Texte intégral
C'est la première fois que je fais un discours après avoir assisté à une partie d'osselets.
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Chers Amis,
Nous sommes très heureux avec Marie-France de vous recevoir dans ce domaine de la Celle-St-Cloud. L'idée est tout simplement de célébrer le cinquantième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Mongolie et la France, et au-delà de ce cinquantième anniversaire, notre profonde amitié.
À vrai dire, nos relations remontent beaucoup plus loin et je me rappelle que lorsque j'ai rendu visite en 2013 à votre président qui vous prie de l'excuser de n'être pas là ce soir, il m'a accueilli - puisque le dernier visiteur important avait été envoyé par Saint-Louis - en me disant, et c'est le seul à m'avoir dit cela : «grande bienvenue, nous vous attendions depuis sept siècles».
Même si les visites à l'époque n'étaient pas très fréquentes, notre histoire est finalement assez proche : il y a beaucoup de Français qui ont aimé la Mongolie, l'inverse est vrai aussi, mais c'est surtout depuis la révolution démocratique de 1990 que nous nous sommes rapprochés et que nos relations se sont intensifiées. Nous vous le disions tout à l'heure, lorsque je vous ai reçu au Quai d'Orsay, nous partageons une communauté de valeur qui fait que nous sommes frères. Je me rappelle aussi une autre phrase de votre président et regardant la carte de géographie, vous l'avez dans l'œil, il me disait : «au fond, vous avez trois voisins - deux très grands et puis vous êtes le troisième».
Vous n'êtes pas le pays le plus peuplé du monde, puisque vous n'avez que trois millions d'habitants, mais vous êtes un grand pays. Un grand pays par la superficie, qui est trois fois la France, un grand pays, parce que vous êtes un peuple en mouvement vers la démocratie, vers le développement économique et nous avons saisi l'occasion de ce cinquantième anniversaire pour franchir une nouvelle étape : visite de haut niveau de la part de nos amis mongols et le Premier ministre se rendra chez vous au quatrième trimestre. C'est ainsi que nous développons très positivement nos relations.
C'est dans ce cadre qu'est née l'idée de cette semaine culturelle. Je remercie beaucoup nos amis mongols, qui ont puissamment contribué et remercie aussi «Flagfrance», Marie-France, comme d'habitude, a fait très bien les choses. C'est une première en France parce que je ne pense pas qu'il y ait eu une telle exposition qui pendant plusieurs jours va permettre à nos compatriotes de se familiariser avec la culture mongole. C'est tout à fait conforme à ce que nous avons voulu faire de ce domaine, qui a été légué au ministère des affaires étrangères pour accueillir les cultures du monde. Nous y sommes en plein.
Le programme est riche, il y a des aspects plus classiques : des peintures, des sculptures, des photographies. Nous avons vu le talent des artistes mongols. Il y a aussi des éléments très spécifiques avec de l'artisanat d'art, des concerts de musique traditionnelle, des initiations au lancer d'osselets - pour ceux qui ont le goût du risque - et la présentation d'une yourte. À propos de yourte, je me rappelle très bien lorsque votre président m'a reçu dans son très beau palais au premier étage, à l'intérieur du palais, il avait fait installer une yourte - cela m'avait frappé.
J'avais été aussi frappé par le déjeuner que m'avaient très gentiment offert des éleveurs - puisque là-bas il y avait beaucoup de vaches françaises - je ne suis pas un spécialiste des vaches françaises, mais il paraît qu'elles sont très résistantes au froid - ce qui est utile dans ce pays - et on m'avait offert aussi un petit cheval que j'ai laissé là-bas, qui a dû grandir depuis, mais cela montre la générosité des Mongols. Je l'ai laissé, non pas du tout par négligence, puisque vraiment ce cadeau était magnifique. Mais je fais suffisamment de choses bizarres au Quai d'Orsay et je me suis dit «si en plus j'amène un cheval, je vais dépasser ma limite de péremption».
Donc aujourd'hui, nous célébrons l'amitié avec la Mongolie. Peut-être si vous avez le temps de parcourir ce parc, verrez-vous que des sculptures ont été installées ; ceux qui connaissaient déjà ce domaine reconnaîtront quelques sculptures qui sont déjà là depuis un certain temps et de nouvelles sculptures, parce que nous voulons que la diversité soit représentée et je salue en particulier, vous l'avez peut être vue à l'entrée, une sculpture fontaine monumentale, réalisée par deux artistes français, Anne et Patrick Poirier. L'histoire est assez savoureuse. Elle montre la qualité de notre gestion, puisque cette sculpture avait été commandée, il y a 30 ans, par le ministère de la culture - à l'époque je fais amende honorable, je devais être Premier ministre, elle devait être placée dans les jardins du Palais-Royal à Paris, et puis pour une raison que les détectives cherchent à percer, elle n'a jamais pu y être installée. Donc maintenant elle est ici - elle est très bien ici et elle prend place au sein d'un jardin des sculptures consacré depuis 2013 au rayonnement des artistes français contemporains.
Je vais dans un instant vous laisser la parole chers collègues et amis et ensuite nous écouterons des musiciens d'un groupe de musique excellent, ma prononciation est assez approximative «Khusugtun» qui a obtenu, il y a peu de temps, une place exceptionnelle au concours «Asia's Got Talent» - ça, je comprends. Les artistes de ce groupe comme ceux que nous avons vus concilient- vous insistiez là-dessus, vous aviez raison, à la fois une tradition extraordinaire et en même temps un sens de la modernité, parce que lorsque l'on est un pays avec peu d'habitants à côté de deux géants, c'est en particulier par la culture que l'on peut garder son identité. Je sais que le peuple mongol tient beaucoup à son identité.
Ce soir donc, à travers vous, Monsieur le Ministre, c'est toute la Mongolie que nous accueillons avec beaucoup de plaisir et aussi à travers votre directeur artistique, M. Sosorbaram Dogmid, qui est un acteur, un poète émérite et le conseiller culturel du président.
Nous sommes extrêmement heureux que vous soyez là et je veux remercier les uns et les autres de leur présence, leur souhaiter une excellente soirée, elle promet de l'être, avec un concert excellent et souhaiter plein succès, non seulement à ces journées culturelles de la Mongolie mais aux cinquante prochaines années de l'amitié entre la Mongolie et la France.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 juin 2015