Interview de Mme Annick Girardin, ministre de la fonction publique, à Public Sénat le 1er février 2017, sur la transparence de la vie publique, les propositions de M. François Fillon visant la Fonction publique, la stratégie du PRG et l'avenir de l'Ecole nationale d'administration.

Prononcé le

Texte intégral

CYRIL VIGUIER
L'invitée de « Territoires d'infos » aujourd'hui c'est Annick GIRARDIN, bonjour.
ANNICK GIRARDIN
Bonjour.
CYRIL VIGUIER
Vous êtes ministre de la Fonction publique et vous êtes l'invitée de « Territoires d'infos » sur Public sénat, Sud Radio, avec la presse quotidienne régionale. Pour vous interviewer, à mes côtés ce matin, Michaël SZAMES de Public Sénat et Véronique JACQUIER de Sud Radio. Annick GIRARDIN, ce sont des sommes importantes, 900.000 euros, pour Pénélope FILLON, 84.000 euros pour ses enfants, est-ce que François FILLON peut s'en sortir ?
ANNICK GIRARDIN
Alors d'abord moi je ne commente jamais des affaires quand elles sont en cours ou en instruction, comme c'est le cas. Ce que je crois qu'il faut dire, c'est que les Français ne supportent plus que les politiques aient un discours moralisateur et qu'à côté ils ne soient pas exemplaires. En même temps je voudrais rappeler que ces situations, aujourd'hui, ne sont plus possibles. Je rappelle la loi qui a été prise par ce gouvernement en 2013 sur la transparence de la vie publique. Aujourd'hui, si un citoyen veut savoir qui est employé par son parlementaire, qu'il soit sénateur ou député, en deux clics il le sait. Donc, il faut effectivement faire la vérité…
CYRIL VIGUIER
Il faut rappeler que ce n'était pas illégal à l'époque, très important.
ANNICK GIRARDIN
Ce n'était pas illégal.
MICHAËL SZAMES
Alors, qu'est-ce qui choque les Français, selon vous ?
ANNICK GIRARDIN
Ce qui choque les Français c'est le discours d'un politique moralisateur, c'est effectivement ce qu'a fait François FILLON, et puis après un certain nombre d'accusations, attention, qui sont portées par la presse. Je crois que c'est un vrai rejet, du coup, de la classe politique qu'on va finir – qui est déjà existant – mais qu'on va finir par conforter, et puis une fuite des électeurs vers les extrêmes, et je crois que tout ça est véritablement inquiétant. Mais je veux redire ici que cette transparence de la vie publique c'était une vraie bonne décision, c'est une vraie bonne décision, ce n'est plus possible aujourd'hui.
MICHAËL SZAMES
Ce qui était possible ne l'est plus aujourd'hui.
ANNICK GIRARDIN
Ne l'est plus, ou du moins, de toute façon, le citoyen le sait, puisqu'il y a transparence. Et moi j'ai voulu aussi qu'on l'étende à la Fonction publique, cette exemplarité et cette transparence.
MICHAËL SZAMES
Il y a des quotidiens ce matin, et je pense au quotidien l'Opinion, qui dit « il aurait menti en direct », et il le compare à Jérôme CAHUZAC. Est-ce que vous faites cette comparaison ?
ANNICK GIRARDIN
Je crois qu'il est un peu facile de sortir toutes ces phrases, de faire ces comparaisons, monsieur FILLON, comme monsieur CAHUZAC a dû le faire en son temps, répondra et se défendra, et nous verrons bien s'il y a une suite. Quand on se présente à la présidentielle, quand on se présente devant tous les Français, il vaut mieux être exemplaire.
VERONIQUE JACQUIER
Annick GIRARDIN, êtes-vous pour interdire aux parlementaires de faire travailler, du coup, des membres de leur famille ? Est-ce qu'il faut modifier le règlement de l'Assemblée ?
ANNICK GIRARDIN
Vous savez, les règlements de l'Assemblée nationale, ou du Sénat, ils ont été souvent changés, modifiés, parce que la société n'accepte pas un certain nombre de faits, parce que des choses… on a estimé qu'aujourd'hui on ne pouvait plus fonctionner de la même manière. La transparence est là aujourd'hui, on peut aller plus loin.
VERONIQUE JACQUIER
Mais il n'y a pas une dictature de la transparence aussi ?
ANNICK GIRARDIN
Oui, mais imaginons, nous les politiques, déclarant sur cette chaîne, et moi le faire, « il ne faut pas de transparence », oui il faut une transparence, moi je l'ai demandée aussi dans la Fonction publique. La Fonction publique, les fonctionnaires, que je défends, qui sont aussi attaqués d'ailleurs par monsieur FILLON, 500.000 fonctionnaires en moins, on va y revenir, moi je voulais aussi une exemplarité, et loi Déontologie d'avril de l'an dernier, d'avril 2016, demande cette même exemplarité aux fonctionnaires. Nous devons justifier de l'utilisation de chaque euro, aux citoyens, ensuite, de juger.
MICHAËL SZAMES
Marine LE PEN… de rembourser 300.000 euros à Bruxelles, sur demande du Parlement européen, là aussi vous dites il faut être exemplaire ?
ANNICK GIRARDIN
Oui, mais tout à fait, et on voit bien d'ailleurs que les décisions qui ont été prises au niveau européen n'ont pas évité non plus un certain nombre de comportements. Il y a les règlements, il y a la transparence, les règlements des Assemblées, la transparence, il faut pouvoir respecter le tout. Mais je crois honnêtement que toute cette transparence, il faut s'en féliciter, parce qu'aujourd'hui le citoyen est informé, il fera ses choix.
VERONIQUE JACQUIER
Marine LE PEN dit « je ne réponds pas à une injonction du Parlement européen, ce n'est pas une décision de justice. » Est-ce qu'il n'y a pas une certaine logique en même temps, dans sa défense à elle ?
ANNICK GIRARDIN
Oui, actuellement il y a une logique dans sa défense, c'est sa manière de faire. Je crois, honnêtement, que dans cette période, de toute façon, nous allons sans doute peut-être avoir encore d'autres révélations, c'est aussi le jeu de toute élection aujourd'hui.
MICHAËL SZAMES
Vous parliez des fonctionnaires tout à l'heure. Chez les proches de François FILLON on estime que Bercy – alors Bercy ça veut tout dire et rien dire – pourrait être un petit peu le pourvoyeur d'informations. C'est la revanche des fonctionnaires ?
ANNICK GIRARDIN
Je ne crois pas, vraiment. Je ne sais pas et je ne crois pas. Enfin, le fonctionnaire, il a été effectivement, aujourd'hui, par François FILLON, attaqué dans sa raison même, dans son action, dans le sens, dans son engagement, 500.000 fonctionnaires c'est une aberration, la proposition de François FILLON. Alors, il l'a justifie, François FILLON justifie, et son équipe, justifie effectivement ces 500.000 fonctionnaires par le nombre de départs à la retraite dans les 5 ans à venir, puisqu'il y a 560.000 départs à la retraite de prévus dans les 5 prochaines années. Mais en même temps, parce que c'est important quand on parle du projet de François FILLON, en même temps François FILLON rajoute 3 ans d'exercice aux fonctionnaires, ce qui fait qu'il n'y aura pas, dans les 5 ans à venir, 560.000 départs, mais il n'en reste que 230. Ça veut dire que son programme est inapplicable tel qu'il l'explique, ça veut dire que son programme c'est un plan, tout simplement, de licenciement de toute la Fonction publique, où il ne souhaite garder que le régalien…
MICHAËL SZAMES
Quoi, c'est un plan caché, que vous nous dites aujourd'hui ?
ANNICK GIRARDIN
Dans les explications qu'il donne, qui sont totalement floues et qui ne correspondent pas aux chiffres que l'on peut avoir, nous voyons bien qu'on a un plan qui consiste à dire on garde très certainement que les fonctionnaires qui sont dans des services régaliens, donc les ministères régaliens, qu'on peut penser que la territoriale sera largement attaquée, que l'hospitalière aussi. Et on voit bien que c'est notre modèle social qui est attaqué, c'est ce que moi je défends aujourd'hui.
VERONIQUE JACQUIER
Mais Annick GIRARDIN, est-ce qu'il n'y a pas quelque chose à faire quand même, parce que 53 % du PIB correspondent aux dépenses pour la Fonction publique, c'est beaucoup plus que tous les autres pays européens.
ANNICK GIRARDIN
Peut-être, mais on est dans un pays où les Français réclament davantage de services publics, et notamment dans les territoires isolés.
VERONIQUE JACQUIER
Non, mais il y a peut-être un principe de réalité quand même, c'est extrêmement coûteux.
ANNICK GIRARDIN
C'est coûteux d'éduquer les enfants, c'est coûteux de soigner les Français, c'est coûteux de les défendre, mais oui. Là, aujourd'hui, j'aimerais qu'on ne parle plus du fonctionnaire autrement, ou qu'on en parle autrement que en nombre ou en coût. Les Français veulent plus de services publics, et c'est normal, les Français veulent qu'on réponde à leurs besoins, et pour cela il faut des fonctionnaires. Par contre, attention, regardez ce que vous ce gouvernement a fait des fonctionnaires, nous les avons renforcés en nombre, à l'éducation, à la justice, à la police, dans la santé, là où les besoins étaient importants.
MICHAËL SZAMES
Mais la droite ne dit pas l'inverse, simplement ils disent de ne pas remplacer 1 fonctionnaire sur 2 et ceux qui partent à la retraite.
ANNICK GIRARDIN
Oui, mais ce n'est pas possible dans les calculs que je vous ai dit, donc on a bien, à un moment donné, un plan de restructuration de la Fonction publique. Mais je crois qu'un prochain quinquennat doit démarrer sur un grand rendez-vous avec les organisations syndicales, avec les Français, sur qu'est-ce qu'on veut comme services publics demain…
MICHAËL SZAMES
Quoi, un grenelle social encore ?
ANNICK GIRARDIN
Quelle Fonction publique, une Fonction publique qui peut relever les défis du 21e siècle. La France elle change, le monde change, la France change, et la colonne vertébrale de cette République, que sont effectivement les fonctionnaires, doit aussi se moderniser et se changer.
CYRIL VIGUIER
Annick GIRARDIN, justement, que pensez-vous de Benoît HAMON, le candidat que se sont choisis les socialistes, et la gauche, à l'élection présidentielle ? Est-ce que vous allez le soutenir justement ?
ANNICK GIRARDIN
Alors, nous sortons de primaires, et chacun sait que moi j'ai soutenu le candidat Manuel VALLS…
CYRIL VIGUIER
Non, mais maintenant…
ANNICK GIRARDIN
Non, non, mais je le dis quand même, que je tiens effectivement aujourd'hui à remercier et à adresser toutes mes pensées amicales.
CYRIL VIGUIER
Alors, sur Benoît HAMON.
ANNICK GIRARDIN
La suite des primaires, je suis une Radicale de gauche, mon parti rencontre en ce moment, hier, Sylvia PINEL, la présidente, a rencontré Benoît HAMON. Il revient à Benoît HAMON, aujourd'hui, de faire le rassemblement, et pour rassembler il faut discuter, il faut débattre, il faut élargir le projet. Les PRG aujourd'hui ont besoin d'éclaircissements sur le projet européen de Benoît HAMON, qui ne correspond pas à notre vision de l'Europe, sur la laïcité…
CYRIL VIGUIER
Si vous avez des éclaircissements, allez-vous le soutenir ?
ANNICK GIRARDIN
Alors, c'est une décision qui sera collective, et c'est important. Moi je tiens à ce que nous puissions associer le collectif, dans notre parti, pour décider de ce qui sera fait, et nous avons une réunion le 7 février, donc sous peu.
CYRIL VIGUIER
La tendance dans votre parti, c'est quoi ?
ANNICK GIRARDIN
La tendance dans notre parti c'est de savoir quel sera le projet porté demain par Benoît HAMON. En même temps, moi je suis très très claire, il y a quelques militants, et il y a quelques parlementaires, qui ont aussi fait le choix de rejoindre le candidat MACRON. Donc, il y a un débat au sein du PRG. Le nier ce serait totalement anormal.
MICHAËL SZAMES
Et vous, à titre personnel, vous vous sentez plus proche de Benoît HAMON ou d'Emmanuel MACRON ? A titre personnel.
ANNICK GIRARDIN
Clairement. On a un parti, qui s'est engagé dans des primaires, on a une candidate, qui a pris un engagement…
CYRIL VIGUIER
Là il y a deux noms, il vous a posé deux noms Michaël SZAMES, il faut répondre.
ANNICK GIRARDIN
Mais tout à fait, mais tout à fait ; qui a pris un engagement, et nous devons effectivement, avec Benoît HAMON, débattre de son prochain projet, et en débattre ensuite avec, au sein du bureau national, et avec les militants.
MICHAËL SZAMES
Vous ne me répondez pas.
ANNICK GIRARDIN
Il y a un candidat également MACRON. Moi j'ai été au gouvernement avec les deux, moi j'estime que les deux, que ce soit effectivement Emmanuel MACRON, ou que ce soit Benoît HAMON, ont le même devoir que moi, c'est-à-dire de défendre ce quinquennat, ou une partie de ce quinquennat.
MICHAËL SZAMES
Et qui défend le mieux le quinquennat aujourd'hui, Emmanuel MACRON ou Benoît HAMON ?
ANNICK GIRARDIN
Aujourd'hui on pourrait dire qu'ils sont un peu à égalité. Donc, défendons ce bilan, parce que moi je suis fière de ce que les ministres de mon parti ont ou faire dans ce gouvernement.
MICHAËL SZAMES
Donc celui qui défendra le plus le bilan, aura votre choix ?
ANNICK GIRARDIN
On se doit de le faire, ne pas le faire c'est ne pas être honnête envers les Français, c'est ne pas dire qu'on a participé à ce gouvernement, participé à un certain nombre de travaux.
CYRIL VIGUIER
Le Premier ministre, Bernard CAZENEUVE, a reçu Benoît HAMON, lui.
ANNICK GIRARDIN
C'est normal. C'est quoi le problème ? C'est le candidat du PS, Benoît HAMON.
VERONIQUE JACQUIER
Christiane TAUBIRA est PRG, comme vous, et elle se dit atterrée par la popularité d'Emmanuel MACRON sur les jeunes esprits. Est-ce que vous, vous êtes atterrée par cette popularité ? Est-ce que vous pouvez nous expliquer le programme d'Emmanuel MACRON, puisque vous nous dites que finalement votre coeur balance entre HAMON et MACRON.
ANNICK GIRARDIN
Je n'ai jamais dit que mon coeur balance, j'ai dit que j'ai travaillé avec les deux…
VERONIQUE JACQUIER
Non, mais enfin, c'est un petit peu ça quand on vous écoute.
ANNICK GIRARDIN
Et qu'aujourd'hui on regarde, effectivement, à voir comment, avec Benoît HAMON, nous pouvons travailler et porter sa candidature. Je dis aussi que, je ne fais pas partie de ceux qui estiment que, ou qui ont oublié qu'Emmanuel MACRON a aussi gouverné avec nous, était membre de ce gouvernement, était conseiller de François HOLLANDE, il y a un moment où il faut effectivement dire les choses.
MICHAËL SZAMES
A un moment donné il faudra choisir.
ANNICK GIRARDIN
Il faudra choisir, mais pourquoi voulez-vous que moi, aujourd'hui…
VERONIQUE JACQUIER
Mais vous pouvez nous expliquer son programme ?
ANNICK GIRARDIN
Pour moi le plus important c'est mon parti politique, et mon parti politique je souhaite effectivement qu'il porte une seule candidature, officiellement, et je souhaite effectivement que l'on puisse y arriver, et ça, ça demande du temps. Pourquoi voulez-vous une réponse aujourd'hui ? Il n'y a pas de raison de se précipiter.
MICHAËL SZAMES
Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous gêne aujourd'hui dans le programme d'Emmanuel MACRON ?
ANNICK GIRARDIN
Dans le programme d'Emmanuel MACRON, ou dans les dires d'Emmanuel MACRON, sur la question de la laïcité – et d'ailleurs on a le même questionnement sur Benoît HAMON – ce n'est pas exactement ma vision de la laïcité. Sur la partie, on va dire accompagnement social, ou Fonction publique, je n'ai pas suffisamment de réponses aujourd'hui dans le programme de monsieur MACRON.
MICHAËL SZAMES
Donc vous demandez aussi des éclaircissements.
ANNICK GIRARDIN
J'ai des réponses, effectivement, du côté de Benoît HAMON, qui a la même vision de la Fonction publique, des services publics, de cet engagement, de ces réponses qu'on doit aux Français, qui sont les miennes. Donc voilà ! Mais je ne sais pas pourquoi vous voulez que je vous dise aujourd'hui quel sera mon choix, puisque, je vous le redis, je suis quelqu'un qui fait partie d'un parti politique, et c'est pour moi important, la vie politique. Et pour cela, pour que ce parti politique continue à vivre, à se faire entendre, nous sommes des progressistes, je le redis, il faut qu'on prenne le temps de débattre entre nous.
CYRIL VIGUIER
Dans quel délai ?
ANNICK GIRARDIN
Je vous disais qu'on se voyait le 7 février, c'est quand même demain.
CYRIL VIGUIER
D'accord, donc après le 7 février.
VERONIQUE JACQUIER
Annick GIRARDIN, dans le programme de Benoît HAMON, vous adhérez, les 32 heures, le Revenu Universel ?
ANNICK GIRARDIN
Non, je n'ai pas dit ça. J'ai parlé de la vision de la Fonction publique et des services publics, nous avons effectivement une vraie question sur les 32 heures, vous savez que le Parti Radical de Gauche a un projet qui a été présenté, économique, d'accompagnement des petites entreprises. Les 32 heures ne sont pas au rendez-vous, ou ne sont pas dans les propositions aujourd'hui des Radicaux, elles ne l'ont jamais été, et donc c'est effectivement une différence entre le projet de Benoît HAMON et celui des Radicaux de Gauche.
MICHAËL SZAMES
Annick GIRARDIN, vous êtes invitée ce soir à débattre, au Sénat, d'une question, faut-il supprimer l'ENA, c'est l'Ecole Nationale de l'Administration, alors, il faut la supprimer l'ENA ?
ANNICK GIRARDIN
Alors non, je dirai ce soir non, mais il y a tout un débat. Il y a l'ENA, où on a oublié de regarder les réformes qu'aujourd'hui a connu l'ENA, cette école que nous envient beaucoup. Moi j'ai été secrétaire d'Etat au Développement, j'ai fait plusieurs tours du monde, et je peux vous dire que notre école elle nous est enviée, et d'ailleurs elle travaille largement avec l'international, et beaucoup ont reproduit ce modèle. Mais nous parlerons, bien sûr, des modes de recrutement, de la formation, et de la sortie de l'ENA, ce soir, pendant de nombreuses heures, donc je vous invite à les suivre.
CYRIL VIGUIER
Annick GIRARDIN, qui est l'invitée de « Territoires d'infos. » Vous êtes issue d'un territoire, magnifique d'ailleurs, Saint-Pierre-et-Miquelon, on en a parlé tout à l'heure dans la météo des territoires. Est-ce que vous avez peur, parce qu'on a un bien commun avec le Canada et les Etats-Unis, est-ce que vous avez peur, là aussi, que Donald TRUMP n'agisse dans le sens qui ne vous convient pas, sur Saint-Pierre-et-Miquelon ?
ANNICK GIRARDIN
Alors, il y a une inquiétude. Aujourd'hui, Saint-Pierre-et-Miquelon est dans un bassin…
CYRIL VIGUIER
Parce que les eaux territoriales sont un véritable enjeu économique.
ANNICK GIRARDIN
Tout à fait ; dans un bassin maritime, avec des enjeux, avec le Canada, avec les Etats-Unis, et que ce qui se décide au Canada en matière de politiques ; toutes les politiques, au Canada ou aux Etats-Unis, peuvent avoir une influence sur le territoire ; donc il est normal, quand on est un élu de ce territoire, qu'on regarde un peu plus finement ce qui peut être décidé aux Etats-Unis ou au Canada. Vous parlez des eaux territoriales, il y a effectivement des affrontements forts entre le Canada et les Etats-Unis sur ces questions.
MICHAËL SZAMES
Donald TRUMP va remettre en cause le TAFTA, c'est peut-être une bonne nouvelle pour vous.
ANNICK GIRARDIN
Alors moi j'étais assez opposée…
MICHAËL SZAMES
Donc c'est une bonne nouvelle de la part de Donald TRUMP.
ANNICK GIRARDIN
Donc, en l'état, et tel que ça avait été négocié dans un premier temps, sur cette négociation. Donc, je crois effectivement que, de toute façon on ne serait peut-être pas allé au bout de ce débat, ou du moins pas avec ce qu'on avait mis dans cet écart de libre-échange. Mais, au-delà de ça, un certain nombre de ses décisions choquent bon nombre de Français et bien sûr également mes concitoyens. Et je crois que le développement économique de Saint-Pierre-et-Miquelon il passe par son bassin maritime, il passe par ses relations avec ses voisins, donc vous comprendrez mon inquiétude. Le mot peur est peut-être un peu fort.
CYRIL VIGUIER
Merci Annick GIRARDIN, ministre de la Fonction publique, d'avoir été l'invitée de « Territoires d'infos » sur Public Sénat, Sud Radio, avec la presse quotidienne régionale.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 février 2017