Déclaration de M. Manuel Valls, Premier ministre, en réponse à une question sur la position de la France concernant la situation de la Grèce face à ses créanciers au sein de la zone euro, à l'Assemblée nationale le 1er juillet 2015.

Intervenant(s) :

Circonstance : Question au gouvernement posée par M. Dominique Lefebvre, député (SRC) du Val d'Oise, à l'Assemblée nationale le 1er juillet 2015

Prononcé le 1er juillet 2015

Texte intégral

Monsieur le Député, nous l'avons rappelé hier devant vous, avec Michel Sapin, en réponse à des questions d'autres députés : la situation de la Grèce est bien évidemment une préoccupation majeure pour la France. La France, le président de la République, s'engagent pleinement. Nous restons totalement à l'initiative.
Comme nous vous le disions hier, un accord est encore possible ; un accord est souhaitable. Le dialogue, qui avait été interrompu ce week-end, a repris, et la France y est pour beaucoup. Je veux croire qu'un accord est possible.
Où en sommes-nous ? Les autorités grecques ont formulé hier après-midi, et encore cette nuit, de nouvelles propositions. Athènes propose à ses créanciers de conclure un accord sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers tout en restructurant sa dette, en échange de quoi le gouvernement grec accepterait de mener les réformes nécessaires qui s'imposent.
Ces propositions ont fait l'objet, hier soir, d'un premier échange lors d'une réunion de l'Eurogroupe, qui rassemble, comme vous le savez, l'ensemble des ministres des finances de la zone euro. Michel Sapin a participé à cette réunion. En ce moment même, ces propositions continuent d'être évaluées par l'ensemble des parties prenantes à ces négociations. Ce soir, en effet, vous le rappeliez, se tiendra à dix-sept heures trente une nouvelle réunion de l'Eurogroupe. Nous continuons donc à croire qu'un accord est possible.
Sur le fond, que voulons-nous ? Un accord équilibré, global et durable, c'est-à-dire un accord qui prévoie les réformes nécessaires, y compris bien sûr sur le plan budgétaire, mais également un volet de financement de l'économie, avec des investissements au service de la croissance, et enfin un accord qui trace un chemin clair pour traiter la question de la dette. Voilà ce que cherche la France, avec détermination et conviction.
Nous sommes convaincus, comme vous, que la place de la Grèce est dans la zone euro, c'est-à-dire pleinement dans l'Union européenne. En ces heures très délicates de discussions et de négociations où il est possible d'espérer un accord, mais où les choses, reconnaissons-le, restent fragiles, j'invite chacun à faire preuve de retenue, de responsabilité et de sang-froid.
Le président de la République a rappelé il y a un instant que la France se bat. Elle n'est pas dans le veto. Je veux également m'inscrire en faux contre toutes les déclarations, notamment celle d'un ancien président de la République, qui a déclaré que la Grèce était de fait sortie de la zone euro.
Ces polémiques et ces analyses trop rapides nuisent au débat. Je veux saluer, en revanche, les déclarations responsables de trois anciens Premiers ministres - Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon -, lesquels savent que, dans de tels moments, où se joue aussi le destin de l'Europe, chaque déclaration compte, surtout quand elle vient de la France.
De telles déclarations sont contre-productives et ne sont pas responsables au regard de l'urgence dans laquelle nous nous trouvons.
Le gouvernement, lui, n'est pas dans la polémique ; il est, en lien avec ses partenaires, dans l'action. Je le redis encore une fois, faire réussir un accord est important pour la Grèce, pour la zone euro, pour l'Europe et pour la France.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 juillet 2015