Texte intégral
L. Fabius
Europe 1 - 8h20
Le 20 septembre 2001
J.-P. Elkabbach Aujourd'hui, l'Amérique engage deux actions - G. Bush en parlera devant le Congrès - : militaire d'abord, il est en train de déployer ses navires, ses sous-marins, ses bombardiers, les armes vont probablement parler. La riposte aura-t-elle un effet positif sur le moral des gens et sur l'économie ?
- "D'abord, sur la riposte elle-même : il faut une riposte, elle doit être réfléchie - et je suis sûr que ce sera le cas -, en évitant des frappes massives, mais en ciblant les objectifs et en étalant tout cela dans le temps."
Etes-vous vous aussi à 1000 % aux côtés de l'Amérique ?
- "L'Amérique a été touchée, cela aurait pu être d'autres pays, y compris le nôtre. Il faut pleinement solidaire et en même temps garder sa liberté d'appréciation sur les formes de la riposte. Mais il faut être aux côtés des Américains, c'est évident."
Vous avez dit que s'il y a des frappes militaires, on peut être à côté d'eux. Vous le concevriez, même militairement ?
- "Mais il y aura certainement des consultations et en fonction de la proposition qui sera faite, la France prendra sa décision. Maintenant, par rapport à votre question sur l'aspect économique : ce qu'il y a de plus mauvais au plan économique, c'est l'incertitude. On sait qu'il va y avoir une riposte et il est donc important qu'au moment où elle est décidée, l'on sache exactement à quoi s'en tenir. Parce que c'est évidemment un drame humain, un drame absolument épouvantable, mais là, vous m'interrogez sur l'économie, je suis donc obligé d'en parler. Les destructions sont en elles-mêmes quelque chose d'horrible ! Mais en même temps, au plan économique, il y a eu la destruction et il y aura une reconstruction. Ce qui va peser le plus lourd, toujours au plan économique, c'est à la fois la question du pétrole et, d'autre part, la question de la psychologie. La psychologie : est-ce qu'on va être, comme ça, dans l'anxiété, sans savoir de quoi demain va être fait ? Ou bien est-ce que, la route étant tracée, on va pouvoir agir avec calme, avec détermination ?"
Et quelles les réponses donnez-vous, par exemple, sur le pétrole ?
- "Sur le pétrole, pour le moment, c'est quelque chose de très important, il a baissé, parce que les dirigeants de l'Opep ont été très responsables, et parce que, comme on anticipe quand même une difficulté économique, cela se traduit par une baisse du pétrole. Mais évidemment, cela dépendra là aussi de la riposte. Si jamais la riposte devait toucher un pays producteur de pétrole, alors évidemment cela pourrait avoir des effets considérables. Quand on regarde ce qui s'est passé au cours des dernières graves crises - je pense à la crise du Golfe, à des tremblements de terre etc. -, c'est vraiment la question du pétrole qui a été déterminante."
Les marchés financiers, en particulier Wall Street mais pas seulement, n'ont pas la tête haute en ce moment. Diriez-vous ce matin que c'est le temps de l'action, de l'incertitude ou de la peur ?
- "Si on positive tout cela, il faut garder son calme, garder sa détermination. Il était inévitable que les marchés boursiers réagissent, puisqu'ils ont par nature une dimension spéculative. Mais la liquidité a été alimentée, il n'y a pas eu de krach dur, comme on l'avait connu en 1987, puisque les marchés avaient baissé de plus de 20 % en un jour. Une fois tous les comptes faits et une fois la route tracée clairement, les marchés peuvent se reprendre."
Vous ne voyez pas de récession qui viendrait de l'Amérique et qui aurait des conséquences ?
- "Non, évidemment qu'il y a des conséquences..."
Il y a un ralentissement...
-"Evidemment qu'il y a un ralentissement, il faut être réaliste, il faut regarder la réalité telle qu'elle est. Mais en même temps, si on réagit d'une façon coordonnée, si on voit bien que nous avons absolument les moyens de répliquer, les choses vont redémarrer."
La deuxième action en Amérique : G. Bush devrait annoncer un programme pour redynamiser l'économie américaine fatiguée. Avez-vous l'impression que c'est le signal d'un possible sursaut ?
- "Oui. Il y a déjà eu des mesures prises par la Banque centrale, la Federal Reserv, qui sont des mesures excellentes, car elles donnent une possibilité des sursaut à l'économie américaine ; il y a les engagements du Congrès à hauteur de plusieurs milliards de dollars ; il y a l'aspect psychologique, le fait que l'Amérique fasse bloc à la fois autour de son Président, de son Gouvernement, et de tous ceux qui la représentent... C'est de nature à faire redémarrer les choses."
Et en Europe aussi, c'est ce que vous dites ?
- "Oui. En Europe, il faut qu'il y ait une réaction du même ordre, c'est-à-dire qu'on a besoin un instant d'oublier toute une série de causes partisanes... Il ne faut quand même pas que les terroristes qui ont massacré des milliers de personnes, puissent, en plus, affaiblir tragiquement notre économie. On a cité le mot - je ne sais pas s'il est bon - de "patriotisme économique.".. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de divergences d'appréciation, il peut y en avoir. Mais il y a un moment, quand on est dans une situation comme celle-ci, où il faut faire bloc."
Il faut avoir le drapeau dans la tête ?!
- "En tout cas, il faut être capable, dans des circonstances dures, de faire l'équipe, de "faire le pack.""
Mardi, vous annonciez à France 2, la création de la "cellule de Bercy", qui s'associerait à la lutte contre le terrorisme, l'argent sale. Qu'est-ce que c'est, la "cellule de Bercy" ? Que va-t-elle faire ?
- "Il va y avoir - je vais rendre public cela demain - un ensemble de propositions pour traquer le financement du terrorisme. Et cela doit fait évidemment au niveau français, au niveau européen et au niveau mondial. Au niveau français : il y a déjà beaucoup de choses qui sont faites, mais je crois qu'on peut aller plus loin. En particulier dans mon propre ministère, le ministère de l'Economie et des Finances : tout ce qui concerne les Douanes, les Impôts, tout ce qui concerne la Direction du Trésor, la Direction des relations économiques extérieures, nous allons mettre cela en commun pour une action plus efficace. Et vous le savez sans doute, la France est à l'origine d'une Convention internationale de l'Onu pour précisément lutter contre le terrorisme. Elle n'est pas encore ratifiée, elle est devant le Sénat, je pense que le Premier ministre souhaitera qu'elle soit ratifiée rapidement. Au niveau européen : nous avons demain une réunion avec tous mes collègues des Finances, et nous allons examiner, de façon concrète, pour remonter la filière des terroristes. Car les attentats qui ont eu lieu à New-York et Washington demandent beaucoup d'argent. Et on doit donc pouvoir traquer cela. Et c'est la même chose au niveau mondial : sans entrer dans des choses trop techniques, on doit pouvoir arriver à traquer ces filières, à condition que ce ne soit pas simplement des discours mais que, devant les actes, les Etats acceptent d'être transparents. Voilà le point principal."
Le mouvement terroriste utilise-t-il - en a-t-on la preuve maintenant ? - la spéculation pour à la fois s'enrichir et affaiblir les économies occidentales ?
- "Il y a une enquête qui est lancée par la Commission des opérations de bourse, ce n'est du tout impossible. Il y a eu des signaux sur un certain nombre de valeurs, en particulier les valeurs d'assurance. Et la Commission des opérations de bourse - la COB - qui est en train de remonter la filière."
Vous avez dit que demain et après-demain, les Quinze vont se réunir pour limiter la casse et voir comment coordonner une relance. Pensez-vous qu'il faut aider l'industrie du tourisme, sûrement les compagnies aériennes et les assurances ? Les compagnies aériennes d'abord : comment vont faire les Américains ?
- "Les Américains semblent le faire, et à hauteur massive. Bien sûr, nos compagnies aériennes sont moins directement touchées, mais elles le sont quand même. Et je vois la possibilité que, au niveau européen on les soutienne."
Pas Boieng contre Airbus, pas favoriser...
- "Non, il faut justement éviter qu'à travers ces soutiens aux Etats-Unis, ce soit une manière de relancer la compétition entre Boieng et Airbus. Donc, au niveau européen, je n'ai absolument aucune objection, au contraire, à ce qu'il y ait un soutien. S'agissant des compagnies d'assurance, j'aurai l'occasion dans les jours qui viennent, de recevoir leurs responsables."
A peine avez-vous présenté le budget 2002 que l'opposition, et même une partie de la gauche, l'ont trouvé "insuffisant", "irréaliste", "inadapté", "caduc" etc... Quels délais vous donnez-vous pour le remanier ?
- "Ils auraient souhaité qu'il n'y ait pas de budget, il n'aurait plus manqué que ça ! Non. Le budget a été présenté, il tient compte évidemment des difficultés, il se fixe un objectif. Nous avons, nous, des fondamentaux qui sont bons, nous avons la plus petite inflation d'Europe, nous avons des entreprises qui sont quand même solides, nous avons les Français qui travaillent beaucoup. Donc, on a des éléments dans les mains. Et en même temps, des marges d'incertitude, je ne les ai pas cachées."
Mais pourriez-vous le remanier ? Dites-vous qu'il est définitif, qu'il faut le prendre comme ça, à prendre ou à laisser ?
- "On ne fait pas un budget toutes les trois semaines. Mais à l'intérieur du budget, il y a évidemment des possibilités d'aménagement. Nous avons de l'ordre - je vais parler encore francs pendant quelques semaines - de 15 à 20 milliards de francs que nous pouvons redéployer. Mais ce budget a été présenté. Il est à la fois réaliste et volontaire. Parce que, bien sûr, il y a des critiques, il y en a toujours. Mais personne n'a contesté que, le fait que nous mettions l'accent sur l'emploi et la sécurité, soit déterminant. Et le fait que nous amplifions encore les baisses d'impôts soit positif pour la croissance. C'est cela, l'articulation du budget."
On a dit que c'est peut-être un budget pour sept mois. Est-ce que vous l'avez préparé, à Bercy, en pensant que de toute façon, après vous, la droite... ?
- "Certainement pas. D'abord, tout est ouvert, personne n'en sait rien. Et de plus, l'Etat continue. Je vous le disais en commençant, que l'on a besoin de gens qui, aient, à la fois, du coeur, du calme et de la détermination."
C'est-à-dire que vous pourriez être là en juillet de l'année prochaine pour l'appliquer ou peut-être le modifier vous-même ?
- "Pourquoi pas ?"
Est-ce que vous répondez que le Gouvernement sait où il va ? Est-ce qu'il y a un cap pour le gouvernement Jospin ?
- "Le cap" est tout à fait clair : emploi, sécurité. Et dans cette circonstance, rassembler derrière la liberté."
(Source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 20 septembre 2001)
Europe 1 - 8h20
Le 20 septembre 2001
J.-P. Elkabbach Aujourd'hui, l'Amérique engage deux actions - G. Bush en parlera devant le Congrès - : militaire d'abord, il est en train de déployer ses navires, ses sous-marins, ses bombardiers, les armes vont probablement parler. La riposte aura-t-elle un effet positif sur le moral des gens et sur l'économie ?
- "D'abord, sur la riposte elle-même : il faut une riposte, elle doit être réfléchie - et je suis sûr que ce sera le cas -, en évitant des frappes massives, mais en ciblant les objectifs et en étalant tout cela dans le temps."
Etes-vous vous aussi à 1000 % aux côtés de l'Amérique ?
- "L'Amérique a été touchée, cela aurait pu être d'autres pays, y compris le nôtre. Il faut pleinement solidaire et en même temps garder sa liberté d'appréciation sur les formes de la riposte. Mais il faut être aux côtés des Américains, c'est évident."
Vous avez dit que s'il y a des frappes militaires, on peut être à côté d'eux. Vous le concevriez, même militairement ?
- "Mais il y aura certainement des consultations et en fonction de la proposition qui sera faite, la France prendra sa décision. Maintenant, par rapport à votre question sur l'aspect économique : ce qu'il y a de plus mauvais au plan économique, c'est l'incertitude. On sait qu'il va y avoir une riposte et il est donc important qu'au moment où elle est décidée, l'on sache exactement à quoi s'en tenir. Parce que c'est évidemment un drame humain, un drame absolument épouvantable, mais là, vous m'interrogez sur l'économie, je suis donc obligé d'en parler. Les destructions sont en elles-mêmes quelque chose d'horrible ! Mais en même temps, au plan économique, il y a eu la destruction et il y aura une reconstruction. Ce qui va peser le plus lourd, toujours au plan économique, c'est à la fois la question du pétrole et, d'autre part, la question de la psychologie. La psychologie : est-ce qu'on va être, comme ça, dans l'anxiété, sans savoir de quoi demain va être fait ? Ou bien est-ce que, la route étant tracée, on va pouvoir agir avec calme, avec détermination ?"
Et quelles les réponses donnez-vous, par exemple, sur le pétrole ?
- "Sur le pétrole, pour le moment, c'est quelque chose de très important, il a baissé, parce que les dirigeants de l'Opep ont été très responsables, et parce que, comme on anticipe quand même une difficulté économique, cela se traduit par une baisse du pétrole. Mais évidemment, cela dépendra là aussi de la riposte. Si jamais la riposte devait toucher un pays producteur de pétrole, alors évidemment cela pourrait avoir des effets considérables. Quand on regarde ce qui s'est passé au cours des dernières graves crises - je pense à la crise du Golfe, à des tremblements de terre etc. -, c'est vraiment la question du pétrole qui a été déterminante."
Les marchés financiers, en particulier Wall Street mais pas seulement, n'ont pas la tête haute en ce moment. Diriez-vous ce matin que c'est le temps de l'action, de l'incertitude ou de la peur ?
- "Si on positive tout cela, il faut garder son calme, garder sa détermination. Il était inévitable que les marchés boursiers réagissent, puisqu'ils ont par nature une dimension spéculative. Mais la liquidité a été alimentée, il n'y a pas eu de krach dur, comme on l'avait connu en 1987, puisque les marchés avaient baissé de plus de 20 % en un jour. Une fois tous les comptes faits et une fois la route tracée clairement, les marchés peuvent se reprendre."
Vous ne voyez pas de récession qui viendrait de l'Amérique et qui aurait des conséquences ?
- "Non, évidemment qu'il y a des conséquences..."
Il y a un ralentissement...
-"Evidemment qu'il y a un ralentissement, il faut être réaliste, il faut regarder la réalité telle qu'elle est. Mais en même temps, si on réagit d'une façon coordonnée, si on voit bien que nous avons absolument les moyens de répliquer, les choses vont redémarrer."
La deuxième action en Amérique : G. Bush devrait annoncer un programme pour redynamiser l'économie américaine fatiguée. Avez-vous l'impression que c'est le signal d'un possible sursaut ?
- "Oui. Il y a déjà eu des mesures prises par la Banque centrale, la Federal Reserv, qui sont des mesures excellentes, car elles donnent une possibilité des sursaut à l'économie américaine ; il y a les engagements du Congrès à hauteur de plusieurs milliards de dollars ; il y a l'aspect psychologique, le fait que l'Amérique fasse bloc à la fois autour de son Président, de son Gouvernement, et de tous ceux qui la représentent... C'est de nature à faire redémarrer les choses."
Et en Europe aussi, c'est ce que vous dites ?
- "Oui. En Europe, il faut qu'il y ait une réaction du même ordre, c'est-à-dire qu'on a besoin un instant d'oublier toute une série de causes partisanes... Il ne faut quand même pas que les terroristes qui ont massacré des milliers de personnes, puissent, en plus, affaiblir tragiquement notre économie. On a cité le mot - je ne sais pas s'il est bon - de "patriotisme économique.".. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de divergences d'appréciation, il peut y en avoir. Mais il y a un moment, quand on est dans une situation comme celle-ci, où il faut faire bloc."
Il faut avoir le drapeau dans la tête ?!
- "En tout cas, il faut être capable, dans des circonstances dures, de faire l'équipe, de "faire le pack.""
Mardi, vous annonciez à France 2, la création de la "cellule de Bercy", qui s'associerait à la lutte contre le terrorisme, l'argent sale. Qu'est-ce que c'est, la "cellule de Bercy" ? Que va-t-elle faire ?
- "Il va y avoir - je vais rendre public cela demain - un ensemble de propositions pour traquer le financement du terrorisme. Et cela doit fait évidemment au niveau français, au niveau européen et au niveau mondial. Au niveau français : il y a déjà beaucoup de choses qui sont faites, mais je crois qu'on peut aller plus loin. En particulier dans mon propre ministère, le ministère de l'Economie et des Finances : tout ce qui concerne les Douanes, les Impôts, tout ce qui concerne la Direction du Trésor, la Direction des relations économiques extérieures, nous allons mettre cela en commun pour une action plus efficace. Et vous le savez sans doute, la France est à l'origine d'une Convention internationale de l'Onu pour précisément lutter contre le terrorisme. Elle n'est pas encore ratifiée, elle est devant le Sénat, je pense que le Premier ministre souhaitera qu'elle soit ratifiée rapidement. Au niveau européen : nous avons demain une réunion avec tous mes collègues des Finances, et nous allons examiner, de façon concrète, pour remonter la filière des terroristes. Car les attentats qui ont eu lieu à New-York et Washington demandent beaucoup d'argent. Et on doit donc pouvoir traquer cela. Et c'est la même chose au niveau mondial : sans entrer dans des choses trop techniques, on doit pouvoir arriver à traquer ces filières, à condition que ce ne soit pas simplement des discours mais que, devant les actes, les Etats acceptent d'être transparents. Voilà le point principal."
Le mouvement terroriste utilise-t-il - en a-t-on la preuve maintenant ? - la spéculation pour à la fois s'enrichir et affaiblir les économies occidentales ?
- "Il y a une enquête qui est lancée par la Commission des opérations de bourse, ce n'est du tout impossible. Il y a eu des signaux sur un certain nombre de valeurs, en particulier les valeurs d'assurance. Et la Commission des opérations de bourse - la COB - qui est en train de remonter la filière."
Vous avez dit que demain et après-demain, les Quinze vont se réunir pour limiter la casse et voir comment coordonner une relance. Pensez-vous qu'il faut aider l'industrie du tourisme, sûrement les compagnies aériennes et les assurances ? Les compagnies aériennes d'abord : comment vont faire les Américains ?
- "Les Américains semblent le faire, et à hauteur massive. Bien sûr, nos compagnies aériennes sont moins directement touchées, mais elles le sont quand même. Et je vois la possibilité que, au niveau européen on les soutienne."
Pas Boieng contre Airbus, pas favoriser...
- "Non, il faut justement éviter qu'à travers ces soutiens aux Etats-Unis, ce soit une manière de relancer la compétition entre Boieng et Airbus. Donc, au niveau européen, je n'ai absolument aucune objection, au contraire, à ce qu'il y ait un soutien. S'agissant des compagnies d'assurance, j'aurai l'occasion dans les jours qui viennent, de recevoir leurs responsables."
A peine avez-vous présenté le budget 2002 que l'opposition, et même une partie de la gauche, l'ont trouvé "insuffisant", "irréaliste", "inadapté", "caduc" etc... Quels délais vous donnez-vous pour le remanier ?
- "Ils auraient souhaité qu'il n'y ait pas de budget, il n'aurait plus manqué que ça ! Non. Le budget a été présenté, il tient compte évidemment des difficultés, il se fixe un objectif. Nous avons, nous, des fondamentaux qui sont bons, nous avons la plus petite inflation d'Europe, nous avons des entreprises qui sont quand même solides, nous avons les Français qui travaillent beaucoup. Donc, on a des éléments dans les mains. Et en même temps, des marges d'incertitude, je ne les ai pas cachées."
Mais pourriez-vous le remanier ? Dites-vous qu'il est définitif, qu'il faut le prendre comme ça, à prendre ou à laisser ?
- "On ne fait pas un budget toutes les trois semaines. Mais à l'intérieur du budget, il y a évidemment des possibilités d'aménagement. Nous avons de l'ordre - je vais parler encore francs pendant quelques semaines - de 15 à 20 milliards de francs que nous pouvons redéployer. Mais ce budget a été présenté. Il est à la fois réaliste et volontaire. Parce que, bien sûr, il y a des critiques, il y en a toujours. Mais personne n'a contesté que, le fait que nous mettions l'accent sur l'emploi et la sécurité, soit déterminant. Et le fait que nous amplifions encore les baisses d'impôts soit positif pour la croissance. C'est cela, l'articulation du budget."
On a dit que c'est peut-être un budget pour sept mois. Est-ce que vous l'avez préparé, à Bercy, en pensant que de toute façon, après vous, la droite... ?
- "Certainement pas. D'abord, tout est ouvert, personne n'en sait rien. Et de plus, l'Etat continue. Je vous le disais en commençant, que l'on a besoin de gens qui, aient, à la fois, du coeur, du calme et de la détermination."
C'est-à-dire que vous pourriez être là en juillet de l'année prochaine pour l'appliquer ou peut-être le modifier vous-même ?
- "Pourquoi pas ?"
Est-ce que vous répondez que le Gouvernement sait où il va ? Est-ce qu'il y a un cap pour le gouvernement Jospin ?
- "Le cap" est tout à fait clair : emploi, sécurité. Et dans cette circonstance, rassembler derrière la liberté."
(Source http://sig.premier-ministre.gouv.fr, le 20 septembre 2001)