Interview de M. Thierry Braillard, secrétaire d'Etat aux sports à BFM le 3 juin 2015, sur l'organisation du football mondial de compétition et la FIFA.

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Média : BFM TV

Texte intégral


JEAN-JACQUES BOURDIN
Deux invités ce matin, Noël LE GRAËT, en direct de Guingamp, le président de la Fédération française de football, et Thierry BRAILLARD, qui est avec moi dans ce studio, avec nous, qui est le secrétaire d'Etat aux Sports. Thierry BRAILLARD. Bonjour.
THIERRY BRAILLARD
Bonjour.
/// Interview de Noël Le GRAËT ///
JEAN-JACQUES BOURDIN
Je suis avec Thierry BRAILLARD, qu'est-ce que vous voulez ajouter sur ce que vient de dire Noël LE GRAËT, Thierry BR AILLARD ?
THIERRY BRAILLARD
Eh bien, lui confirmer que la Fédération française de football par exemple est une fédération bien gérée, que dans notre système…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, tout va bien partout, quoi !
THIERRY BRAILLARD
Non, pas tout, dans notre système français, il ne faut pas simplement parler des trains qui arrivent en retard, il y a aussi des trains qui arrivent à l'heure. Et c'est vrai que c'est une fédération qui est bien gérée.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous avez regretté que Noël LE GRAËT soutienne si ouvertement Sepp BLATTER ou pas ?
THIERRY BRAILLARD
C'est son choix…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Franchement, franchement, Thierry BRAILLARD ?
THIERRY BRAILLARD
C'est son choix, et je n'ai pas à influer sur ce choix-là, maintenant…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais vous avez un avis sur la question ?
THIERRY BRAILLARD
Maintenant, l'avis, c'est vrai qu'il avait le choix entre le prince Ali, que personne ne connaissait dans le monde du foot, et BLATTER, et la France venait d'avoir l'organisation de la Coupe du monde de football féminin en 2019…
JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est pour ça que la France a soutenu BLATTER ?
THIERRY BRAILLARD
Et que Noël LE GRAËT a expliqué qu'il souhaitait conserver à l'époque, lors du vote, des bonnes relations avec notamment les salariés de la FIFA, bon, c'était une explication qu'il a fournie. Maintenant, c'est son choix, et je n'ai pas à influer sur ce choix…
JEAN-JACQUES BOURDIN
C'était pour obtenir la Coupe du monde…
THIERRY BRAILLARD
On l'avait déjà…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Féminine de 2019, on l'avait déjà ; remerciement en quelque sorte !
THIERRY BRAILLARD
Plutôt garder des bonnes relations, je pense…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, oui, merci, enfin, c'est : vous nous avez attribués la Coupe du monde, je vote pour vous.
THIERRY BRAILLARD
Je vous dis, moi…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, d'accord, non, non…
THIERRY BRAILLARD
Je ne veux parler à la place des autres, c'est toujours difficile…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, d'accord, mais, d'accord, évidemment, évidemment. Dites-moi, maintenant, il faut aller au bout, il faut tout changer dans l'organisation du football mondial, non ?
THIERRY BRAILLARD
Oui, je le pense, je le pense…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Thierry BRAILLARD…
THIERRY BRAILLARD
Et c'est marrant, en venant ce matin vous voir, je me suis souvenu que le Comité international olympique avait subi quasiment une crise identique en 1999-2000, et c'est marrant pour la même chose, l'attribution des Jeux olympiques d'hiver à Salt-Lake City, où il semblerait, enfin, cela a même été avéré, qu'un système de corruption avait été relevé, que des membres du CIO, qui avaient voté à l'époque, bon, eh bien, s'étaient fait prendre, comme on dit, la main dans la confiture, qu'il y en a d'autres qui avaient démissionné d'eux-mêmes avant d'être poursuivis par la justice, et que donc, on est dans le même système. Et qu'est-ce qu'a fait le Comité international olympique ? Eh bien, il a tout changé. Il a tout changé pour aujourd'hui arriver avec le président BACH, à dire : on est sur l'intégrité, on est sur l'éthique, on est sur la transparence, et je pense que sur ces trois mots, la FIFA ne répond pas aujourd'hui ni sur l'intégrité, ni sur la transparence, et donc c'est la raison pour laquelle, il faut que, je crois, au-delà des hommes, au-delà de la question des hommes, qui sera le futur président, que la FIFA se rénove d'elle-même, et change ses méthodes.
JEAN-JACQUES BOURDIN
En ce qui concerne les conditions d'attribution des Coupes du monde, il y a un système curieux quand même à la FIFA, une voix, un pays, un pays, une voix, quelle que soit…
THIERRY BRAILLARD
Oui, je prenais l'exemple…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien oui !
THIERRY BRAILLARD
Vous imaginez que la Polynésie française a la même voix que la France…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, et Andorre, la même voix que l'Espagne ou je ne sais pas, moi !
THIERRY BRAILLARD
Voilà…
JEAN-JACQUES BOURDI
Ou San-Marin, la même voix que l'Italie !
THIERRY BRAILLARD
Tout à fait.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il ne faut pas réformer ça ?
THIERRY BRAILLARD
Je pense que ça fait partie des réformes qu'il faut mettre en place, mais il n'y a pas que celle-ci, il y a des réformes structurelles, je crois qu'on a bien vu que sur les transferts de fonds, il y avait une opacité qui mérite beaucoup plus de transparence, le moment est venu que la FIFA, j'allais dire, prenne un peu exemple sur ce qu'a fait le Comité international olympique il y a dix ans.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Est-ce qu'il doit y avoir un contrôle, je ne sais pas, international, sur le CIO, sur la FIFA, sur ces grandes fédérations ? Les Etats, par exemple ? Non, peut-être pas les Etats…
THIERRY BRAILLARD
J'ai entendu des idées…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais les Nations Unies…
THIERRY BRAILLARD
Je ne pense pas, je pense que…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, de Marie-George BUFFET notamment, qui demande ça…
THIERRY BRAILLARD
Je pense que, à titre personnel, c'est une organisation qui par contre doit se servir de cette crise pour en sortir renforcée, en sortir plus démocratique, en sortir plus transparente. Je crois que l'enjeu est de taille, mais qu'on peut…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, les enjeux financiers sont de taille !
THIERRY BRAILLARD
Et on peut faire confiance, comme je vous le dis, on a fait confiance au Comité international olympique…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Thierry BRAILLARD, je voudrais rester sur le football, deux clubs relégués en Ligue 2 l'année prochaine, ça vous plaît ça ou pas ? Franchement ?
THIERRY BRAILLARD
Franchement, pas trop, parce que je pense que l'aléa sportif fait un peu le sel de l'intérêt d'un sport…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Une mauvaise idée ?
THIERRY BRAILLARD
Non, ce n'est pas une mauvaise idée, elle sa logique, maintenant…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc ça ne vous plaît pas, mais ce n'est pas une mauvaise idée ?
THIERRY BRAILLARD
Maintenant, je pense que… écoutez, c'est une idée.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est une idée, mais elle peut être bonne ou mauvaise !
THIERRY BRAILLARD
C'est déjà bien d'en avoir.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, non, mais on est bien d'accord, ça ne vous plaît pas…
THIERRY BRAILLARD
Maintenant, il est clair que, moi, j'aime bien par exemple cette année de voir Paris FC, le Red Star et Bourg-Péronnas…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, trois clubs monter au lieu de deux…
THIERRY BRAILLARD
Monter, alors, c'est vrai que, je l'avais dit lors du dossier Luzenac, que, il faut que la Ligue travaille plus en concertation avec la Fédération française de foot, que le monde pro travaille plus en concertation avec le monde amateur, parce qu'on s'en rend compte aujourd'hui, j'ai suivi les trois dossiers cette année volontairement, bon, eh bien, les trois clubs n'étaient pas prêts à répondre tout de suite au cahier des charges de la Ligue nationale de foot, n'étaient pas prêts à rentrer dans le monde professionnel. Je crois qu'il faut un accompagnement. Il fallait aussi arrêter ces débats judiciaires. C'est la raison pour laquelle demain ou après-demain, un décret va sortir où – comme je m'y étais engagé lors de l'affaire Luzenac – on a revu les délais avec madame la Garde des sceaux, Christiane TAUBIRA, on a revu les délais de recours, les délais de recours devant par exemple la Commission de conciliation du Comité national olympique et sportif, on a revu aussi la compétence territoriale du tribunal pour que, quelque part, on évite d'avoir une décision à Toulouse qui serait différente de Lille…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour que ça aille plus vite, quoi !
THIERRY BRAILLARD
Et que ça aille plus vite. On a aussi réduit le délai pour que la Commission du CNO rende son avis, elle aura 15 jours alors qu'avant, elle avait plus de délai, voilà, on a fait tout ça pour éviter ce feuilleton…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour éviter ce qui s'est passé, ce feuilleton Luzenac…
THIERRY BRAILLARD
Donc c'est une annonce que je vous fais, le décret a été signé par le Premier ministre, donc maintenant, il doit être publié aujourd'hui ou demain.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Très bien. Thierry BRAILLARD, mais je reviens quand même à cette idée, d'accord, c'est une idée, elle vous paraît mauvaise, on est bien d'accord, elle ne vous plaît pas…
THIERRY BRAILLARD
Je n'ai pas dit qu'elle était mauvaise…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Elle ne vous plaît pas !
THIERRY BRAILLARD
J'ai dit qu'elle ne me plaît pas. Mais que je comprends la logique, une logique qui se veut économique…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais quoi ? Une logique, quoi ? Economique ? Mais toutes les enquêtes disent le contraire, enfin, pas toutes, mais certaines enquêtes disent le contraire !
THIERRY BRAILLARD
Et des enquêtes disent le contraire.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, donc, je veux bien la logique économique, mais…
THIERRY BRAILLARD
Or, l'intérêt sportif fait qu'on essaie quand même de garder ces trois monter…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, pour l'intérêt sportif, vous pensez que c'est une mauvaise idée ?
THIERRY BRAILLARD
J'ai dit que c'était une idée que je ne partageais pas.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon, d'accord…
THIERRY BRAILLARD
Mais ce n'est pas une mauvaise idée en tant que telle, mais comme je l'avais dit aussi à l'époque de Luzenac…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous ne la soutenez pas…
THIERRY BRAILLARD
Non, mais il y a un vrai sujet à voir, est-ce qu'on veut une Ligue fermée ou pas, est-ce que, quelque part, on dit : eh bien, il n'y aura plus que 40 clubs qui pourront être professionnels, et pas 41, mais qu'on le dise, et qu'on ne donne pas l'impression, l'envie, le sentiment à des clubs, comme celui du FC Bourg-Péronnas, eh bien, qu'un jour, il pourrait rentrer dans le monde professionnel, et quand on voit l'engouement qu'il y a par exemple autour de ce club pour qu'il joue l'an prochain en Ligue 2, eh bien, c'est sensationnel, c'est fantastique, c'est ça qu'on aime dans le sport.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Lundi, vous allez porter, vous allez soutenir, enfin, porter, parce que c'est un projet de loi, sur le statut des sportifs, à l'Assemblée nationale, je crois qu'il y a unanimité…
THIERRY BRAILLARD
Oui…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Politique…
THIERRY BRAILLARD
Oui.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Autour de votre projet de loi…
THIERRY BRAILLARD
Oui…
JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est assez rare pour être souligné.
THIERRY BRAILLARD
Oui, merci de le faire, c'est…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Thierry BRAILLARD. Ça veut dire quoi ? Quels sont les principaux points ? C'est-à-dire que vous allez assurer, parce qu'on parle des grands sportifs professionnels, on les connaît tous, qui gagnent beaucoup d'argent, je ne parle même pas des footballeurs, mais qui gagnent très bien leur vie, je pense à Teddy RINER, je pense à d'autres, mais il y a aussi des sportifs…
THIERRY BRAILLARD
Non mais, vous vous souvenez, j'ai eu le plaisir de venir vous rencontrer malheureusement dans une triste circonstance, c'était le matin même de l'annonce du décès d'Alexis VASTINE, et je vous avais dit : attention, les sportifs que vous avez cités, on peut les compter sur les doigts d'une main, que la très grande majorité des sportifs de haut niveau vivent dans la précarité en-deçà du seuil de pauvreté. On a fait deux choses, la première, on les a protégés, j'allais dire, financièrement et pour leur avenir, c'est le Pacte de Performance que le président de la République avait lancé, le 2 décembre, 70 entreprises, dont votre groupe, et ça m'a été encore confirmé par monsieur PESENTI, avec 130 sportifs qui vont être accompagnés financièrement pendant leur carrière jusqu'à Rio, et ensuite, chaque entreprise s'engage, suite à une formation, à intégrer le sportif dans sa société…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, ça, c'est formidable, oui…
THIERRY BRAILLARD
Ça, c'est fait, et ça se clôt le 8. Par ailleurs, il y a le texte à l'Assemblée nationale, la fameuse proposition de loi avec comme rapporteur Brigitte BOURGUIGNON, qui, sur les sportifs de haut niveau, veut les protéger en terme de sécurité et socialement, c'est-à-dire que, savez-vous que, aujourd'hui, si un sportif se blesse dans une compétition, il n'est pas pris en charge par la législation des accidents du travail et des maladies professionnelles, il n'aura pas de rente, il n'aura pas de capital…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon !
THIERRY BRAILLARD
Eh non, eh non ! Et que souvent, nos sportifs de haut niveau s'inscrivent à une formation en faculté ou pour des études par correspondance, simplement pour obtenir la Sécurité sociale étudiante, et c'est parfois leur seule protection sociale. C'est ça la situation de nos sportifs qui, ensuite…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pour les professionnels, une sorte de contrat de travail, quoi, en quelque sorte !
THIERRY BRAILLARD
Non, non, non, ça, c'est pour les sportifs de haut niveau, il ne faut pas confondre, il y a après les professionnels, et là, c'est un nouveau contrat pour sécuriser leur relation de travail…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, cotisations retraite, protection en cas de rupture…
THIERRY BRAILLARD
Voilà, et suivi socioprofessionnel…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et suivi socioprofessionnel…
THIERRY BRAILLARD
Jean-Jacques BOURDIN, si je peux me permettre, c'est la priorité, il faut que les sportifs se disent qu'il y a un après, et souvent, ils ne se le disent pas, et ils se retrouvent ensuite avec un grand vide, et c'est sur cette raison qu'on va insister notamment avec cette proposition de loi, où on impose le suivi socioprofessionnel…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, parce que les sportifs comptent pour le rayonnement de la Nation, Thierry BRAILLARD ?
THIERRY BRAILLARD
Je pense que le moment est venu que notre pays soit reconnaissant envers nos sportifs.
JEAN-JACQUES BOURDIN
A propos des jeunes, des jeunes, je parle des ados, des jeunes qui ont 16, 17 ou 18 ans, et notamment qui sont dans des quartiers sensibles, et qui font du sport, et qui, ensuite… et qui ensuite, quoi ?
THIERRY BRAILLARD
Vous m'autorisez à vous poser une question ?
JEAN-JACQUES BOURDIN
Allez-y !
THIERRY BRAILLARD
C'est une étude qui a été faite par un organisme sur l'orientation professionnelle qui s'appelle le PRAO en Rhône-Alpes, quel est le délai entre le moment où un jeune sort du système scolaire, il y en a 140.000 par an…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, 140.000…
THIERRY BRAILLARD
Et le moment où il va pénétrer pour la première fois dans une Mission Locale pour chercher une formation, un emploi, quel est le délai ?
JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien, je ne sais pas, plusieurs mois, je n'ai pas…
THIERRY BRAILLARD
28…
JEAN-JACQUES BOURDIN
28 mois.
THIERRY BRAILLARD
28 mois. Et souvent, pendant ce délai, la seule chose qui va raccrocher ce jeune, j'allais dire, au lien social, c'est le sport, c'est son club de sport, c'est la contrainte d'aller à un entraînement, c'est l'astreinte de la compétition, et donc, on a, avec le comité interministériel…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce que vous allez faire ?
THIERRY BRAILLARD
Sur l'égalité et la citoyenneté, on a pris des mesures très fortes, des mesures pour professionnaliser, alors, on crée des emplois, j'entends déjà, peut-être, pour le coup, moins d'unanimité, la droite dira : ah, ce sont des emplois aidés…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais oublions droite/gauche, là, oublions un peu, Thierry BRAILLARD…
THIERRY BRAILLARD
Oui, mais souvent, mais souvent, ces clubs ont besoin d'être professionnalisés, on va exiger que, aux fédérations, de faire un plan pour proposer des disciplines sportives, parce qu'il y a des quartiers où c'est le foot, le foot, ou le foot ! Et on a un décrochage…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais non, mais il faut avoir des bénévoles, il faut avoir de l'encadrement, vous êtes… ces bénévoles qui donnent de leur temps, qui ne sont jamais… qui ne touchent jamais un centime, qui dépensent leur propre argent !
THIERRY BRAILLARD
C'est la création des 400 emplois d'éducateurs sportifs…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, 400 emplois sur le territoire français !
THIERRY BRAILLARD
Oui, mais par rapport aux clubs dans les quartiers difficiles, c'est déjà une action, sur trois ans, c'est une action qui va compter, qui va permettre de professionnaliser ces clubs, on va faire de la formation…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi pas de statut pour ces bénévoles ?
THIERRY BRAILLARD
Ah, ça, c'est une autre question, c'est un monstre du Loch Ness, le statut du bénévole, tout le monde le dit…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah ben oui, mais…
THIERRY BRAILLARD
Mais c'est très délicat…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Personne ne le fait…
THIERRY BRAILLARD
C'est très délicat à faire, il y a un travail qui est fait, pour l'instant, sur l'engagement, donc on a vu avec le service civique universel, et on va le faire aussi par rapport, j'allais dire aux plus grands, mais je sais que Patrick KANNER travaille sur cette question actuellement. Et puis, troisième point, le Premier ministre a arrêté un plan très bête, c'est de dire : quand on sort du CM2, il faut savoir lire, écrire, compter, nager, savez-vous que dans les quartiers difficiles, près d'un gamin sur deux qui sort du CM2 ne sait pas nager. Et ça, c'est une liberté. Donc là encore, on fait un plan très fort, c'est une somme importante, c'est un million d'euros, qui vont être investis…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour apprendre à nager…
THIERRY BRAILLARD
D'ici le 31 décembre, pour que, là encore, on aille apprendre à nager à tous les enfants de France…
JEAN-JACQUES BOURDIN
A combien d'enfants ? Vous avez un objectif, non ?
THIERRY BRAILLARD
Le maximum, le maximum, c'est en lien avec la Fédération française de natation et les collectivités locales…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais j'ai une dernière question…
THIERRY BRAILLARD
Et ça, je sais que vous appréciez, c'est du concret…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça, je sais, ça, j'apprécie, c'est du concret. Mais le statut du bénévole, c'est du concret aussi. Est-ce qu'un jour, les bénévoles auront un statut dans ce pays ?
THIERRY BRAILLARD
Je pense, mais vous savez qu'il y a énormément de conséquences, il y a…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais je sais…
THIERRY BRAILLARD
Il y a la validation des acquis de l'expérience qui existe déjà, je pense qu'il faut aller plus loin.
JEAN-JACQUES BOURDIN
La VAE. Merci Thierry BRAILLARD.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 4 juin 2015