Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la communauté internationale face à la situation en Syrie, à Paris le 25 novembre 2014.

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Circonstance : Présentation à la presse du projet franco-chinois de nouvelle ville durable à Wuhan en présence de Mme Martine Aubry, représentante spéciale pour la Chine, à Paris le 25 novembre 2014

Texte intégral

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Q - Vous avez parlé sur France Inter ce matin de la Syrie et du fait que vous travaillez avec les Nations unies pour sauver Alep et pour des zones de sécurité. Parlez-vous de cette question précise avec la Chine au sein du Conseil de sécurité par exemple ?
R - Il est vrai que ce qui se passe ou ce qui peut se passer à Alep est une question absolument majeure, non seulement en terme humain parce qu'il y a peut-être 300.000 personnes qui risquent d'être menacées mais peut-être même tuées. Au-delà de ces questions humanitaires qui sont des questions décisives, on comprend lorsque l'on regarde la carte que le contrôle d'Alep est décisif pour ce qui peut se passer au Liban, en Syrie même et en Turquie. Ce n'est pas un hasard si Daech a porté son action et a l'intention de l'intensifier sur et contre Alep avec Al-Qaïda et en plus avec Bachar Al-Assad qui est actif dans ce domaine, alors qu'Alep est tenue pour une large part par des Syriens faisant partie de ce que l'on appelle l'opposition modérée.
Nous travaillons donc avec les Nations unies, avec tous les membres du Conseil de sécurité dont la Chine pour savoir comment nous pourrions parvenir à une solution de stabilité et de sécurité, ce que l'on appelle en anglais, «safe zone».
Ce n'est pas un travail facile, il y a des discussions qui ont lieu, l'envoyé des Nations unies en a d'ailleurs parlé récemment à Bachar Al-Assad, nous en avons parlé avec les Américains, aux Turcs et d'autres encore mais le combat pour Alep risque d'être le prochain grand combat. Selon ce qui se passera, cela donnera des directions extrêmement différentes à ce qui peut se passer en Syrie. Là comme ailleurs, la France essaie de travailler pour la paix.
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source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 novembre 2014