Déclaration de M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics, sur les éventuelles sanctions de la Commission européenne face au constat des forts déficits du Portugal et de l'Espagne, Bruxelles le 12 juillet 2016.

Texte intégral

Quelle a été la décision concernant l'Espagne et le Portugal ?
Michel SAPIN : Vous savez qu'aujourd'hui on ne parlait que d'une chose : c'était constater une situation de 2015. Et nous avons constaté –c'est objectivement la réalité- qu'en 2015, ni le Portugal, ni l'Espagne n'ont respecté les objectifs qui étaient les leurs. Il peut y avoir de très bonnes raisons d'ailleurs, tout particulièrement pour le Portugal qui a rencontré une difficulté avec une banque qu'il a fallu recapitaliser.
C'est maintenant une deuxième phase qui s'ouvre, où la Commission va devoir faire un certain nombre de propositions. Avant de prendre des décisions qui seraient inconsidérées, je souhaite que l'on tienne compte des spécificités de 2015, et que l'on tienne compte aussi des efforts considérables que les peuples portugais et espagnol ont fait au cours de ces dernières années.
Il va donc y avoir des sanctions ?
Les texte sont les textes. Aujourd'hui nous constatons une situation qui fait que, objectivement, ces deux pays n'ont pas respecté les règles. Maintenant la Commission va faire des propositions. J'ai déjà dit que je souhaitais que si le terme de « sanctions » était utilisé, il n'aboutisse pas à des conséquences importantes pour les pays en question.
Tout de même, quelques semaines après le Brexit, en pleine montée eurosceptique, est-ce que ce signal est bon ?
Il y a un signal qui serait mauvais, c'est qu'il n'existe plus aucune règle, en particulier dans la zone euro. Et il y a un autre signal qui serait mauvais, c'est de vouloir sanctionner pour le plaisir de sanctionner. Donc la position qui est la mienne, c'est le respect des règles dans le respect des situations. Des situations de chacun de ces pays. Au fond, ça se dit très simplement : il faut appliquer les règles intelligemment.
Merci.
Source http://www.rpfrance.eu, le 19 juillet 2016