Intervew de M. Christian Eckert, secrétaire d'Etat au budget, à "Public Sénat" le 29 novembre 2016, sur les primaires à gauche et à droite en vue de l'élection présidentielle 2017.

Prononcé le

Texte intégral

CYRIL VIGUIER
Bonjour ! Christian ECKERT, vous êtes l'invité politique de Territoires d'infos ce matin, bonjour, vous secrétaire d'État chargé du Budget et maire de Trieux et, pour vous vous interroger, à mes côtés ce matin : Véronique JACQUIER, de Sud Radio...
CHRISTIAN ECKERT
Je suis ex-maire de Trieux.
CYRIL VIGUIER
Vous êtes ex-maire de Trieux, pardon.
CHRISTIAN ECKERT
Voilà.
CYRIL VIGUIER
Et pour vous interroger ce matin, à mes côtés : Véronique JACQUIER, de Sud Radio et Gilles LECLERC pour Public Sénat.
VÉRONIQUE JACQUIER ET GILLES LECLERC
Bonjour.
CYRIL VIGUIER
Christian ECKERT, Manuel VALLS dit : « je suis le chef du gouvernement et j'ai le sens de l'État », on a envie de dire : « merci pour l'info et heureusement », ce n'était pas une évidence ?
CHRISTIAN ECKERT
Oh ! Écoutez, moi je travaille au quotidien, nous avons encore à peu près six mois à gouverner, nous sommes en train de voter le budget de la France pour l'année prochaine, élection ou pas ce budget va se mettre en place dès le 1er janvier, il contient des réformes importantes pour la vie quotidienne des Français...
CYRIL VIGUIER
Non, mais vous ne répondez pas sur la question, cette espèce de charivari à la tête de l'Etat-là vous percevez ça comment ?
CHRISTIAN ECKERT
Oh ! Ecoutez, charivari, moi j'ai bien observé aussi qu'hier comme d'habitude le président et le Premier ministre ont déjeuné ensemble, on a dit que ça s'est passé dans une ambiance tout à fait sereine...
VÉRONIQUE JACQUIER
Non, mais ça c'est la version officielle.
CYRIL VIGUIER
Oui, derrière on...
CHRISTIAN ECKERT
Eh bien, écoutez, je ne vous vendrais pas de version officieuse puisque...
VÉRONIQUE JACQUIER
Attendez ! Non, mais qu'est-ce qui justifiait une telle impatience de Manuel VALLS ?
CHRISTIAN ECKERT
Je pense qu'il n'y a pas d'impatience, il y a tout simplement un sentiment d'alerte en se disant qu'effectivement il faut prendre des décisions assez rapidement puisque maintenant le candidat de la droite - du moins l'un des candidats de la droite - est connu, à gauche il y a un certain nombre de velléités de se présenter, j'ai vu le PRG, j‘ai vu le soutien au bout du bout du Parti communiste Jean-Luc MELENCHON, je crois qu'il y a nécessité maintenant de clarifier les choses, ce n'est pas une impatience.
GILLES LECLERC
Et pour vous, il y a un candidat évident ou pas ?
CHRISTIAN ECKERT
Moi je pense que le président de la République pour ceux qui le fréquentent et qui connaissent ses qualités et parfois ses limites, comme chacune et chacun d'entre nous, il y a effectivement le constat qu'il a fait face à des difficultés importantes liées à la situation internationale mais aussi à la situation nationale et que rien ne l'empêche d'être candidat, en tout cas c'est mon point de vue.
GILLES LECLERC
Quand vous dites candidat, c'est candidat à la primaire ou candidat à la Présidence de la République sans passer par la primaire ?
CHRISTIAN ECKERT
C'est à lui de le dire, je crois que c'est...
GILLES LECLERC
Oui. Mais vous, vous, vous avez un souhait...
CHRISTIAN ECKERT
Moi je ne sais pas, moi je n'ai pas avoir de...
GILLES LECLERC
... est-ce qu'il doit passer par la primaire ?
CHRISTIAN ECKERT
Moi je suis membre d'un gouvernement, lorsque j'ai envie de quelque chose je le dis aux principaux intéressés et je n'ai pas ici à rajouter de l'angoisse, de l'incertitude...
GILLES LECLERC
La primaire à gauche c'est une bonne idée ou pas, au fond, au point où on en est ?
CHRISTIAN ECKERT
Écoutez, d'abord c'est la bien la gauche qui a mis en place le premier les primaires, j'entends dire qu'aujourd'hui...
GILLES LECLERC
Exact.
CHRISTIAN ECKERT
La primaire de la droite a marqué l'histoire de l'organisation républi...
VÉRONIQUE JACQUIER
Mais là une primaire de la gauche avec un président sortant, qui serait à 8 % dans les derniers sondages, il risquerait d'être battu ?
CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez, là encore soyez un peu plus humbles par rapport aux sondages, je crois qu'il y a énormément d'expérience en France, en Angleterre, aux Etats-Unis qui montre qu'il faut être très méfiant par rapport aux études d'opinion. Donc laissons les choses se faire, il reste six mois, moi je ne veux pas rajouter des petites phrases aux petites phrases.
VÉRONIQUE JACQUIER
Mais on comprend quand même en vous écoutant que François HOLLANDE va se déclarer, dans peu de temps en tout cas, qu'il est candidat, qu'il serait candidat...
CHRISTIAN ECKERT
En tout cas il donnera sa décision, mais il l'a toujours dit, il a dit qu'il le ferait au mois de décembre, dans la première quinzaine de décembre, je pense qu'on y arrive. Donc, un peu de...
VÉRONIQUE JACQUIER
Est-ce qu'il n'a pas intérêt à le faire rapidement-là après le psychodrame ?
CHRISTIAN ECKERT
Moi j'ai toujours souhaité qu'il le fasse un peu plus tôt, voilà...
VÉRONIQUE JACQUIER
Mais est-ce que ça veut dire avec Manuel VALLS...
CHRISTIAN ECKERT
Mais c'est à lui de choisir son timing
VÉRONIQUE JACQUIER
Est-ce que ça veut dire avec Manuel VALLS qu'il rentre dans le rang, que lui renonce à être candidat, y compris à la primaire ?
CHRISTIAN ECKERT
Non. Écoutez, Manuel VALLS a été un modèle de loyauté par rapport au président de la République, y compris sur un certain nombre de décisions, d'arbitrages qui ont été rendus par le président de la République et sur lesquels Manuel – comme toujours dans un groupe de femmes et d'hommes – pouvait avoir des différences, Manuel VALLS a toujours soutenu les positions du président de la République. S'il y a un point sur lequel Manuel VALLS est inattaquable c'est bien cette loyauté, cette fidélité, par rapport à un président qui l'a nommé Premier ministre.
GILLES LECLERC
Vous n'avez pas senti, depuis la parution de ce fameux livre, je dirais une ambiance un peu différente au sommet...
CHRISTIAN ECKERT
Mais chacun, vous savez...
GILLES LECLERC
Non, mais vous êtes quand même aux premières loges ?
CHRISTIAN ECKERT
Mais bien entendu. Mais écoutez la question de l'ambiance à l'intérieur, dans les coulisses, ce qui compte c'est ce que décide, ce que fait le gouvernement pour la vie quotidienne des Français.
VÉRONIQUE JACQUIER
Mais oui. Mais justement Christian ECKERT, expliquez-nous, on a Emmanuel MACRON qui lance un appel aux électeurs de JUPPE, on a Sylvia PINEL qui dit qu'elle se présente...
CHRISTIAN ECKERT
C'est leur problème !
VÉRONIQUE JACQUIER
Sans passer par une primaire de la gauche, on a Manuel VALLS qui dit : « j'y vais, j'y vais pas », donc que faut-il comprendre à l'état de la gauche ?
CHRISTIAN ECKERT
Écoutez, il y a effectivement une période qui nécessite de la clarification, que voulez-vous que je vous dise de plus. Travaillons au projet, travaillons actuellement au budget, aux réformes qui se poursuivent dans notre pays, laissons les petites phrases un peu de côté.
CYRIL VIGUIER
C'est Christian ECKERT l'invité de Territoires d'infos de Public Sénat, de Sud Radio et de la presse quotidienne régionale ce matin, vous êtes secrétaire d'Etat chargé du Budget. Il y a un programme du candidat de la droite et du centre qui vient de sortir des urnes de la droite et du centre, économiquement vous n'êtes pas d'accord on l'imagine avec son approche, mais est-ce que – vous êtes le ministre du Budget je le rappelle – 100 milliards d'économies sur cinq ans c'est possible, c'est crédible ces 100 milliards ?
CHRISTIAN ECKERT
Non.
CYRIL VIGUIER
Techniquement presque, on a envie de vous demander ?
CHRISTIAN ECKERT
Non, techniquement je pense que ce n'est pas crédible ou alors ça veut dire que l'Etat doit renoncer à un certain nombre de ses missions.
CYRIL VIGUIER
Ce n'est pas crédible ?
CHRISTIAN ECKERT
Non, c'est tout à fait hors de portée. Je crois qu'on peut toujours mettre des chiffres, j'avais d'ailleurs vu des chiffres plus élevés, mais 100 milliards de réduction de dépenses, sauf à renoncer à des dépenses... parce que parfois on dit : « il faut externaliser », il faut privatiser, disons le mot, mais ce n'est pas comme ça qu'on fait des économies parce que la dépense elle sera toujours là. Imaginons demain que l'Éducation nationale soit privatisée, j'entends parfois ce genre de petite musique, il faudra quand même des enseignants, il faudra bien que quelqu'un les paie, et je n'imagine pas que ce ne soit pas l'État qui prenne en charge la formation de nos élèves et de nos étudiants ; on parle de la Sécurité sociale, j'entends là aussi beaucoup de choses...
GILLES LECLERC
Justement à propos de l'assurance maladie et de la protection sociale, est-ce que vous êtes en partie rassuré par les propos de François FILLON hier soir, qui a un peu clarifié les choses, en disant : « je veux sauver justement la Sécurité sociale et en même temps je veux protéger effectivement ceux qui ont des faibles revenus », est-ce que vous êtes inquiet sur cette mesure-là ?
CHRISTIAN ECKERT
Mais la Sécurité sociale elle a été réformée par les uns et par les autres, disons-le clairement aujourd'hui la Sécurité sociale est quasiment à l'équilibre, ça ne veut pas dire que la dette a disparu mais la dette commence à diminuer, c'est une nouveauté, aujourd'hui la survie de la Sécurité sociale est assurée, il faudra toujours être vigilant et adapter les choses en fonction de la croissance, du nombre d'actifs, du rapport entre les actifs et les retraités bien entendu. Mais, ceci dit, il n'y a pas aujourd'hui péril en la demeure sur les comptes de la Sécurité sociale. Alors, après, il y a toujours eu cette espèce d'envie de la droite et d'une grande partie de la droite de confier à l'assurance privée la prise en charge d'un certain nombre de pathologies, certains appellent ça « la bobologie », disons les petites maladies, moi je considère que c'est là une dérive dangereuse parce que, pour satisfaire les appétits d'un certain nombre de grandes compagnies d'assurance – qui sont souvent derrière ces candidatures – on aurait-là une Sécurité sociale à deux vitesses, je ne vois pas comment les Français pourraient suivre ça compte tenu de l'histoire de notre pays, de l'héritage de ce qu'a pu donner la construction de notre système de protection sociale.
VÉRONIQUE JACQUIER
Christian ECKERT, vous l'avez dit...
CHRISTIAN ECKERT
Un exemple...
VÉRONIQUE JACQUIER
Oui !
CHRISTIAN ECKERT
C'est un exemple d'ailleurs sur lequel François FILLON recule, j'ai observé ses déclarations d'hier soir, elles ne sont plus en accord avec ce qu'il y avait écrit dans son programme, donc il va falloir là être particulièrement attentif.
VÉRONIQUE JACQUIER
Non, mais il a dit : « on aura un débat démocratique avec les partenaires sociaux », c'est normal, c'est une proposition qui suscite des inquiétudes ?
CHRISTIAN ECKERT
Mais ce n'est pas seulement avec les partenaires sociaux et les acteurs économiques qu'il faut avoir un débat, c'est avec les Français, il faut avoir le débat avec les Français sur cette question qui est une question essentielle. Mais ce n'est pas la seule, vous avez parlé des 100 milliards d'économies, je peux vous parler aussi du nombre de fonctionnaires, nous avons stabilisé le nombre de fonctionnaires dans notre pays depuis cinq ans grosso modo...
GILLES LECLERC
Pas dans les collectivités locales !
CHRISTIAN ECKERT
Le nombre de fonctionnaires de l'État, de l'État, parfaitement, vous avez raison, nous avons stabilisé. Je ne vois pas comment dans les collectivités locales, qui d'après la Constitution s'administrent librement, je ne vois pas comment on peut contraindre les collectivités locales autrement que par des questions financières – ce que nous avons d'ailleurs fait – alors laissons le choix de la méthode. Mais supprimer 500.000 fonctionnaires dans notre pays c'est irréaliste, il en part environ 100.000 en retraite un peu plus tous les ans, je parle là de l'ensemble des fonctionnaires, supprimer 500.000 postes de fonctionnaires ça veut dire ne pas recruter pendant cinq ans - ne pas recruter pendant cinq ans au moins – et ça veut dire quoi ? Ca veut dire d'abord que tous ceux qui ambitionnent de rentrer dans la fonction publique vont se retrouver sans emploi, il faut arrêter de recruter, il faut fermer les concours du Capes, de l'Agrégation, de recrutement dans la fonction publique, des Ira, de l'Ena, il faut fermer les concours pendant cinq ans. Vous imaginez les conséquences ? Les conséquences déjà pour les jeunes pour lesquels la fonction publique représente aussi une débouchée professionnelle, les conséquences pour les services publics en termes d'organisation. Nous avons à peu près stabilisé, modulons le fait que nous avons recruté 60.000 enseignants, postes d'enseignant, en tout cas dans l'Éducation nationale, supplémentaires, une petite dizaine de milliers de postes en matière de police et de gendarmerie ; nous avons baissé les effectifs dans les autres ministères – certains nous le reprochent d'ailleurs – c'est parfois aussi la raison d'une certaine impopularité de ce gouvernement...
VÉRONIQUE JACQUIER
Cela dit, Christian ECKERT...
CHRISTIAN ECKERT
Supprimer 500.00 fonctionnaires c'est raconter des bobards aux Français.
VÉRONIQUE JACQUIER
Oui, mais quand on voit qu'il y a plus d'un million de fonctionnaires dans les collectivités locales ce n'est pas un peu trop quand même ?
CHRISTIAN ECKERT
Les collectivités locales nous les avons sollicité j'allais dire, c'est un euphémisme, en baissant les dotations de l'État aux collectivités locales, vous avez entendu les réactions ici même, notamment au Sénat ? Vous avez entendu le fait qu'on les garrottait, qu'on les étranglait ? Néanmoins, à quoi assiste-t-on aujourd'hui ? Écoutez les dépenses des collectivités locales continuent à augmenter, mais moins vite qu'avant, je crois que c'est une méthode qu'il faut utiliser, il faut leur laisser le choix, de leur dire : « Écoutez, il faut que vous stabilisiez vos recettes – d'ailleurs elles continuent à progresser – il faut que vous stabilisiez vos recettes et ensuite vous choisissez, ou vous embauchez, ou vous restructurez vos services, mais en tout cas vous ne pouvez pas continuer à augmenter la dépense publique plus vite que le PIB ».
GILLES LECLERC
Christian ECKERT, autre sujet qui vous tient à coeur, c'est l'impôt prélevé à la source, en tout état de cause ça sera un prochain gouvernement qui devrait appliquer la réforme – même si vous l'avez bien engagée – la droite assure qu'elle reviendra dessus. Techniquement, encore une fois, est-ce que c'est possible ? Parce que je veux dire au mois de mai ça sera déjà bien avancé cette réforme, donc est-ce que c'est possible de revenir dessus et comment peut-on faire ?
CHRISTIAN ECKERT
Quel gaspillage si c'était le cas ! Nous sommes en train de structurer...
GILLES LECLERC
Oui, parce que vous travaillez déjà depuis des mois.
CHRISTIAN ECKERT
Le travail c'est une chose, le travail des ministres et de leurs cabinets ou de leurs équipes c'est une chose, c'est déjà important. C'est la première fois que le Parlement adopte, il va l'adopter définitivement je pense dans les prochains jours, c'est la première fois qu'un texte est soumis, qu'un texte est construit ici au Parlement, nous sommes en train de structurer notre administration et l'ensemble du pays pour y arriver, c'est-à-dire que nous mettons en place la formation, nous mettons en place les outils informatiques pour le faire, les entreprises, les acteurs, les caisses de retraite ,l'État lui-même met en ordre ses logiciels pour pouvoir pratiquer le prélèvement à la source – ce que souhaite la majorité des Français – et puis on viendrait-là pour des raisons politiciennes...
VÉRONIQUE JACQUIER
Mais il y a bien des DRH quand même qui se posent des questions sur le prélèvement à la source, tout n'est pas réglé Christian ECKERT ?
GILLES LECLERC
Il y a des chefs d'entreprise qui ne sont pas très pour, beaucoup, notamment ?
CHRISTIAN ECKERT
Ecoutez la DSN, la Déclaration Sociale Nominative, qui est un système d'échange entre les entreprises et les administrations, notamment pour les cotisations sociales, fonctionne. Moi je voudrais faire une remarque fondamentale, lorsqu'il s'est agit de rajouter une ligne sur la fiche de paie qui s'appelait « allègement de cotisations sociales » il n'y a pas un DRH, ni un chef d'entreprise, qui a dit que c‘était une tâche insurmontable – et Dieu sait si c'était complexe - regardez comment sont calculés les allégements de cotisations.
GILLES LECLERC
Et on peut revenir en revenir, on pourrait revenir en arrière à partir de l'été prochain sur cette réforme ?
CHRISTIAN ECKERT
Écoutez, ce qu'un gouvernement a fait un autre gouvernement peut toujours le défaire, ma grand-mère... faire et défaire c'est toujours travailler, je pense que ce n'est pas utile pour les Français.
VÉRONIQUE JACQUIER
La méthode du gouvernement a l'épreuve des faits Christian ECKERT, la complémentaire santé pour tous les salariés, selon une étude publiée ce matin le niveau des remboursements a baissé et les salariés sont de plus en plus obligés de prendre une sur-complémentaire, comment corriger ces effets pervers ?
CHRISTIAN ECKERT
J'ai lu des extraits de cette étude avant de vous rejoindre ce matin, les choses ne sont pas aussi binaires que ça. Vous avez un certain nombre de pratiques, d'honoraires supplémentaires, de sur-honoraires de médecins qui sont non conventionnés, il n'est pas logique que la collectivité, soit sous forme de la Sécurité sociale, soit sous forme de complémentaire prenne en charge les sur-honoraires qui représentent une dépense inconsidérée je pense pour certaines prestations médicales.
CYRIL VIGUIER
Christian ECKERT, on vous avait reçu au moment de l‘affaire des Panama papers, vous vous rappelez, ces gens qui avaient des comptes à l'étranger.
CHRISTIAN ECKERT
Oui, bien sûr.
CYRIL VIGUIER
Qu'en est-il des suites de cela, où en est-on de cette affaire ?
CHRISTIAN ECKERT
Écoutez, les informations que nous avons obtenues nous ont permis de repérer j'allais dire un peu plus de 500 contribuables qui a priori...
CYRIL VIGUIER
Qui rentrent en France ?
CHRISTIAN ECKERT
La première question n'est pas qu'ils rentrent ou pas, on a le droit de détenir un compte à l'étranger et même au Panama, ce qu'il suffit c'est de le déclarer et d'assujettir ses revenus – s'il y en a – qui sont versés sur ces comptes à l'impôt, déclarer son patrimoine dans l'ISF. Donc, nous avons contacté bien sûr ces contribuables qui sont en train d'être scannés – pardonnez-moi cette expression - et nous effectuerons les redressements nécessaires bien sûr sur ces contribuables comme sur tous les autres.
GILLES LECLERC
Christian ECKERT, peut-être dernière question ou les dernières questions, la position du Sénat, en tout cas de la majorité du Sénat, qui refuse d'examiner le prochain budget, ça vous inspire quoi ?
CYRIL VIGUIER
Il reste une minute !
CHRISTIAN ECKERT
Oui, moi je pense que c'est quelque part une espèce de démission du Sénat dans son rôle, c'est quand même... c'est le Parlement. Qu'il conteste le projet de budget parait-il dans sa sincérité ou dans les différentes propositions qu'il contient ça c'est le débat démocratique, qu'il supprime un certain nombre de choses c'est débat démocratique, mais qu'il propose c'est ça dont le Sénat s'est privé actuellement, force de propositions, dire qu'est-ce qu'il aurait fait comme budget compte tenu de la situation du pays ? C'est ça qu'on attendait ! Eh bien là on va être déçus puisqu'on va voir une succession de généralités dans toute l'après-midi et puis un non examen du projet de budget, je crois que le Sénat ne remplit pas son rôle.
CYRIL VIGUIER
Christian ECKERT, secrétaire d'État chargé du Budget, vous serez candidat aux Législatives en Meurthe-et-Moselle ?
CHRISTIAN ECKERT
Oui, tout à fait, dans le nord de la Meurthe-et-Moselle bien sûr.
CYRIL VIGUIER
Et vous l'annoncez ce matin ?
CHRISTIAN ECKERT
Oh ! Je l'ai déjà annoncé, je crois que c'est un secret de Polichinelle, et a priori je crois qu'il n'y a pas d'autre candidat socialiste à la candidature, donc je me représenterai, si j'étais élu ça serait mon troisième mandat consécutif, j'en ai fait un et demi puisqu'au milieu du deuxième mandat j'ai rejoint le gouvernement.
CYRIL VIGUIER
Vous avez été nommé ministre. Merci Christian ECKERT, secrétaire d'Etat chargé du Budget, on passe au débriefe de vos propos dans un instant.
CHRISTIAN ECKERT
Merci à vous.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 novembre 2016