Extraits d'un entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, avec Europe 1 le 11 novembre 2013, sur le typhon aux Philippines.

Texte intégral

Q - Quelle aide la France apporte-t-elle ou va-t-elle apporter aux victimes de la tragédie philippine ?
R - C'est une tragédie, un drame absolument épouvantable. On parle de 10.000 morts mais peut-être malheureusement plus et d'abord il faut envoyer une pensée de solidarité à tous ceux qui sont là-bas.
Concrètement, nous avons décidé d'envoyer 10 tonnes de fret qui partent ce matin : des tentes, des moyens de s'abriter, etc. Deux PC de crise ont été installés : l'un au Quai d'Orsay et j'ai demandé à notre ambassadeur à Manille d'installer un PC de crise, ce qui est fait.
D'autre part, les grandes organisations d'aide caritative ont lancé toute une série d'actions. Ils font un appel aux dons, il faut essayer évidemment de les aider. Et puis on est en contact avec les Français qui sont là-bas. Pour le moment, il n'y a pas particulièrement d'inquiétude à avoir pour nos ressortissants.
Q - Vous dites que la France se sent donc concernée par le malheur des Philippines ...
R - Bien sûr, et sans vouloir faire de philosophie à partir d'un drame humain qui nous saisit, il y a aussi la question du dérèglement climatique. M. Barré avait raison d'insister sur l'importance énorme de cette question qui détermine la vie de l'humanité ! Je me rends d'ailleurs à la fin de la semaine à Varsovie où il y a une Conférence sur ce thème. Il s'agit de préparer la grande conférence sur le climat hébergée par la France, qui va décider de tout cela en 2015. C'est extrêmement difficile puisqu'il faut agir par consensus, mais vraiment toute notre énergie est mise sur cette préparation.
Mais enfin dans l'immédiat, c'est le drame et il faut les aider au maximum.
Q - Nicolas Barré disait «380 milliards de dollars, le coût», et le coût en vies humaines, c'est quoi, c'est des centaines de milliers, bien sûr...
R - Oui mais ce n'est pas simplement une affaire financière ! C'est d'abord une affaire humaine. Il faut bien comprendre que si on laisse faire les choses, ce n'est pas deux degrés d'augmentation de la température, mais on peut aller jusqu'à cinq degrés ! Et on parle toujours de «réchauffement climatique», c'est une erreur ! Il faut parler de «dérèglement climatique» ! C'est-à-dire que tout est bouleversé.Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 novembre 2013