Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur la politique familiale, à l'Assemblée nationale le 4 juin 2013.

Intervenant(s) :

Circonstance : Question au gouvernement posée par M. Christian Jacob, député (président du groupe UMP) de Seine-et-Marne, à l'Assemblée nationale le 4 juin 2013

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le président,


Monsieur le président Jacob, pourquoi toujours caricaturer ? Mais tout simplement parce que vous êtes mal à l'aise, vous vous étiez mis dans la tête, et ça c'est votre problème, que nous allions mettre en cause l'universalité des allocations familiales. Vous vous êtes trompés, nous l'avons préservée.

Quant à la prestation pour jeunes enfants, le congé parental, il n'est pas diminué, il est préservé. Simplement il est proposé qu'une partie soit partagée entre la mère et le père, et cela vous dérange. C'est aussi un progrès. Je voudrais aussi ajouter quelque chose, monsieur Jacob, ne pas reprendre tout ce que j'ai dit. Moins de 12% des familles avec enfant devront contribuer avec un acte de solidarité, de justice fiscale à l'effort pour améliorer les conditions de vie des familles, en particulier pour les familles les plus pauvres. Est-ce que vous connaissez les chiffres que l'UNICEF ne cesse de rappeler, et rappelle à tous les pays qui sont concernés ? Le nombre d'enfants pauvres en France est un nombre profondément scandaleux, et qu'il faut absolument réduire ; un enfant sur cinq est en état de pauvreté. Est-ce acceptable ? Est-ce que dans notre République, pour rester fidèle à l'esprit de la solidarité en faveur des familles, il ne faut pas faire un effort pour faire reculer la pauvreté des enfants ? C'est le choix qu'a fait le Gouvernement.

Alors, vous nous racontez des histoires, monsieur Jacob. À la veille de l'élection présidentielle, vous aviez décidé, en catimini, de réduire le montant réel des allocations familiales puisque vous aviez revalorisé de 1% alors que l'inflation est de 1,75%, les allocations familiales. Croyez-vous que je l'ai oublié ?

Je vais terminer par autre chose, parce que ce Gouvernement a le courage de traiter les problèmes de déficit sans détruire le système social français. Mais vous, dans votre programme, monsieur Jacob, j'espère que vous n'avez pas la mémoire courte, en tout cas votre voisin monsieur Copé ne peut pas l'avoir parce qu'il avait donné son approbation à une proposition de monsieur Le Maire, qui était responsable du programme de l'UMP, et que vous auriez appliqué si vous aviez été réélu : c'est à dire mettre à l'impôt les allocations familiales, c'est à dire faire payer l'impôt à toutes les familles qui auraient reçu les allocations familiales. Voilà ce qu'était le programme caché de l'UMP. Ce programme caché, je le rappelle, ce n'est pas le nôtre. Le nôtre, c'est la justice fiscale et c'est la justice sociale.


Source http://www.gouvernement.fr, le 6 juin 2013