Texte intégral
Monsieur le directeur de l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale et de l'Enseignement militaire supérieur, mon général,
Monsieur le directeur du Centre des Hautes études pour la Défense de la République italienne, mon général,
Monsieur le directeur du Centre supérieur d'études de la défense nationale du Royaume d'Espagne, mon général,
Monsieur le directeur de l'Institut de défense nationale de la République portugaise, mon général,
Officiers généraux, militaires du rang français, espagnol, italien et portugais,
Mesdames et messieurs,
Je voudrais saluer la pérennité que représente cette 21e rencontre annuelle entre les quatre instituts et qui traduit bien la force des liens entre nos quatre pays. La France est honorée d'accueillir la rencontre de cette année, après une édition 2015 très réussie à Lisbonne.
La sécurité de la mer Méditerranée est un chantier majeur dont dépend en grande partie la prospérité de l'Union Européenne et par conséquent de l'ensemble de l'économie mondiale. Si la sécurité en mer Méditerranée venait à ne plus être assurée, c'est tout le système économique européen qui serait menacé par la paralysie des échanges commerciaux et touristiques et par les périls qui pèseraient sur la sécurité énergétique ou sur la protection des infrastructures portuaires et maritimes.
L'enjeu économique est considérable. L'enjeu sécuritaire l'est tout autant.
La mer Méditerranée est pour l'Europe une première frontière. Nous ne devons à aucun moment relâcher le contrôle et la surveillance des côtes, à l'heure où Daech s'est installé dans la ville libyenne de Syrte, à seulement quelques centaines de kilomètres de nos côtes.
La sécurité de la mer Méditerranée concerne par conséquent tous les pays européens, bien au-delà des pays du seul rivage sud du continent. Pour tous les Européens, du sud comme du nord, la mer Méditerranée est, comme le disaient les Romains, Mare Nostrum, « Notre mer ».
L'Union a établi une ambitieuse Stratégie de sûreté maritime pour favoriser la tranquillité et la stabilité en Méditerranée. Cette stratégie met à profit le savoir-faire européen en mettant en synergie une large diversité de politiques et d'instruments de l'UE, y compris la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Elle rapproche les initiatives dans le domaine de la sécurité extérieure et intérieure afin de promouvoir une meilleure gouvernance maritime.
Cette stratégie peut être encore améliorée sur plusieurs points. Une meilleure articulation entre l'action de l'Union et de l'OTAN en Méditerranée, en particulier en matière de partage de renseignements, est une des pistes que nous pouvons explorer.
La signature d'un accord sur le partage d'information entre Frontex et le commandement maritime de l'OTAN est en ce sens une première bonne nouvelle, notamment pour répondre à l'ampleur de la crise migratoire en mer Egée. La Marine française participe d'ailleurs au renforcement de la sécurité dans ce secteur avec la présence quasi-continue depuis mars dernier d'un patrouilleur au sein de l'action opérationnelle SNMG 2 (Standing NATO Maritime Group 2).
Cependant, pour assurer une meilleure sécurité en mer Méditerranée, une action efficace doit aussi se préoccuper de la sécurité des pays nord-africains et d'Afrique subsaharienne. Nous devons appuyer ces pays dans leurs luttes contre les trafics d'êtres humains et de stupéfiants, comme dans leur lutte contre le terrorisme, qui sont des sources majeures d'instabilité internationale. La menace est globale et nous savons tous que la sécurité du continent européen ne peut être séparée de la sécurité du continent africain.
La lutte contre l'implantation de Daech sur les côtes libyennes est un sujet doit tous nous concerner. Daech tente d'exporter son modèle d'oppression dans des territoires bien plus proches de la frontière italienne, jusqu'à notre frontière. Le Gouvernement d'Union Nationale de M. Sarraj est la seule entité légitime pour lutter contre Daech et la communauté internationale doit l'appuyer dans cette tâche.
La France soutient dans cet objectif le renforcement des capacités des garde-côtes libyens mais aussi le contrôle effectif de l'embargo sur les armes destinées à Daech et les groupes qui lui sont affiliés en Libye. Nous savons que le combat contre le terrorisme est un défi de longue haleine, qui n'est pas seulement militaire mais également politique et économique.
La lutte contre les trafics et contre le terrorisme que j'ai mentionnée au sujet de la Libye se mène aussi au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane, conduite par la France et les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina-Faso. Nous faisons face sur ces vastes territoires à un ennemi tout autant dangereux, qui est capable comme Daech de déstabiliser de nombreux pays du continent africain : je veux parler de l'organisation Al Qaïda au Maghreb Islamique.
C'est donc aussi en plein désert, au milieu des dunes de sable, que se prépare et se renforce la sécurité en mer Méditerranée. Ce point, qui peut paraître de prime abord paradoxal, est pourtant un constat inévitable dans le contexte d'un monde globalisé.
En mer Méditerranée se jouent la prospérité économique et la sécurité militaire de la France, de l'Europe et de l'Afrique. Déjà, durant l'Antiquité, Pompée s'était rendu célèbre en luttant avec succès contre les pirates qui menaçaient la sécurité alimentaire de la péninsule italienne.
Si nous tous d'accord pour affirmer que les menaces d'aujourd'hui ont changé de nature et de visage, en revanche la même exigence demeure : la tranquillité en mer Méditerranée est un préalable indispensable au bien-être de plus de 500 millions de citoyens.
C'est pourquoi il nous faut maintenir le plus haut niveau de vigilance, aujourd'hui comme à l'avenir.
Je souhaite que ce colloque soit une pleine réussite et que vos travaux viennent enrichir nos réflexions sur la sécurité en mer Méditerranée. Je vous remercie de votre attention et vous souhaite à tous des échanges fructueux.
Source http://www.defense.gouv.fr, le 1er juin 2016
Monsieur le directeur du Centre des Hautes études pour la Défense de la République italienne, mon général,
Monsieur le directeur du Centre supérieur d'études de la défense nationale du Royaume d'Espagne, mon général,
Monsieur le directeur de l'Institut de défense nationale de la République portugaise, mon général,
Officiers généraux, militaires du rang français, espagnol, italien et portugais,
Mesdames et messieurs,
Je voudrais saluer la pérennité que représente cette 21e rencontre annuelle entre les quatre instituts et qui traduit bien la force des liens entre nos quatre pays. La France est honorée d'accueillir la rencontre de cette année, après une édition 2015 très réussie à Lisbonne.
La sécurité de la mer Méditerranée est un chantier majeur dont dépend en grande partie la prospérité de l'Union Européenne et par conséquent de l'ensemble de l'économie mondiale. Si la sécurité en mer Méditerranée venait à ne plus être assurée, c'est tout le système économique européen qui serait menacé par la paralysie des échanges commerciaux et touristiques et par les périls qui pèseraient sur la sécurité énergétique ou sur la protection des infrastructures portuaires et maritimes.
L'enjeu économique est considérable. L'enjeu sécuritaire l'est tout autant.
La mer Méditerranée est pour l'Europe une première frontière. Nous ne devons à aucun moment relâcher le contrôle et la surveillance des côtes, à l'heure où Daech s'est installé dans la ville libyenne de Syrte, à seulement quelques centaines de kilomètres de nos côtes.
La sécurité de la mer Méditerranée concerne par conséquent tous les pays européens, bien au-delà des pays du seul rivage sud du continent. Pour tous les Européens, du sud comme du nord, la mer Méditerranée est, comme le disaient les Romains, Mare Nostrum, « Notre mer ».
L'Union a établi une ambitieuse Stratégie de sûreté maritime pour favoriser la tranquillité et la stabilité en Méditerranée. Cette stratégie met à profit le savoir-faire européen en mettant en synergie une large diversité de politiques et d'instruments de l'UE, y compris la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Elle rapproche les initiatives dans le domaine de la sécurité extérieure et intérieure afin de promouvoir une meilleure gouvernance maritime.
Cette stratégie peut être encore améliorée sur plusieurs points. Une meilleure articulation entre l'action de l'Union et de l'OTAN en Méditerranée, en particulier en matière de partage de renseignements, est une des pistes que nous pouvons explorer.
La signature d'un accord sur le partage d'information entre Frontex et le commandement maritime de l'OTAN est en ce sens une première bonne nouvelle, notamment pour répondre à l'ampleur de la crise migratoire en mer Egée. La Marine française participe d'ailleurs au renforcement de la sécurité dans ce secteur avec la présence quasi-continue depuis mars dernier d'un patrouilleur au sein de l'action opérationnelle SNMG 2 (Standing NATO Maritime Group 2).
Cependant, pour assurer une meilleure sécurité en mer Méditerranée, une action efficace doit aussi se préoccuper de la sécurité des pays nord-africains et d'Afrique subsaharienne. Nous devons appuyer ces pays dans leurs luttes contre les trafics d'êtres humains et de stupéfiants, comme dans leur lutte contre le terrorisme, qui sont des sources majeures d'instabilité internationale. La menace est globale et nous savons tous que la sécurité du continent européen ne peut être séparée de la sécurité du continent africain.
La lutte contre l'implantation de Daech sur les côtes libyennes est un sujet doit tous nous concerner. Daech tente d'exporter son modèle d'oppression dans des territoires bien plus proches de la frontière italienne, jusqu'à notre frontière. Le Gouvernement d'Union Nationale de M. Sarraj est la seule entité légitime pour lutter contre Daech et la communauté internationale doit l'appuyer dans cette tâche.
La France soutient dans cet objectif le renforcement des capacités des garde-côtes libyens mais aussi le contrôle effectif de l'embargo sur les armes destinées à Daech et les groupes qui lui sont affiliés en Libye. Nous savons que le combat contre le terrorisme est un défi de longue haleine, qui n'est pas seulement militaire mais également politique et économique.
La lutte contre les trafics et contre le terrorisme que j'ai mentionnée au sujet de la Libye se mène aussi au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane, conduite par la France et les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina-Faso. Nous faisons face sur ces vastes territoires à un ennemi tout autant dangereux, qui est capable comme Daech de déstabiliser de nombreux pays du continent africain : je veux parler de l'organisation Al Qaïda au Maghreb Islamique.
C'est donc aussi en plein désert, au milieu des dunes de sable, que se prépare et se renforce la sécurité en mer Méditerranée. Ce point, qui peut paraître de prime abord paradoxal, est pourtant un constat inévitable dans le contexte d'un monde globalisé.
En mer Méditerranée se jouent la prospérité économique et la sécurité militaire de la France, de l'Europe et de l'Afrique. Déjà, durant l'Antiquité, Pompée s'était rendu célèbre en luttant avec succès contre les pirates qui menaçaient la sécurité alimentaire de la péninsule italienne.
Si nous tous d'accord pour affirmer que les menaces d'aujourd'hui ont changé de nature et de visage, en revanche la même exigence demeure : la tranquillité en mer Méditerranée est un préalable indispensable au bien-être de plus de 500 millions de citoyens.
C'est pourquoi il nous faut maintenir le plus haut niveau de vigilance, aujourd'hui comme à l'avenir.
Je souhaite que ce colloque soit une pleine réussite et que vos travaux viennent enrichir nos réflexions sur la sécurité en mer Méditerranée. Je vous remercie de votre attention et vous souhaite à tous des échanges fructueux.
Source http://www.defense.gouv.fr, le 1er juin 2016