Déclaration de M. Eric Besson, ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, sur le rôle des pôles de compétitivité dans la politique industrielle, Paris le 26 janvier 2012.

Texte intégral

Mesdames et Messieurs les Présidents et Directeurs de pôles,
Monsieur le Directeur général de la DGCIS,
Monsieur le Délégué interministériel à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale,
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais tout d'abord vous adresser mes voeux les plus sincères et les plus chaleureux pour l'année 2012.
J’aimerais aussi vous dire mon plaisir d’être présent à ce rendez-vous fort que constitue la journée nationale des pôles de compétitivité, centrée sur la compétitivité et l’innovation. C’est en effet par l’innovation que nous deviendrons – redeviendrons – compétitifs. Car elle nous permettra de créer de nouveaux produits et services à plus forte valeur ajoutée, recherchés par le consommateur. Dans cette bataille pour l’innovation et la compétitivité, vous avez une place essentielle. La première évaluation des pôles en 2008, avait déjà souligné votre rôle « d’usine à projets », porteur d’emplois et de production industrielle. Je pourrais donner de nombreux exemples, à l’instar du tableau électronique intelligent « Smart electricity » du pôle Minalogic. Plus de 1 000 projets analogues, soutenus par les pouvoirs publics, sont ainsi en train d’émerger progressivement, partout sur le territoire. Il importera, lors de la phase 3, d’entretenir ce vivier de projets, et à cet égard, il me semble essentiel de pérenniser le fonds unique interministériel, cet outil spécifique dédié aux pôles, et de continuer de le doter de moyens conséquents.
Par ailleurs, je n’ignore pas les tensions actuelles sur le financement du fonctionnement des pôles de compétitivité ; c’est la raison pour laquelle Emmanuel Berthier et Luc Rousseau, aborderont tout à l’heure, avec vous, ce sujet important.
Les Investissements d’Avenir ont marqué une nouvelle étape, en permettant à certains d’entre vous de changer d’échelle. Je pense aux instituts de recherche technologique (IRT), à leurs équivalents dans les énergies décarbonées, aux plates-formes mutualisées d’innovation ou encore aux projets de R&D structurants. Vous avez, en particulier avec les IRT et IEED, conforté vos écosystèmes tout en permettant l’émergence de nouveaux instituts de R&D. Tout ceci se met progressivement en place, et il est encore trop tôt pour mesurer les retombées de ces initiatives. Il y a néanmoins un premier effet, c’est l’accélération de la coopération public-privé grâce aux appels à projets des Investissements d’Avenir.
Par ailleurs, je sais que vous avez activement travaillé à une meilleure intégration des PME au sein des pôles. L’enjeu, c’est l’industrialisation de vos projets de R&D. Nous l’avons évoqué hier, à l’occasion du 5ème Conseil stratégique des industries de santé (CSIS). Nos entreprises de biotechnologies doivent passer plus rapidement de la R&D à la production. Cet échelon industriel nécessite une interaction croissante entre industriels et investisseurs.
A cet égard, le label « Entreprises innovantes des pôles » a été une initiative utile et je me félicite qu’elle réunisse désormais 54 pôles de compétitivité pour mieux signaler aux investisseurs les pépites technologiques et industrielles de vos pôles.
Autre sujet sur lequel je voudrais insister : le design. J’ai eu l’occasion d’annoncer, il y a quelques jours, un plan d’action national en faveur du design, dont l’un des volets vous concerne. Je suis convaincu en effet que l’innovation développée au sein des pôles de compétitivité doit aller au-delà de la R&D et s’étendre au design. Il s’agit là aussi d’accélérer la mise sur le marché des produits et services nés de vos projets, et de gagner en compétitivité « hors prix » grâce au design. Une expérience sera lancée en 2012 sur quelques régions volontaires, avec l’idée de s’appuyer sur les structures régionales de promotion du design et d’intégrer des designers en résidence dans les pôles.
En ce début d'année, l’autre sujet d’actualité est le lancement de la deuxième évaluation des pôles de compétitivité. Vous le savez, il n’est pas de politique efficiente et ambitieuse sans un recours régulier à l’évaluation. A l’issue de cette évaluation, le Gouvernement disposera d’une analyse précise et indépendante de la situation des 71 pôles. J’attends beaucoup de cette évaluation et nous serons particulièrement attentifs aux recommandations formulées par les évaluateurs. Il s’agit d’un processus complet qui, j’en suis conscient, sollicitera beaucoup de votre temps. Ce sera aussi l’occasion d’un regard extérieur sur votre activité, qui proposera des axes d’amélioration tout en soulignant vos points forts. L’évaluation permettra d’éclairer le Gouvernement sur la performance des pôles et l’efficacité de cette politique. Elle pourra conduire à envisager des « délabellisations » et à élaborer les contours d’une future phase 3. Ensemble, nous sommes parvenus à bâtir des pôles considérés par nos voisins européens comme des modèles d’excellence. Nous devons conserver cette avance. Nos pôles sont en phase de maturation, et ils ont besoin de continuité et d’approfondissement.
Depuis 2004, la politique nationale des pôles de compétitivité est un pilier important de notre politique industrielle. Je le dis pour ceux qui l’ignorent encore (ou font mine de l’ignorer) : notre pays a une politique, une stratégie industrielle. Je ne vais pas vous citer tous les exemples, que vous connaissez aussi bien que moi : la suppression de la taxe professionnelle, le triplement du crédit impôt recherche, la création du Fonds Stratégique d’Investissement, le renforcement des moyens d’OSEO. Cette politique industrielle ambitieuse menée depuis 2007 porte ses fruits. Nous entendons souvent davantage parler des entreprises qui rencontrent des difficultés, mais il y a aussi celles qui vont bien et qui se développent. En France aujourd’hui, on compte une création ou une extension d’usine par jour. L’emploi industriel s’est stabilisé en 2011 pour la première fois depuis 10 ans. L’investissement industriel a augmenté de 10 % en 2011. Tous ces chiffres encourageants montrent que nos efforts, vos efforts, portent leurs fruits. Je reste donc profondément convaincu de la nécessité de pérenniser, d’amplifier et d’accélérer cette politique pour les mois et les années à venir, et je vous souhaite à tous beaucoup de succès.
Je vous remercie de votre attention.
Source http://competitivite.gouv.fr, le 24 février 2012