Déclaration de M. Xavier Bertrand, ministre du travail, de l'emploi et de la santé, sur la coopération au sein du G20 pour la croissance et l'emploi, la solidarité sociale et la réduction de la pauvreté dans le monde, Paris le 15 décembre 2011.

Texte intégral


Il est important pour moi d’être aujourd’hui parmi vous pour le lancement des travaux de la « task force » sur l’emploi.
Je pense que nous pouvons tous nous féliciter de ce que le passage de relais de la présidence française à la présidence mexicaine intervienne dans le cadre de la mise en application d’un résultat concret du G20, la task force sur l’emploi, comme nous l’avons décidé à Cannes en novembre dernier.
Je tiens à féliciter nos amis mexicains et vous remercier, Madame le Ministre, pour avoir pris l’initiative de lancer la task force dès le début de votre Présidence du G20. C’est un engagement fort qui montre la volonté du Mexique d’avancer comme nous sur ces questions.
Cette nouvelle structure n’a pas vocation à remplacer les structures onusiennes et les organisations internationales qui existent, OCDE et BIT : nous allons travailler en complémentarité.
Cette task force va permettre de renforcer la coopération au sein du G20 pour apporter des solutions concrètes dans le domaine de l’emploi, en particulier celui des jeunes. C’est l’une des priorités sociales que nous avons identifiées au sein du G20. Bien entendu, nous ne devons pas oublier les autres, la protection sociale, le respect des droits et la cohérence des politiques économiques, financières, sociales et de développement, qui doivent désormais, elles aussi, occuper toute leur place au plus haut niveau dans l’agenda du G20.
Mieux prendre en compte ces questions sociales, c’est répondre aux préoccupations de nos concitoyens pour leur avenir et celui de leurs enfants.
Voilà pourquoi les chefs d’Etat et de Gouvernement du G20 ont inscrit ces priorités dès les premiers paragraphes de la déclaration finale adoptée à Cannes. Le plan d’action pour la croissance et l’emploi de Cannes rappelle ainsi, je cite, que « Notre objectif final est de créer des emplois en plus grand nombre et de meilleure qualité pour nos concitoyens, de promouvoir la solidarité sociale dans tous les pays et de favoriser le développement et la réduction de la pauvreté en particulier dans les pays les moins avancés de la planète ».
Nous devons maintenant passer des engagements aux actes : c’est tout l’objectif de la task force.
Nous avons pu l’observer dans tous nos pays, la crise a aggravé les difficultés structurelles d’insertion des jeunes dans l’emploi.
L’emploi des jeunes est une préoccupation qui nous est commune : en France, c’est une priorité de notre mobilisation pour l’emploi, par exemple avec le développement de l’alternance que j’ai lancé au niveau national et communautaire. Je sais qu’au Mexique aussi, il y a une forte catégorie de jeunes qui ne sont ni étudiants ni actifs, qui est au centre de vos préoccupations.
Les discussions de la réunion sur l’emploi que nous avons organisée le 7 avril dernier à Paris nous avaient permis d’échanger sur plusieurs bonnes pratiques.
Nous devons maintenant aller plus loin. Echanger sur nos expériences, les succès rencontrés et les difficultés à surmonter, c’est nécessaire, mais il faut maintenant essayer, à partir de ces expériences, de dégager des outils concrets. C’est l’objectif de la task force.
Il faut que ces échanges ne se limitent plus aux seuls experts mais qu’ils puissent être pleinement pris en compte dans nos politiques nationales et par nos chefs d’Etat au titre de la meilleure coordination de leurs actions et de leurs politiques.
Vos travaux seront essentiels en la matière. Vous allez travailler sur des orientations stratégiques qui seront examinées de manière approfondie à la prochaine réunion des ministres de l’emploi, sous la présidence de notre collègue mexicain.
Pour aboutir, il faut mobiliser toutes les compétences et expertises. C’est pourquoi je me félicite que la présidence mexicaine ait, d’emblée, comme nous l’avons fait pendant notre présidence, associé les partenaires sociaux dès la réunion de lancement de la task force.
Je tiens à saluer les représentants des employeurs et des travailleurs qui sont présents ici et je veux souligner l’importance du rôle d’impulsion et de force de proposition qu’ils ont joué pendant la présidence française. Les réunions du B20 et du L20 et leur déclaration commune ont ainsi largement contribué aux avancées sur les quatre priorités de la présidence française.
L’association des partenaires sociaux aux travaux de la présidence mexicaine m’apparaît donc comme un gage d’efficacité renforcée. Je souhaite qu’ils puissent contribuer de manière aussi fructueuse à nos travaux sous présidence mexicaine.
Il en va naturellement de même pour les Organisations internationales, notamment et l’OIT et l’OCDE, pour éclairer les débats. Je les remercie pour leur contribution pendant la présidence française et pour les travaux qu’ils ont élaborés dans ce format atypique qu’est le G20.
Mesdames, Messieurs,
Avant de conclure, je voudrais vous indiquer que, pour souligner l’importance que la France accorde aux travaux de la task force, le Président de la République a désigné Marie-Claire Carrère-Gée, Présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi, pour y représenter la France.
La participation de Madame Carrère-Gée permettra aussi de faire le lien opérationnel entre les travaux de la task force et la mise en oeuvre de la politique de l’emploi en France.
Je suis certain, Madame le Ministre, que votre présidence mettra tout en oeuvre pour que les questions d’emploi, de travail et de protection sociale soient au coeur de vos priorités, et que cela se pérennise sous la future présidence russe.
Nos concitoyens attendent des résultats concrets, c’est tout l’enjeu de notre task force ainsi que de la prochaine réunion des ministres du travail et de l’emploi du G20. Je suis persuadé que la présidence mexicaine saura relever ce défi.
Je vous remercie.
Source http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr, le 27 décembre 2011