Texte intégral
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Messieurs les Présidents des Chambres consulaires,
Mesdames, Messieurs,
L'évènement international où nous nous trouvons concrétise les efforts conjoints de la Région Pays de la Loire, du réseau consulaire et des partenaires publics et privés qui y sont associés.
Nous avons besoin de telles initiatives pour renforcer notre présence à l'international.
Le Premier Ministre, Jean-Marc AYRAULT, m'a assigné un objectif ambitieux mais réaliste : revenir à l'équilibre de la balance commerciale hors énergie dans cinq ans.
Pour y parvenir, il faut une stratégie : traiter la chaine de l'export dans son ensemble, de l'amont vers l'aval, pour organiser nos forces dans les territoires et à l'étranger, et repérer les secteurs à haute valeur ajoutée, là ou se crée la richesse dans la chaîne de valeur.
Il nous faut donc partir des territoires. La réussite à l'international se construit d'abord en France.
Nous avons décidé, avec les Présidents de Région, de faire de celles-ci les pilotes de l'export et les Régions sont désormais parties prenantes de la future BPI.
Lors de la réunion du 12 septembre avec le Président de la République à laquelle je participais avec mes collègues du pôle économique de Bercy, les Régions ont pris leurs responsabilités.
Elles se sont engagées à porter vers l'export 10 000 entreprises supplémentaires.
Les entreprises doivent pouvoir compter sur une banque qui apporte fonds propres, crédits et conseil : c'est la BPI.
Elles doivent bénéficier d'un accompagnement dans la durée : c'est le rôle que je confie à Ubifrance.
Elles doivent disposer d'indicateurs couplant leur offre commerciale avec les pays où les besoins sont à satisfaire : c'est mon travail de leur fournir des priorités pays et de les y accompagner.
Elles doivent bénéficier de marchés publics ouverts dans les pays avec lesquels l'Union Européenne a conclu des accords commerciaux : c'est mon travail de convaincre nos partenaires de l'Union Européenne de leur donner des armes égales à celles des entreprises des pays tiers.
Je tiens, aujourd'hui, à m'attarder sur le partenariat entre l'Etat et les Régions que nous mettons en oeuvre pour redresser notre commerce extérieur.
Les Régions, pilotes de l'export.
Il est essentiel d'organiser la fonction export dans nos territoires.
Les Régions connaissent leurs tissus économiques, les ETI et les PME innovantes de leurs territoires, sur lesquelles j'appuie ma stratégie ; elles seront les points d'appuis territoriaux du Commerce Extérieur.
Les Présidents de Région en ont accepté le principe. Je salue leur engagement.
Nous avons décidé de mettre en oeuvre des Plans Régionaux d'Internationalisation des Entreprises d'ici au 31 mars 2013.
Ces plans pourront s'inscrire dans le prolongement des stratégies de développement économique et d'innovation adoptées par les Régions.
Est-ce à dire que les autres partenaires de l'export, Chambres de Commerce et d'Industrie, Conseillers du Commerce Extérieur, pôles de compétitivité… ne joueraient plus leurs rôles ? Evidemment, non.
Ces plans fixeront des objectifs et des actions et organiseront sur le territoire le dispositif d'appui à l'export.
Ils associeront l'ensemble des acteurs concernés (BPI, réseau régional d'Ubifrance, pôles de compétitivité, réseaux consulaires…).
J'ai l'expérience du monde de l'entreprise et de l'action publique. Je le sais, on réussit en matière économique en mariant étroitement les deux cultures, en reconnaissant le rôle de créatrices de richesses des entreprises et en confiant à la puissance publique celui d'impulser et de faciliter.
Pays de la Loire, une Région exemplaire
D'une certaine façon, la Région Pays de la Loire s'inscrit déjà dans cette chaine de l'export que j'entends forger.
La Région a fait de l'international une priorité de son Schéma Régional de l'Economie et de l'Emploi Durable.
La Région traite l'international sous deux angles d'attaque.
D'abord en promouvant les filières, les pôles de compétitivité et les grands projets structurants, en partenariat, quand cela est possible, avec d'autres régions françaises afin de porter les acteurs régionaux sur la scène européenne.
Ensuite, en conduisant une action opérationnelle.
La Région a confié à la Chambre de Commerce et d'Industrie la mission d'accompagner les sociétés. Elle assure avec elle la coordination des acteurs de l'international.
Le Schéma régional prévoit d'élargir le cercle des exportateurs. Il affiche aussi la volonté d'accompagner de façon plus ciblée les sociétés déjà engagées à l'export en leur proposant un parcours individualisé.
Ce souci, je le partage. Nous devons différencier nos soutiens selon les besoins et la maturité des entreprises à l'export.
Celles qui, aujourd'hui, ont reçu les trophées des nouveaux exportateurs ont ainsi bénéficié, entre autres soutiens, du dispositif Prim'Export.
Demain, elles auront besoin d'un autre accompagnement pour devenir des entreprises durablement installées à l'export et conquérir de nouveaux et plus lointain marchés.
La Région, dans sa stratégie, affirme une priorité donnée aux pays ou régions du monde à potentiel de croissance.
La Région dispose de bureaux permanents (Inde, Chine, où toutefois l'accès aux marchés est soit difficile soit soumis à des conditions difficilement acceptables pour nous qui sommes attachés à l'exigence sociale et environnementale)
Elle songe à être présente là où émergent de nouvelles terres de croissance, comme la Turquie.
Il faut aussi reprendre la main en Europe. La perte de compétitivité durant 10 ans s'est accompagnée de pertes de parts de marché dans toute cette zone. Et il faut reprendre pied en Afrique.
Le renforcement à l'international de nos entreprises doit s'appuyer, à l'étranger, sur un réseau efficace.
L'Etat et les Régions, en partenariat avec les autres partenaires de l'export, travailleront à optimiser le dispositif d'accompagnement des entreprises à l'étranger.
Ces outils, tous ces outils, doivent servir à créer ce que vous appelez d'une juste formule, Monsieur le Président, une « culture de l'international ».
Je suis prête à mettre à disposition des Régions ou de la BPI des agents et des contractuels « développeurs à l'international ».
Il me paraît essentiel de sensibiliser les entreprises aux enjeux et aux opportunités de l'internationalisation, notamment les PME familiales qui craignent encore souvent d'engager cette démarche (sans compter que 50% des PME n'ont pas Internet !).
Nos efforts doivent aussi porter sur les jeunes.
J'étais ce matin avec une classe de BTS Commerce International du lycée CARCOUET. Et bien, Ils effectuent des stages en entreprise à l'international, grâce à l'engagement que je salue des CCI et des Conseillers du Commerce Extérieur. C'est remarquable, c'est nécessaire !
Les VIE sont aussi un élément majeur de l'internationalisation des entreprises et de la mobilisation de la jeunesse.
C'est un partenariat gagnant / gagnant qui, souvent, débouche sur la création d'un emploi à l'international ou dédié à l'internationalisation de l'entreprise.
Les entreprises aujourd'hui récompensées par le trophée VIE prouvent que notre dispositif est efficace et qu'il nous faut le mettre plus encore au service des PME et des ETI.
Ici, en Pays de la Loire, le rôle de chacun est posé. Il est clair. Il s'appuie sur les compétences des uns et des autres.
Je suis venue saluer ce travail. Il tient compte de vos particularités, de votre histoire ; il s'appuie sur une relation de confiance.
Je n'entends pas l'imposer à tous. J'encourage chaque Région à trouver le mode d'organisation qui correspond aux réalités et aux besoins de ses entreprises.
Je n'en doute pas un instant, les Régions auront à coeur, comme ici, de travailler avec les acteurs de leurs territoires.
Les Chambres de Commerce et d'Industrie, et ce d'autant plus depuis qu'elles se régionalisent, ont tout leur rôle à jouer dans ces dispositifs.
Nous traversons une crise d'une gravité exceptionnelle. Elle nous oblige à dépasser nos égoïsmes de chapelles.
L'union nationale est vitale. Le pacte productif que le Président s'est engagé à construire repose sur les chefs d'entreprises, les salariés et les organisations qui les représentent. La force de nos corps intermédiaires est un atout. Pour, d'abord, redresser la France. Pour, ensuite, qu'elle retrouve toute sa place dans une Europe ouverte, déterminée et conquérante.
Source http://www.commerce-exterieur.gouv.fr, le 9 octobre 2012