Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, sur la coopération franco-britannique en matière d'industrie aéronautique militaire, à Londres le 15 juillet 2014.

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Circonstance : Déplacement au Salon international aéronautique et de l’espace de Farnborough, à Londres (Royaume-Uni) le 15 juillet 2014

Texte intégral


Monsieur le ministre,
Mesdames et Messieurs,
Un peu plus de six mois après le sommet de Brize Norton, je suis très heureux de revenir au Royaume-Uni pour acter une nouvelle étape importante dans la relation franco-britannique.
Cette étape, c'est l'avenir de l'un des outils les plus stratégiques de nos armées : l'aviation de combat. Aujourd'hui, avec Philip Hammond, nous posons les fondements d'une coopération qui a vocation à s'inscrire dans le temps long. A ma connaissance, c'est d'ailleurs la première fois que deux pays européens engagent une telle démarche dans un domaine aussi stratégique.
A moins de deux mois du sommet de l'OTAN, cette démarche illustre la volonté française et britannique de maintenir un effort significatif sur leur outil de Défense. Cet effort implique des investissements qui préparent l'avenir, mais qui contribuent aussi au maintien d'une base industrielle et de défense forte et compétitive en Europe. C'est bien ce que nous faisons aujourd'hui.
Ce résultat est aussi le témoignage d'un degré de confiance sans précédent entre nos deux pays dans le domaine de la Défense. Depuis 2012, nous avons approfondi notre coopération dans tous les domaines couverts par l'accord de Lancaster House. Sur le plan opérationnel, nous avons certifié l'ensemble des composantes de la force expéditionnaire franco-britannique. Nous avons donc fait un grand pas vers la mise en place d'un outil commun de réponse aux crises.
Aujourd'hui, c'est dans le domaine capacitaire que nous franchissons un nouveau palier.
La coopération que nous venons de sceller se traduira par des programmes d'études, qui porteront sur les technologies les plus déterminantes pour le futur de l'aviation de combat : la furtivité, l'avionique, les capteurs, les communications.
Ces travaux, d'une durée de deux ans, vont permettre à la Direction générale de l'armement et aux équipes du ministère de la défense britannique de travailler avec les industriels – sous le pilotage de Dassault Aviation et BAE Systems – à la définition de ce que pourrait être le futur drone de combat franco-britannique.
Ce sont en tout six industriels, trois Français et trois Britanniques, qui seront impliqués dans ce projet. Ils vont mettre en commun leur expertise et leur excellence. Ce sera aussi pour eux l'occasion de renforcer leurs liens.
Au final, cet accord est primordial pour l'avenir de l'industrie aéronautique militaire dans nos deux pays et en Europe. Il est fondé sur un véritable partenariat technologique et industriel, d'égal à égal.
Je me réjouis également de la signature de l'accord concernant la rénovation à mi-vie du missile de croisière SCALP (StormShadow au Royaume-Uni). Cet accord n'a pas la même portée sur le plan des engagements financiers, mais il marque une étape supplémentaire dans l'intégration de la filière missilière entre la France et le Royaume-Uni.
Vingt-cinq ans après le développement initial de ce missile, nous continuons cette coopération stratégique. Après la signature en janvier du contrat de développement du missile Antinavire Léger (ANL) lors du sommet de Brize Norton, cet accord confirme une fois de plus notre volonté de bâtir ensemble, en s'appuyant sur l'industriel MBDA, l'avenir du domaine des missiles, et ouvre la perspective de futurs développements communs pour la prochaine génération de ces systèmes.
En cette année de commémorations, qui nous rassemblent d'une autre manière, la France et le Royaume-Uni sont plus unis que jamais et contribuent ensemble, de manière pragmatique et efficace, au renforcement des capacités de Défense en Europe.
Source http://www.defense.gouv.fr, le 23 juillet 2014