Déclaration de M. Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'Etat aux anciens combattants et à la mémoire, sur le centenaire de l'entrée en guerre des États-Unis, à Paris le 15 mars 2017.

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Circonstance : Comité France/Etats-Unis, à Paris le 15 mars 2017

Texte intégral


Monsieur le Ministre, cher Jean-Yves Le Drian,
Madame la chargée d'affaires de l'ambassade des Etats-Unis,
Madame la présidente de la Commission de la défense nationale et des forces armées, chère Patricia Adam,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Monsieur le major général des armées,
Messieurs les présidents des commissions française et américaine du centenaire de la première guerre mondiale,
Messieurs les officiers généraux,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi tout d'abord de remercier les élus notamment, qui sont présents ce matin à l'occasion du lancement de la saison commémorative franco-américaine 1917-2017.
Depuis plus de deux ans, le centenaire de la Première Guerre mondiale donne lieu à l'organisation de commémorations internationales réunissant les pays et les peuples qui, depuis un siècle, ont l'histoire de la Grande Guerre en commun.
Aujourd'hui, le lancement du cycle commémoratif de l'entrée en guerre des États-Unis d'Amérique aux côtés de la Triple Entente en 1917, rassemble nos deux nations autour d'une mémoire partagée qu'il est de notre devoir d'entretenir et de transmettre.
Le 20 avril 2016, il y a bientôt un an, Américains et Français étaient déjà réunis à Marnes-la-Coquette, pour célébrer le centenaire de l'escadrille La Fayette.
Cette cérémonie, que j'ai présidée avec Mme Jade HARTLEY, Ambassadeur des Etats-Unis en France, avait alors démontré la vigueur de l'amitié franco-américaine et l'engagement de chacun pour commémorer la mémoire de cette alliance.
J'ai pu constater, lors de mon déplacement à Washington et à New York, en juin 2016, l'investissement commun de nos pays en faveur de la mémoire et je veux saluer la mobilisation de notre réseau culturel et consulaire, dans le cadre de la préparation des commémorations de l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés de la France et de ses alliés.
Le 6 avril prochain, c'est à Kansas City, que les États-Unis et la France ont rendez-vous pour donner le coup d'envoi des cérémonies commémoratives du centenaire.
Cette cérémonie sera suivie, de part et d'autre de l'Atlantique, d'importantes manifestations qui rythmeront, tout au long de l'année, le cycle commémoratif franco-américain.
En France, les villes de Boulogne-sur-Mer, de Brest et de Saint-Nazaire, représentées aujourd'hui par leurs élus, sont mobilisées pour célébrer l'arrivée sur notre territoire, en 1917, des Sammies, comme les surnomme alors la population française.
Mais le centenaire ne concerne pas les seules villes du littoral.
Le centenaire sera aussi célébré dans tous les départements qui ont accueilli ces soldats de l'espoir : sur les anciennes lignes de front, dans les lieux d'entraînement et, bien sûr, dans les communes où reposent ceux qui n'eurent pas la chance de revoir leur pays.
Je sais que l'État peut compter sur l'engagement des collectivités territoriales dont l'enthousiasme et la mobilisation ne faiblit pas, depuis le lancement du centenaire de la Grande Guerre.
En France, comme aux États-Unis, l'implication de tous se mesure au nombre d'initiatives communes et de projets labellisés par la World War One Centennial Commission et par la Mission du Centenaire.
Je me félicite de cette coopération transatlantique, entérinée dès le 20 novembre 2015, à Washington, par la signature d'un accord-cadre de partenariat entre la World War One Centennial Commission et la Mission du Centenaire.
Elle incarne l'esprit de concorde qui unit les nations autour d'une mémoire partagée que nous veillons, chaque jour, à entretenir et à transmettre au plus grand nombre.
Aux jeunes générations d'abord, par la multiplication, sur tout le territoire, d'actions pédagogiques et culturelles destinées à sensibiliser nos jeunesses respectives et pour leur léguer cet héritage commun.
C'est dans cette démarche que s'est inscrite l'exposition « La Fayette, nous voilà ! Les États-Unis dans la Grande Guerre», que j'ai eu le plaisir d'inaugurer, le 2 février dernier, au Musée de l'Armée et qui a reçu le double label des commissions française et américaine du centenaire de la première guerre mondiale.
Les États-Unis et la France, par la co-réalisation d'évènements culturels, œuvrent de concert pour préserver les liens qui les unissent et pour établir des passerelles entre leurs jeunesses.
C'est dans ce but que j'ai reçu, le 15 février dernier, le Directeur du Musée national de l'histoire et de la culture afro-américaine de Washington, pour évoquer l'exposition consacrée à l'implication des Africains-Américains dans la Première Guerre mondiale qui sera présentée, d'abord en France puis aux Etats-Unis dans le dernier musée inauguré par le Président OBAMA, avant qu'il ne quitte ses fonctions.
Permettez-moi de dire toute ma satisfaction qu'une telle exposition puisse être présentée dans le contexte politique que nous connaissons, de part et d'autre de l'Atlantique, ces derniers temps.
Ce centenaire doit aussi s'adresser, plus largement, aux citoyens de tous les pays qui partagent l'histoire de la Grande Guerre et il est de notre responsabilité de veiller à leur accueil sur notre territoire.
La France, qui a été, au début du XXème siècle, le théâtre d'une histoire mondiale, se doit aujourd'hui d'être à la hauteur du défi mémoriel qui est le sien.
Elle doit favoriser le tourisme de mémoire et être capable d'accueillir, dans les meilleures conditions, celles et ceux qui ont soif de connaître, de comprendre, d'honorer et, entreprenant parfois le voyage sur les traces d'un ancêtre disparu, de découvrir leur propre histoire.
C'est la raison pour laquelle, à l'occasion du centenaire de l'entrée en guerre des États-Unis, la Mission du Centenaire, en partenariat avec la World War One Centennial Commission et Atout France, souhaite proposer un portail accessible en ligne, destiné à mieux informer le public américain sur les commémorations du centenaire en France et à promouvoir les sites de mémoire américains présents sur notre sol.
Accueillir aujourd'hui ce peuple ami, allié aux heures les plus tragiques de notre histoire, est un privilège et une dette que la France a contractée il y a cent ans.
C'est ce puissant souvenir, parmi d'autres, qui réunit aujourd'hui Américains et Français et leur permet d'affronter les moments difficiles avec le même amour des libertés, de la démocratie et de la tolérance.Source http://www.defense.gouv.fr, le 30 mars 2017