Déclaration de M. Michel Mercier, ministre de la justice et des libertés, sur le combat pour l'universalisation de l'abolition de la peine de mort, à Rome le 30 novembre 2011.

Intervenant(s) :

Circonstance : Sixième congrès international des ministres de la justice organisé par la Communauté de Sant’Egidio à Rome sur le thème « Du moratoire à l'abolition de la peine capitale-No Justice Without Life », les 29 et 30 novembre 2011

Prononcé le

Texte intégral

Mesdames, Messieurs,

Je suis honoré d’être parmi vous aujourd’hui pour ce 6ème Congrès international de la communauté de Sant’Egidio consacré à l’abolition de la peine de mort.
2011 est pour la France une année particulièrement symbolique : il y a trente ans exactement, la France inscrivait dans la loi l’abolition de la peine de mort. Mais si cette abolition aujourd’hui est partie intégrante de notre droit, ce progrès fut l’aboutissement d’un long combat.
Le vote par le parlement de l’abolition de la peine de mort fut bien entendu décisif. Mais le chemin pour y parvenir a été long. Il a débuté deux siècles plus tôt, pendant la révolution, lorsque Robespierre puis Condorcet demandèrent l’abolition à l’Assemblée constituante. On peut d’ailleurs considérer que ce chemin ne s’est s’achevé pleinement qu’en 2007, lorsque l’abolition fut inscrite dans notre Constitution.
Mais notre combat se poursuit. L’enjeu est aujourd’hui celui de l’universalisation de l’abolition de la peine de mort. C’est la conviction d’une justice humaniste qui nous inspire. Je me réjouis que les Etats, les organisations internationales, les organisations non gouvernementales, ou les communautés comme la vôtre unissent leurs efforts pour faire reculer la peine capitale et convaincre des Etats toujours plus nombreux de l’abolir ou, à tout le moins, de renoncer aux exécutions.
Nous célébrerons demain la journée « Ville pour la vie », initiée par votre Communauté, qui mobilisera plus de 1400 communes dans 86 pays, dont certains n’ont pas encore aboli la peine de mort. Ces manifestations sont essentielles, car nous devons saisir chaque occasion qui nous est donnée pour sensibiliser toujours plus avant les Etats et les citoyens sur l’importance d’une justice humaniste.

Source http://www.justice.gouv.fr, le 1er décembre 2011