Déclaration de Mme Hélène Conway-Mouret, ministre des français de l'étranger, sur les relations entre la France et les Emirats arabes unis, à Abou Dabi le 26 janvier 2014.

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Circonstance : Déplacement au Qatar et aux Emirats arabes unis du 24 au 29 janvier 2014-rencontre avec la communauté française, à Abou Dabi le 26 janvier 2014

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Texte intégral

Mesdames, Monsieur les Élus,
Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames, Messieurs les Officiers,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,
C'est un grand plaisir d'être parmi vous ce soir. Depuis mon arrivée avant-hier aux Émirats arabes unis, mon séjour est particulièrement riche de rencontres diverses et d'évènements heureux.
J'ai débuté ma visite à Doubaï et j'ai été marquée par la fierté de nos compatriotes de porter haut les couleurs de la France dans le Golfe. Cette qualité vous caractérise tout autant.
S'installer aux Émirats demande un engagement particulier. Portés par l'énergie et l'ambition d'un pays engagé dans des projets d'avenir, vous l'êtes également par votre dynamisme et votre esprit d'entreprise. À bien des égards, vous faites figure de pionniers.
Songez que dans une région où nous n'avions pas d'attaches historiques, la communauté française est aujourd'hui l'une des plus importantes. En sept ans, le nombre de nos compatriotes a doublé. Près de 20.000 Français vivent et travaillent aujourd'hui aux Émirats, dont 5.000 à Abou Dabi.
Vous formez, de loin, la première communauté française du Golfe, et l'une des premières dans le monde arabe, après le Liban et les pays du Maghreb.
Or, à travers vous, grâce à vous, c'est la France qui conserve son rang dans le monde.
Dans ce pays nous avons su trouver une place de choix. Nos rencontres politiques s'intensifient au plus haut niveau. Le président de la République était ici il y a un an ; le prince héritier, Cheikh Mohamed était à Paris il y a dix jours. Ma collègue Nicole Bricq était parmi vous la semaine dernière et je suis avec vous ce soir.
Que disent ces échanges ? Que révèle leur fréquence ?
Que la France et les Émirats Arabes Unis sont engagés dans un partenariat «exceptionnel». Ce qualificatif est de François Hollande. Il l'a employé ici même, en janvier 2013.
Les marques de notre étroite coopération se manifestent dans de multiples domaines.
Je commencerais par évoquer la Défense, puisque vous avez eu en début d'année la visite du porte-avion Charles de Gaulle. La priorité de notre action diplomatique c'est d'oeuvrer en faveur de la paix et de la sécurité face aux menaces qui pèsent sur la stabilité du monde. Nos soldats engagés à travers le monde, au Mali, en Centrafrique, ont payé et paient le prix du sang pour défendre, aux côtés des forces africaines et avec un mandat de l'ONU, la paix lorsqu'elle est menacée.
Notre base militaire permanente aux Émirats, ouverte en 2009 - la première située en dehors du continent africain -, constitue certes un gage d'assurance pour les Français, mais aussi, plus largement, pour la stabilité régionale. Je tenais à saluer les représentants de nos forces armées présents ce soir.
Exceptionnel, le partenariat entre la France et les Émirats l'est aussi sur le plan culturel et éducatif. Ai-je besoin d'évoquer la Sorbonne Abou Dabi et le Louvre Abou Dabi ? Ces projets sont emblématiques. Ils donnent corps à l'ambition de rayonnement de la France.
Ils disent aussi combien notre pays est reconnu pour sa capacité à bâtir des ponts entre les civilisations. La Sorbonne en est un très bel exemple.
Je m'y rendrai demain, à la rencontre des professeurs, des étudiants partis enrichir leur formation par une expérience internationale. Nul doute que les relations interculturelles seront au menu des échanges. C'est un sujet qui m'est cher pour l'avoir enseigné à la Sorbonne à Paris. Il est difficile d'imaginer lieu plus approprié pour l'appréhender. Ici, en ce carrefour du monde, où 80 % de la population est étrangère, l'interculturalité prend une résonnance particulière.
Les enjeux de l'éducation ne se cantonnent toutefois pas à l'université. Loin s'en faut.
Vous le savez, mon ministère attache une importance toute particulière à l'enseignement français. J'en ai d'ailleurs fait l'axe central de ma visite dans les Émirats.
Pour beaucoup, vous êtes venus ici en famille. La scolarisation de vos enfants constitue une priorité et une exigence. Elles sont légitimes, et je tenais à vous donner des assurances sur ce point.
La France dispose d'un réseau d'enseignement à l'étranger unique au monde. Il permet à notre langue et à notre culture de rayonner, et d'inspirer des millions d'individus. Ce réseau, le ministère des affaires étrangères l'anime, par le biais de l'AEFE.
Ensemble, en lien avec l'ambassade et les autorités émiriennes, nous veillons à créer les conditions d'une scolarisation optimale pour vos enfants et les élèves francophones.
Cela passe par l'adaptation des capacités d'accueil : le lycée de l'AFLEC et le lycée Georges Pompidou ont d'ores et déjà entrepris des opérations en ce sens. J'ai inauguré ce matin le nouveau bâtiment de l'école primaire du lycée Pompidou, à Doubaï. Quel meilleur symbole de l'attention que porte la France à son réseau d'enseignement dans les Émirats ?
D'autres projets sont à l'étude. Je les suivrai de près. D'autant que nous devons faire face aux demandes croissantes, émanant des familles françaises et de familles étrangères souhaitant profiter de l'excellence de nos établissements.
Le défi mérite d'autant plus d'être relevé que l'éducation et la culture sont au coeur de la stratégie de développement des Émirats pour 2030. Le pays veut bâtir une économie du savoir et de la connaissance mais aussi devenir un pôle intellectuel et culturel dans le monde arabe et au-delà. Il est donc naturel que la France soit présente aux cotés des Émirats pour accompagner cette ambition !
De ce point de vue, je crois que nous avons déjà donné quelques gages de volontarisme : citons le programme Louis Le Grand d'enseignement des sciences dans des lycées émiriens, les manifestations organisées par nos Alliances françaises ou par l'Institut français, notre programmation dans les festivals du film d'Abou Dabi ou de Doubaï, les spectacles d'artistes français...
Cette présence affirmée dans le domaine des arts, de la science, de la pensée, sert nos relations économiques et commerciales.
Beaucoup d'entre vous travaillent pour de grands groupes, pour des PME, ou en indépendants. Je veux ici saluer votre rôle indispensable à l'économie française. La France affiche sa capacité à exporter, à investir, à conquérir des marchés. En retour, elle incite nos partenaires émiriens à investir dans notre économie.
Nous pouvons faire mieux encore. C'est le sens du «Dialogue stratégique» noué entre nos pays. Il doit permettre d'augmenter de 50 % en cinq ans nos échanges commerciaux, et de faire croître d'autant les investissements émiriens en France.
Mais dans une compétition acharnée avec les autres pays occidentaux, avec l'Inde, avec la Chine, la Corée ou le Japon, la France démontre la force de ses atouts : dans les domaines énergétiques, touristiques, bancaires ; dans les transports, la logistique, les infrastructures, la santé ou les assurances.
Pour cela, je veux vous adresser mes encouragements pour intensifier nos relations économiques avec les Émirats. Vous pouvez compter sur le réseau diplomatique, les agences de l'Etat, les conseillers du commerce extérieur, les chambres de commerce - la liste n'est pas exhaustive ! -, pour démultiplier la force de projection de l'économie française aux Émirats.
Mesdames et Messieurs, Chers Amis,
L'heure est venue de conclure. Je le ferai en vous remerciant de votre accueil et en vous disant que notre réseau diplomatique et consulaire se tient à vos côtés dans cette aventure que constitue l'expatriation.
Pour avoir moi-même été expatriée pendant plus de vingt ans, je sais les avantages mais aussi les difficultés de vivre à l'étranger, loin des siens et de ses repères.
C'est pourquoi nous veillons quotidiennement à simplifier la vie des Français de l'étranger, par la modernisation du réseau consulaire, la dématérialisation des procédures d'état civil, l'adaptation du réseau d'enseignement, une meilleure représentation citoyenne.
J'aimerais attirer votre attention sur ce dernier point. Le 25 mai prochain se tiendront les élections consulaires et les élections européennes.
Vous élirez à cette occasion cinq conseillers consulaires. Ils vous représenteront au sein d'une circonscription regroupant les Émirats arabes unis et le Sultanat d'Oman et seront vos relais auprès des services consulaires.
La double séquence électorale de mai influera grandement sur votre quotidien de Français expatrié et d'Européen. À vous d'en faire une opportunité ! D'autant qu'il vous sera possible de voter par voie électronique pour les élections consulaires.
C'est aussi cela être Français : avoir une conscience élevée de ses droits et de ses devoirs civiques, où que l'on se trouve.
Ainsi, par l'exercice de votre citoyenneté, par vos activités professionnelles et associatives vous faites pleinement vivre la France aux Émirats arabes unis.
Permettez-moi dès lors de voir en vous la preuve, en même temps que la promesse, de tout ce que la France peut apporter aux Émirats arabes unis, et de tout ce qu'elle peut en espérer en retour.
Vive la France, vive la République, vive l'amitié franco-émirienne.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 29 janvier 2014