Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la lutte contre le terrorisme et sur la Conférence de Paris sur le climat, à Pretoria le 21 novembre 2015.

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Circonstance : Déplacements bilatéraux du président de la COP21 pour préparer la conférence de Paris pour le climat, du 19 au 23 novembre 2015

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Texte intégral


* Lutte contre le terrorisme - Mali
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Q - Sur le Mali est-ce que vous pouvez répéter un peu, est-ce que cela va changer la stratégie de la France ?
R - Alors ce qui s'est passé au Mali évidemment est à mettre dans le contexte du terrorisme international et nous avons présenté nos condoléances très profondes à la fois au président malien, à la population malienne, et à toutes les familles des victimes. Il n'y a pas de victimes françaises mais il y a beaucoup de victimes de différentes nationalités : des Russes, des Chinois, des Belges, enfin beaucoup de nationalités.
Comme vous le savez, la France assure par différents canaux une présence pour lutter contre le terrorisme dans toute la région et nous allons continuer. Nous avons empêché, vous vous en rappelez sans doute, que l'ensemble du Mali soit pris par les terroristes, c'était le risque en 2013. Et nous avons repoussé les terroristes, nous avons fait en sorte qu'il puisse y avoir une élection très libre et qu'il y ait possibilité de développement économique. Mais il reste dans la région un certain nombre de terroristes et la preuve tragique en a été administrée. Il faut que non seulement la France, non seulement les puissances de la région, mais aussi tous ceux qui le peuvent coopèrent à la lutte contre le terrorisme parce que, je le disais à un de vos collègues, quand on regarde quels sont les grands défis du 21è siècle, deux de ces grands défis sont la lutte contre le dérèglement climatique et la lutte contre le terrorisme.
J'étais récemment présent au G20, et j'étais frappé par le fait que les dirigeants de ces 20 pays les plus puissants du monde si on peut dire, répétaient tous que personne n'était à l'abri du terrorisme. C'est un mal qu'il faut combattre et qu'il faut combattre en coordonnant toutes nos forces. (...).
* Lutte contre le terrorisme - Coopération internationale
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Q - Dernière question justement sur la coopération dans la lutte contre le terrorisme, est-ce que cette question a été abordée avec M. Zuma et est-ce que vous pouvez nous redire un peu quelle est la coopération qui peut se mettre en place pour lutter contre le terrorisme sur le continent ?
R - Oui, des échanges d'informations ont déjà eu lieu et il faut bien sûr les développer parce que beaucoup de ces terroristes appartiennent à des réseaux internationaux. Nous le faisons déjà avec l'Afrique du Sud, et avec beaucoup d'autres pays et si c'est possible nous souhaitons bien sûr renforcer cela.
Parallèlement, hier a été votée à l'unanimité à l'ONU sur notre proposition une résolution contre le terrorisme qui va plus loin que tout ce qui avait été voté auparavant. C'était un des souhaits du président de la République lorsqu'il est intervenu la semaine dernière au Congrès à Versailles, et nous allons dans les jours qui viennent continuer à travailler en ce sens : lundi le Premier ministre britannique vient à Paris pour rencontrer le président français, mardi nous serons à Washington, jeudi à Moscou, mercredi soir Mme Merkel sera à Paris et ce que nous faisons, bien sûr, doit être relayé dans le monde entier puisque le terrorisme maintenant a acquis une dimension internationale et il faut que la réponse soit internationale. (...).
* Conférence de Paris pour le climat
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Q - Est-ce que vous avez abordé avec le président Jacob Zuma la question du nucléaire et d'une offre que pourrait faire la France ou du rôle de la France en Afrique du Sud ?
R - Ma visite était centrée essentiellement sur la préparation de la COP21 puisque l'Afrique du Sud est un acteur majeur de cette COP21. Majeur à cause de son importance, parce que l'Afrique du Sud dirige le groupe des 77, qui est très important pour la COP21, et puis le processus qui va conduire à la COP21 à Paris a commencé à Durban, donc en Afrique du Sud, il y a quelques années. C'est le but essentiel de ma visite.
Mais, bien évidemment, j'ai abordé d'autres sujets avec le président Zuma : la situation régionale et puis dans nos relations bilatérales je lui ai rappelé, et il le savait, que la France va faire une offre en ce qui concerne les centrales nucléaires. Nous avons désigné une personne extrêmement compétente, ancien administrateur du CEA qui s'appelle M. Pascal Colombani, pour traiter de ces sujets et nous attendons bien évidemment que la procédure soit ouverte pour que les décisions soient prises, mais la France sera présente et très présente.
(...)
Q - Pour en revenir à la COP21, malgré toutes les questions qu'on vous a posées sur le terrorisme...
R - C'est une nécessité absolue. D'abord parce que la question du dérèglement est une question majeure en soi. Si nous n'arrivons pas à régler cette question, cela veut dire que la vie sur la planète va être invivable. Il fallait donc absolument maintenir cette COP21 mais la maintenir dans des conditions de sécurité évidemment très très grandes, d'où les décisions que nous avons dû prendre, par exemple, pour ne pas permettre de manifestations. Mais je dirais que c'était d'autant plus nécessaire de la maintenir qu'il y avait cette espèce de pression des terroristes disant «la vie doit s'arrêter vous ne pouvez plus rien faire». Et je vois un signe extrêmement fort dans le fait qu'aucun des 140 chefs d'État et de gouvernement qui avaient prévu de venir ne s'est désisté, au contraire certains qui ne nous avaient pas encore répondu nous ont répondu «nous allons venir parce face au terrorisme il ne faut jamais céder». (...).
source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 novembre 2015