Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur le renforcement des relations bilatérales entre la France et les Philippines, à Manille le 20 octobre 2012.

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Circonstance : Voyage officiel en Asie du Sud-Est du 18 au 21 octobre 2012 : allocution à l’occasion du dîner offert par Benigno Aquino, président des Philippines, à Manille le 20

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de vous dire, tout d’abord, combien je suis heureux et honoré d’être parmi vous ce soir, dans le cadre de cette première visite d’un chef du gouvernement français à Manille. Aussi surprenant que cela puisse paraître, jamais un Premier ministre français n’était en effet venu dans votre pays. Il aura fallu que le citoyen de la ville de Nantes que je suis accède à cette responsabilité - grâce au vote des Français - et décide de consacrer son premier déplacement hors d’Europe aux Philippines. Il y a un peu moins de deux siècles, un autre Nantais, Paul de la Gironière, accostait sur vos rivages pour passer « vingt années aux Philippines » et laisser à la postérité plusieurs livres consacrés à votre beau pays.
Que de temps passé depuis lors et, surtout, quelle transformation ! Au-delà des vicissitudes de l’histoire, vous êtes en effet parvenus à construire une démocratie moderne et une économie ouverte et dynamique. Ce résultat, vous le devez tout d’abord à des femmes et des hommes qui ont su, en certaines circonstances, se dépasser et servir une juste cause, celle de l’affirmation de votre Nation. Je pense bien sûr à José Rizal, qui paya de sa vie son engagement contre le joug colonial. Je pense aussi à votre père, Benigno Aquino, que la conscience du danger qu’il encourait en faisant le choix du retour de l’exil n’a pas arrêté, parce que sa volonté de rendre la parole au peuple philippin importait plus à ses yeux que sa propre vie. Je pense enfin à votre mère, Corazon Aquino, qui restaura la démocratie aux Philippines. Devant vous, Monsieur le Président, je souhaite rendre hommage à ces héros dont vous portez l’héritage.
En évoquant ces quelques pages de l’histoire de votre pays, je suis frappé par la communauté de valeurs qui unissent les Philippines et la France. Et c’est sur cette base que je vous propose d’insuffler une nouvelle ambition à la relation entre nos deux pays. Tel est le sens que je souhaiterais que nous donnions, de part et d’autre, à cette visite.
Les Philippines et la France peuvent, en effet, faire de grandes et belles choses ensemble.
Notre dialogue politique, tout d’abord, doit s’intensifier, en partant de notre attachement commun à un monde régi par le respect de la légalité internationale et le règlement pacifique des différends. Les défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels nous sommes tous confrontés appellent plus de coordination internationale, plus de régulation. A nos deux pays d’y contribuer.
Sur le plan économique, ensuite, les entreprises françaises – et j’ai souhaité que leurs représentants soient ici parmi nous ce soir – sont prêtes à vous accompagner dans vos projets de développement et dans les efforts que vous déployez en faveur d’une croissance plus juste et plus profitable aux populations défavorisées. Dans le respect des priorités que vous avez affichées au moment de l’élection présidentielle, les politiques que vous mettez en oeuvre produisent des résultats reconnus par vos partenaires internationaux et permettent de développer des échanges mutuellement bénéfiques.
Enfin, nos deux pays partagent le même attachement à la diversité des expressions culturelles dans le monde. Nous venons de signer un accord nécessaire à l’organisation, en 2013, d’une grande exposition sur les Philippines au musée du Quai Branly, à Paris. Pour ma part, j’inaugurerai après-demain les nouveaux locaux de l’Alliance française de Cebu, qui lui permettront de répondre aux attentes de bon nombre de vos compatriotes ; car l’attrait de la langue et de la culture françaises reste intact. C’est par la culture que nous favoriserons le rapprochement entre nos deux peuples.
Monsieur le Président,
Je souhaite que ma visite puisse ouvrir une nouvelle page de l’amitié entre nos deux pays.
En vous exprimant ma gratitude pour la qualité et la chaleur de l’accueil que vous nous avez réservé ce soir, je lève mon verre aux Philippines, à la France et à l’amitié franco-philippine ! Mabuhay source http://www.gouvernement.fr, le 22octobre 2012