Déclaration de M. Jean-Michel Baylet, ministre de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, sur la coopération entre la France et le Maroc en matière d'aménagement du territoire, à Rabat le 26 juillet 2016.

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Circonstance : Signature de la convention de coopération franco-marocaine dans les domaines de l'aménagement du territoire et du développement territorial, à Rabat (Maroc) le 26 juillet 2016

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Texte intégral

Monsieur le Ministre, cher Driss,
Monsieur l'Ambassadeur,
Messieurs les Directeurs d'administration,
Mesdames et Messieurs,
Les relations bilatérales qui unissent nos deux pays et nos deux peuples sont historiquement solides et traditionnellement excellentes. Elles se nourrissent d'un dialogue dense et régulier, entretenu depuis le milieu des années 1990.
Elles se manifestent notamment à travers le choix de Sa Majesté, Mohammed VI, de consacrer sa première visite d'Etat à l'étranger en, mars 2000, à la France.
Le Roi a également été le premier chef d'Etat à être reçu par le Président François Hollande, en 2012, une semaine après la passation de pouvoir. Cet entretien avait été l'occasion de réaffirmer la place exceptionnelle qu'accorde la France à ses relations bilatérales avec le Maroc.
Ces derniers jours, le message de solidarité et de soutien adressé au Président de la République, par le Roi, au nom du peuple marocain et en son nom personnel, à la suite du terrible attentat qui a frappé la ville de Nice, le soir du 14 juillet, et qui a endeuillé nos deux pays [des ressortissant marocains figurant parmi les victimes] a constitué une marque d'amitié et de réconfort appréciée dans cette épreuve que nous traversons.
Si nos liens se resserrent plus encore, dans ces moments de deuils, nos relations vivent aussi au quotidien.
Les rencontres régulières au niveau des Chefs de gouvernement, qui se tiennent depuis 1997 en sont la preuve. La 11ème édition de ces rencontres de haut niveau a eu lieu les 12 et 13 décembre 2012, à Casablanca et à Rabat.
Et je n'oublie pas la visite d'Etat du Président de la République française, toujours à Casablanca et à Rabat, les 3 et 4 avril 2013, à l'invitation du Roi Mohammed VI.
Plus récemment, la visite « de travail et d'amitié », des 19 et 20 septembre 2015 à Tanger, est venue symboliser ce nouveau souffle donné à nos relations bilatérales.
Il a trouvé sa traduction dans de nombreux accords conclus en matière économique, de coopération pour la formation des imams, ou sur les thématiques du développement durable, avec « l'appel de Tanger ».
Dans le domaine de l'aménagement, le Maroc est le premier bénéficiaire des concours de l'Agence française de développement (AFD). Les engagements nets de l'AFD s'élèvent aujourd'hui à 1,7 milliard d'euros, principalement dans les secteurs de l'eau, de l'environnement et des infrastructures socio-économiques. Ces dernières années, ils s'orientent vers les domaines de l'éducation et de la formation professionnelle.
Aujourd'hui, l'aménagement du territoire doit également tenir compte des défis relevant du développement durable. La France se félicite donc que le Maroc accueille, en novembre prochain, la COP 22 à Marrakech.
Ce faisant, en devenant la capitale mondiale de la lutte contre le changement climatique, vous manifestez votre engagement fort dans la recherche de nouveaux modèles de développement plus responsables et plus équitables.
Dans le cadre des relations entre les autorités de nos deux pays, la collaboration en matière d'aménagement se caractérise par son ancienneté et sa richesse. Elle repose sur une vision partagée, qu'il s'agisse de la coopération entre nos deux gouvernements ou de celle unissant un certain nombre de collectivités.
A cet égard, la France veut saluer les 10 ans de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH).
Ce programme ambitieux, voulu par Sa Majesté et qui, grâce aux centaines de projets déployés dans les territoires fragiles du Maroc – qu'ils soient urbains ou ruraux – a su impulser une dynamique de fond qui se diffuse dans tous les domaines relevant du développement.
En 2007, notre coopération s'était traduite par un Mémorandum d'entente entre le Ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Eau et de l'Environnement, du Royaume du Maroc, la Délégation Interministérielle à l'Aménagement et à la Compétitivité des Territoires et l''Ambassade de France au Maroc.
La présente convention se substitue à ce mémorandum et permettra de renforcer plus encore la collaboration entre nos deux pays dans ces domaines.
Selon les termes de ce partenariat, il favorisera : toute forme de coopération entre les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les agences publiques et autres institutions œuvrant dans le domaine de l'aménagement du territoire et du développement territorial en facilitant l'échange et le transfert de savoir-faire.
Pour la partie française, j'ai demandé au CGET, héritier de la DATAR, bien connue ici, d'assurer l'animation et le suivi de cet accord.
Il sera le cadre d'un nouvel élan donné à nos échanges, alors que nous conduisons en France, une nouvelle politique d'aménagement de tous les territoires.
Cette politique, menée par mon Ministère est, en effet, fortement orientée en faveur du développement des zones les plus en difficulté, notamment les ruralités.
Pour celles-ci, une mobilisation inédite a été déployée à travers des Comités interministériels dédiés, qui se sont tenus le 13 mars, le 14 septembre 2015 et le 20 mai 2016.
Ces évènements ont permis de définir et de mettre en œuvre de nombreuses mesures spécifiques de soutien aux capacités des zones rurales, afin de renforcer leur attractivité, leur développement et d'améliorer la qualité de vie des habitants.
Plus largement, notre politique ambitionne de prendre en considération tous les territoires. Les ensembles urbains – depuis les bourg-centres jusqu'aux métropoles – et périurbains sont bien entendu concernés.
Au-delà, alors que nous franchissons une nouvelle étape dans la décentralisation, nous nous attachons à mettre en œuvre de nouvelles alliances entre des territoires différents mais nécessairement complémentaires.
Ils permettront un développement dynamique et harmonieux, fondé sur la mise en synergie des atouts de chacun des espaces et des acteurs du développement local.
Je note qu'au Maroc également, le paysage institutionnel évolue avec la récente création des régions.
J'ai, par ailleurs, suivi la Med COP 22, tenue à Tanger, il y a quelques jours, à l'initiative d'une des nouvelles régions, celle de Tanger – Tétouan – Al Hoccena.
Cet événement, qui a rassemblé de nombreux acteurs gouvernementaux et non-étatiques, s'inscrit dans la continuité des enjeux et des engagements issus de la MED COP21 de Marseille qui avait, l'an passé, précédé le Sommet de Paris sur le climat.
Comme ces grands évènements, la convention, que nous nous apprêtons à signer, aborde plusieurs thèmes. Cette dernière sera d'ailleurs déclinée à travers un programme de coopération visant le renforcement des capacités administratives et techniques du Maroc et de la France, en matière d'aménagement et de développement territorial.
Pour cette année 2016, ce programme de travail portera sur 3 thèmes principaux :
Tout d'abord, le développement régional et la démarche contractuelle.
Ensuite, la promotion des espaces ruraux.
Et enfin, l'observation des dynamiques des territoires.
Le premier atelier de travail inaugurant la mise en œuvre de la présente convention se tiendra, dès aujourd'hui, sur cette dernière thématique de l'observation des dynamiques.
Elle abordera, en outre, les enjeux de la prise décision publique en matière de développement territorial, ses modalités, ainsi que la mobilisation des acteurs impliqués.
Tout au long du second semestre 2016, une Région marocaine – Beni-Mellal – Khenifra – et une Région française – qui m'est chère, puisqu'il s'agit de la mienne – l'Occitanie, toutes deux issues des récentes réformes territoriales intervenues dans chacun des deux pays, fourniront des terrains vivants permettant d'ancrer la réflexion commune dans le concret des territoires.
Il importe en effet que cette nouvelle étape de notre coopération puisse aboutir à des résultats tangibles et concrets.
Et je sais M. le Ministre, cher Driss, que nous partageons ce constat, car nous sommes avant tout des hommes d'action et de terrain.
Gageons que la signature de cette convention les encourage et qu'elle contribue à la mise en commun et à la valorisation des expérimentations, des initiatives qui naissent et se développement Au Maroc, comme en France.
Cette nouvelle étape, renforcera – j'en suis persuadé – la coopération franco-marocaine, sur la base d'un partenariat de confiance, qui profite à nos deux pays, et plus encore qui repose sur la conviction que nous partageons un destin commun.
Source http://www.territoires.gouv.fr, le 30 septembre 2016