Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, en réponse à une question sur les relations économiques franco-iraniennes, à l'Assemblée nationale le 10 novembre 2015.

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Circonstance : Questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le 10 novembre 2015

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Madame la Députée,
Vous avez très bien tout résumé. C'est vrai que compte-tenu de la situation internationale que vous connaissez et de la question nucléaire, pendant très longtemps, les transactions commerciales avec l'Iran ont été extrêmement réduites. Et puis, l'accord du 14 juillet et la levée - qui n'est pas encore intervenue - des sanctions donnent une autre perspective.
Nous y travaillons et je me suis moi-même rendu en Iran, une délégation du MEDEF s'y est rendue et d'autres ministres également. Il faut espérer que les choses vont se développer. Mais, parce qu'il y a un «mais», à condition, bien sûr, qu'il y ait les financements nécessaires. Avant de terminer la négociation, je voudrais donner cette indication que vous n'avez peut-être pas. J'avais demandé à mon collègue américain John Kerry de me certifier qu'il n'y aurait pas, pour être simple, la même attitude à l'égard de nos entreprises si elles travaillaient en Iran qu'il y avait eu, vous vous rappelez, à l'égard de la BNP et d'autres entreprises françaises. Ceci dans une autre circonstance, qui d'ailleurs ne manque pas de sel puisqu'on a reproché à la BNP de faire du commerce avec l'Iran et avec Cuba. On sait depuis ce qui est advenu dans les relations entre les États-Unis, l'Iran et Cuba.
Deux fois de suite des missions se sont rendues aux États-Unis avec à la fois des représentants de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni. Je puis dire que l'attitude des Américains, d'après ce qui m'a été rapporté par nos envoyés, est coopérative mais maintenant nous voulons des traductions concrètes pour que n'arrive pas ce qui est arrivé. Plus largement, cela pose le problème du statut de l'euro. Je vous répondrai simplement qu'il faut que les Européens croient en l'euro et il n'y a pas de raison qu'il y ait une extra-territorialité du dollar. Il n'y a pas de raison que l'euro, qui est la monnaie d'une zone économique puissante, n'ait pas la même force que le dollar, mais à condition que, collectivement, les Européens le demandent.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 novembre 2015