façon dynamique la présidence,
- la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni qui réfléchissent de façon innovante à la mobilisation du secteur privé,
- l'Inde qui en a fait une priorité politique et a été à l'origine de la décision de l'Assemblée Générale des Nations-Unies de déclarer 2012 Année Internationale de l'accès à une énergie durable,
- les institutions des Nations-Unies : UN-Energy, l'ONUDI, le PNUD, le PNUE, dont je salue les représentants dans cette salle.
La mobilisation des Nations-Unies est bien sûr fondamentale pour le succès de l'année internationale de l'énergie durable. Elle permettra de faire aussi le lien avec la préparation de Rio+20.
J'ai eu l'honneur de rencontrer la semaine dernière à New-York le secrétaire général des Nations-Unies à qui j'ai présenté notre initiative et qui y a apporté tout son soutien.
Je me réjouis également de l'appui qu'y apporte l'ONUDI, en la personne de son directeur général Kandeh YUMKELLA, le PNUD, et le PNUE (Sylvie LEMMET pourra nous en dire un mot au cours de nos discussions et confirmer que le PNUE entend être un partenaire actif de l'initiative climat Paris-Nairobi.).
Je me félicite également qu'un groupe des amis de l'énergie se soit réuni à New-York le 29 mars pour engager la préparation de l'année internationale de l'accès à une énergie durable.
Il convient également de mentionner dans ce contexte l'IRENA, cette jeune organisation internationale spécialement dédiée à la promotion des énergies renouvelables, dont le directeur général Adnan AMIN est parmi nous et peut jouer un rôle clé pour accompagner ce processus.
Je ne saurai non plus oublier le Fonds pour l'environnement Mondial, dirigée par Monique BARBUT, très impliqué sur le volet transfert de technologies si important pour notre projet.
De manière générale, il est essentiel de faire converger l'ensemble des initiatives en cours en faveur de notre objectif commun d'accès universel aux énergies propres. Elles apportent toutes leur pierre à l'édifice.
Quelle sera la valeur ajoutée du processus Paris-Nairobi dans ce contexte ?
- d'abord son caractère universel : il ne s'agit pas d'un dialogue de région à région mais d'un processus qui a vocation à fédérer les initiatives nationales, régionales et mondiales.
Nous pouvons tirer parti de deux circonstances favorables : la présidence française du G8 et du G20 et la préparation de l'année internationale de l'accès à l'énergie durable ;
- ensuite sa logique pluri-acteurs : sont réunis aujourd'hui à la fois des États, des organisations internationales, des institutions financières, des entreprises, des organisations non gouvernementales qui ont toutes et tous un rôle à jouer dans ce processus ;
- enfin son lien avec la négociation sur les changements climatiques : nous ne sommes pas dans une enceinte qui traite seulement de questions d'énergie et de questions de développement, mais bien ensemble pour mettre en place un cadre global pour lutter contre les changements climatiques.
Il nous reste beaucoup à faire et nous ne faisons aujourd'hui que lancer un processus. Mais je suis profondément convaincue qu'il s'agit d'un sujet majeur pour placer d'emblée les économies en développement sur un chemin de croissance durable.Source http://www.developpement-durable.gouv.fr, le 22 avril 2011